‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 71 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

constante. G*est ainsi que vous avez pu vous dispenser de multiplier les postes permanents, ce qui aurait immobilisé une grande partie de vos forces et vous aurait miç dans rimpuissance d'achever Tœuvre de la conquête.

La Grande Kabylie servait de refuge et d'espérance à vos adversaires. Un danger permanent était là suspendu sur vos tôtes. Le simple bruit d'une expédition a suffi pour vous soumettre rOuest de la chaîne du Djurjura, et par trois combats vous avez dompté ces fiers montagnards du centre qui se glorifiaient de n'avoir été soumis par personne. L'Est ne vous résistera pas davantage.

Mais ce qui ne doit pas moins vous honorer aux yeux de la France et du monde, c'est d'avoir compris, dès les premiers pas, que votre tâche était multiple; qu'il ne suffisait pas de combattre et de conquérir, qu'il fallait encore travailler pour utiliser la conquête. Vous avez trouvé glorieux de savoir manier, tour à tour, les armes et les instruments de travail ; vous avez fondé presque toutes les routes qui existent; vous avez construit des ponts et une multitude d'édifices militaires; vous avez créé des villages, et des fermes pour les colons civils ; vous avez défriché les terres des cultivateurs trop faibles encore pour les défricher eux-mêmes; vous avez créé des prairies, vous avez semé des champs, et vous les ayez récoltés. Vous avez montré, par là, que vous étiez dignes d'avoir une bonne part dans le sol conquis, et que vous sauriez aussi bien le cultiver que le faire respecter de vos ennemis.

Il est des armées qui ont pu inscrire dans leurs annales des batailles plus mémorables que les vôtres. 11 n'en est aucune qui ait livré autant de combats et qui ait exécuté autant de travaux! Ce que vous avez fait, soldats, vous saurez le faire encore pour un autre chef que pour moi. La Patrie et le Roi

166 LK MARÉCHAL DUGEArD.

rattcndcnt de vous, vous ne serez jamciis sourds à leur voix !.. Pour moi, retiré dans mes foyers, ma pensée sera toujours dirigée vers vous, je vous suivrai dans vos marches pénibles, dans vos combats, dans vos ateliers, et je serai toujours heureux et fier de vos succès.

Signé : Maréchal dlx d'Islv.

Le jour de son départ, la proclamation suivante, adressée à la marine, fut affîchée sur les murs dWI-

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