‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 73 sur 206 · CHAPITRE IV. 16T · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 16T

Si, dans d*autres parages et à d*autres époques, la marine a rendu des services plus brillants, janiais elle n*en a rendu de plus constants, de plus difficiles, de plus dévoués, de plus utiles. On avait cru longtemps les côtes d'Afrique trop périlleuses pourôtre fréquentées en hiver; nos bâtiments à vapeur ont démontré le contraire par une longue pratique. Ils ne se sont pas arrêtés un seul instant. Partout où il y avait un besoin à satisfaire, ils accouraient, sans consulter la saison, les vents, ni l'état de la mer. Aussi les marins peuvent-ils se glorifier des sympathies générales de Tarmée et des citoyens d'Afrique, comme ils peuvent être assurés de la haute estime du

gouverneur général.

Le gouverneu)' générai de l'Algérie ,

Signé : Maréchal duc d'Isly.

Pour ampliation :

Le colonel sous-chef (Tétat'îïmjor général.

Pour le colonel en expédition*:

Le chef d'esc'adron chargé du service,

E. DE CiSSEY.

Les maréchaux du premier Empire, sauf de rares exceptions, n'eureut presque jamais de grandes conceptions à imaginer, ni d'entreprises de longue haleine à conduire. Leur gloire, il faut bien nous Tavouer, ne fut poiw ainsi dire qu'un rayon, un reflet de la gloire éclatante de Napoléon I", qui souvent leur dictait jusqu'aux détails de leurs opérations; leur rôle se réduisait surtout à eulraîuer leurs troupes et à les maintenir au combat.

Bugeaud, au contraire, a seul imaginé ce qu'il a fait. Ses campagnes, sa conquête de l'Algérie, ses victoires sont bien des œuvres personnelles, des con-

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ceptioiis qui lui appartiennent- en propre et qui le placent incontestablement au premier rang parmi les généraux qui ont commandé des armées. Quant h ses lieutenants, il avait Tàme trop grande, le cœur trop haut placé, pour qu'un éclair d'envie eût jamais traversé sa pensée.

Nous ne voudrions point jeter une ombre sur une figure que nous avons été habitués à aimer et à respecter ; dépendant la vérité nous force à dire que, plus d'une fois, le maréchal eut h souffrir des caprices, des rébellions, des hostilités inavouées de l'un de ses meilleurs lieutenants, le général de Lamoricière.

Une comparaison tirée de l'histoire, je ne sais si déjà elle a été faite, s'est souvent présentée à notre pensée. N'y aurait-il pas, en effet, un étrange rapprochement h établir entre deux grands soldcits, qui Ions deux s'illustrèrent sur la terre d'Afri([ue, et qui tous deux h de nombreux siècles d«» dislance subirent le même sort et furent sacrifiés à leurs lieutenants? Marins, n'esl-ct» point Bugeaud ; Sylla, Lamoricièn» I ! (?

Lui aussi, <Mieff<*l, comme le vainqueur des Numides, comme le vi(uix Marins (b»sservi, calomnié a Rome par

1 > Nous II - -.iiis à un ]>(i]ii:(|U:\ oiithousinstt» niiii du frt*nêi'al ile Lainorii'ii'rc. !•• «^n!:) (li> (|'.i:ilitii'r lui-nu'Mii' 1<* rôli* du ^'etii'ral -députe. LViiiioent vu'dinio di* .Mi'iiuv s'cxpriiii.iit aiiiNi : « L(ii>f|ui\ du milieu des camps, le {.'«Mii'cal L;ini()ri«'iiM'(* N'<d.n)(;:i vim's I:i iMri'ièiv pidiiique, il ne ilêtacha de sa patrif militaii-f ni >«'s \riix ni siui ro^ur. A la (Miambre des depuii*s, r'<'>taii mt- • - • lAliriTi'-, s«>s ini'Ti'MA. son avenir qu'il p:'et«'n<l:iit délondre t»i si'rvir. (Jii ■! parii la Kran»" di.'vait-e!i«» liiTr de ce l>eau I territoire nrni«é di* xMi >a:iL: ? ('«>:ii:utMi( la civilisation eurupt'i'nne ]iuuvail-<dle v prendre r.irinf l't p'ri«*r ses fruits ? A c«"»to tl«»s plan-* tli» puorre, cet esprit inventif et or^Miiisatour .-«v.iii comMi depuis lon^tiMup:* dos projets d'organisation.

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