‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 13 sur 206 · CHAPITRE PREMIER. 2S · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 2S

Avant d'administrer, de civiliser, de coloniser, il faut que les populations aient accepté notre loi. Mille exemples ont prouvé qu'elles ne Tacceptent que par la force, et celle-ci même est impuissante si elle n'atteint pas les personnes et les intérêts. Par une rigoureuse philanthropie, on éterniserait la guerre d'Afrique en même temps que l'esprit de révolte et alors on n'atteindrait même pas le but philanthropique. Agréez, etc.

Signé : Bugeaud.

Seize ans plus tard, en 1861, le colonel Pélissier, devenu maréchal de Fr^ce, duc de Malakoff, gouverneur général de T Algérie, était reçu par les colons à Mascara. Les notables lui faisaient les honneurs d'un cercle qui porte son nom en mémoire des luttes d'autrefois. Là', dans le voisinage du Dahra, au miheu de celle foule algérienne, les outrages que la presse française et les politiciens de l'époque avaient déversés sur lui revinrent à sa mémoire. Personne ne parlait avec plus d'originahté et de feu, on le sait, que ce soldat à Fécorce, rude. Sous Témotion du moment, il rappela ce terrible fait de guerre avec r^loquence que lui donnait la couvicliou du devoir accompli, quelque pénible qu'il eût été. 11 reçut ce jour-là un nouveau témoignage chaleureux de la reconnaissance des colons.

Ce malheureux événement avait retardé d'un grand mois l'expédition de Kabylie. Le maréchal tenait, cependant, à la faire, malgré l'état avancé de la

saison, avant de donner suite à un projet de voyage en France.

La maréchale et sa suite partirent pour Marseille le 20 juillet. Le 23, le gouverneur général s'embarqua pour Dellys, où il allait prendre le commandement d'une colonne de 5,000 hommes devant opérer contre Ben-Salem.

Ben-Salom éfait alors assisté de deux autres grands chefs insurgés nommés Bel-Kassem et Bou-Ghareb. Tous les trois avaient répandu à profusion de fausses lettres au cachet de Témir Abdel-Kader, où il était dit que l'empereur du Maroc nous avait battus, que l'émir allait arriver, que le maréchal était mort. Dans toutes les zaouïas, les marabouts prophétisaient la fin du règne des chrétiens.

Fanatisés par ces appels, les Beni-Ouaguenoun, les Flissat-el-Bahar et les Boni-Gennad tombèrent sur les Amraouas, demeurés fidèles à notre alliance, et incendièrent leurs villages et leurs moissons.

La présence du gouverneur général devenait nécessaire. 11 se porta rapidement h Aïn-el-Arba, où sa colonne avait été rassemblée. Le 25 juillet, il arrivait au pied de la montagne occupée par les Ouled-Mioun, les plus ardents h la sédition.

Le lendemain, la colonne française couronnait les rréles réputées inacessibles au temps des Turcs et y brûlait tous les villages. Nos soldats y bivouaquèrent deux nuits et en redescendireuL sans avoir tiré ni reçu un coup de fusil.

Passant ensuite TOued Sebaou, l'armée vint chez les

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