CHAPITRE XII
LBA BANQUES ONT FAIT BEAUCOUP DE MAL EN RETARDANT ET TRÈS- PEU EN HATANT L'ÉLÉVATION DU TAUX DE LESCOMPTE.
Les écrivains anglais qui se sont occupés des crises, aflirment que les crises antérieures à 1 863 ont toutes été sinon produites, au moins aggravées par le retard qu’ont mis les banques à élever le taux de l'escompte, et on n’a jamais pu démontrer qu’aucune perturbation financière ait été amenée par une hausse intempestive du taux de l’intérêt. Un s’accorde très-généralement aussi à croire que si la crise de 1864 n’a pas occasionné plus de désastres, c’est parce qu’on a eu recours à temps au seul remède indiqué par l’expérience.
La raison de ces faits est facile à trouver. Nous avons vu que toute crise ou gêne financière résulte d’un défaut d’équilibre entre la quantité d’agents de la circulation, numéraire et crédit reposant sur le numéraire d’une part, et d’autre part les besoins qu’en éprouve le marché monétaire. Maintenir l’intérêt bas, c’est aggraver doublement le mal, car d’un côté c’est activer la spéculation, soutenir le mouvement des affaires, créer ainsi des demandes d’argent, et d’un autre côté, c’est éloigner l’argent en ne lui
assurant qu’une faible rémunération. Aussi longtemps que les banques continuent à faire de larges avances au commerce, celui-ci loin de restreindre ses opérations les étend et les active ; tous les prix restent élevés et l’or continue à s'écouler jusqu’au moment où il en reste si peu sur le marché monétaire , qu’une brusque contraction est inévitable et alors se déclarent la panique et la crise avec les désastres qu’elles traînent à leur suite.
(l’est ainsi qu'a éclaté la formidable tourmente financière de 1825, dont l’origine a été à tort attribuée à] un excès d’émission. En 1820, la circulation de la Banque d’Angleterre se montait à 20,295,000 1. st. En 1822 , elle tombe à 17,464,000; en 1823, elle remonte à 20,295,000 ; en 1824, à 20,123,000 et en février 1825, au plus fort de l’expansion des affaires, elle n’est que de 20,753,000 et au mois d’avril de la même année de 19,398,000. Les variations sont donc insignifiantes. Mais c’est par les avances faites au commerce, au détriment de son encaisse, que la Banque a contribué aux sinistres si multipliés de cette époque. En 182 1,1e portefeuille s’élève à 18,475,000 1. st., et en avril 1825 à 25,106,000, soit un accroissement de 7 millions sterling ; d’autre part, l’encaisse est tombé de 11,233,000, en août 1821 è 3,634,000 1. st., en 1825. La Banque a livré son numéraire au public et en a permis l’exportation en négligeant d’élever le taux de l’escompte qui fut maintenu à 4 p. 100 jusqu’en décembre. On a vu les suites désastreuses de cette faute.
Les événements de 1837 et de 1847, nous apportent les mêmes enseignements. De 1834 à 1837, point de change-