CHAPITRE VII
J*ai pensé qu*il était d'une administration paternelle de donner à Tarmée la préférence des avantages de cette colonisation destinée à la garde de Tenceinte continue ; car il faut des hommes aguen^is pour atteindre le but. Je suis donc bien déridé à n'y placer des colons civils qu'en cas d'insuffisance de militaires qui, ayant bien seni leur pays, recevraient par là, en récompense, une propriété, — et une solde, s'ils sont adectés à la garde des blockhaus.
Je vous invite à réunir vous-même tous vos libérables de cette année, à leur lire ce que j'ai exposé, et à leur demander s'ils veulent jouir des avantages que je leur offre par préférence à tout le monde...
Je vous prie également de dire à vos officiers que j'ai le projet de proposer au Gouvernement d'accorder une concession de terres double de celle des soldats à tout officier qui demanderait sa retraite. 11 contracterait l'obligation de résider sur sa propriété et d'en diriger lui-môme les cultures
Ses premiers essais pratiques de colonisalion remontent h Tannée 1842. 11 établit dans les environs d'Alger trois villages ; n'ayant pas de cultivateurs à sa disposition, il les peupla de soldats. L'un, Fouka, fut peuplé avec des libérés ; Mered et Mâelmâ, avec des hommes qui devaient encore trois ans de service à rKtaf. Accessible, quoi qu'on en aitdit^ aux idées nouvelles, il voulut, malgré ses convictions bien arrêtées, tenter une expérience de l'association, regardée, déjà à cette époque, par les rêveurs comme la panacée universelle. Voici comment s'exprime le maréchal, contant lui-même, dans un opuscule, ce fait piquant (1) :
(1) Les œuvres du maréchal Bugeaud sont nombreuses, et voici, d*après
Je soumis mes nouveaux colons au travail en commun ; cela était d*autant plus praticable, selon moi, que, jouissant des vivres et de la solde, ils devaient attacher moins dimportance au produit de leur peine. Ce produit devait former un fond commun, destiné, au bout de trois ans, à faire les frais du mariage, et à procurer à tous uniformément le mobilier de la maison et de Tagriculture. Dès cette époque, je connaissais les difficultés de Tassociation dos travailleurs ; ma pratique agricole me les avait révélées; mais j'espérais que la discipline et les habitudes de la vie militaire, qui constituent une sorte de communauté, effaceraient ou du moins atténueraient les inconvénients. « Vous êtes des camarades et des frères, dis-je aux colons; à ce double titre, vous souffririez si, à répoque favorable pour le mariage, quelques-uns d'entre vous n'avaient pas les moyens de s'établir par suite de maladie ou d'autres accidents. »
les recherches les plus minutieuses que nous avons faites, la liste des ouvrages et brochures publiés par lui :