‹ Le Maréchal Bugeaud: d'après sa correspondance intime et des documents inédits, 1784-1849Chapitre 94 sur 206 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« Ce fut, nous disait-il, une des plus grandes douleurs, un des plus navrants spectacles de ma vie. Le jour de leur départ, la pluie, je m'en souviens, tombait à torrents. La place, les quais d'embarquement regorgeaient de foule. Lorsque le duc d'Aumale parut auprès des siens, avec le prince et la princesse de Joinville, ce fut une explosion de larmes, de cris de désespoir. Les Arabes se jetaient à ses pieds ; chacun de nous voulait le retenir ; les officiers, les soldats pleuraient comme des enfants, tandis que les princesses sanglotaient en descendant dans leur canot rempli de fleurs, dernier souvenir, dernier hommage. Hélas! nous sentions tous qu'avec le Prince s'éloignait l'âme de la vieille France. Ah ! si notre jeune chef avait consenti à rester, s'il avait dit un mot, fait un geste! L'armée entière, l'Algérie se serait soulevée. Que se fût-il alors passé en France ! »

s'ouvrir à sa valeur, elle la remplira glorieusement, j*en ai la ferme crovance.

Officiers, sous-officiers et soldats, j'avais espéré combattre encore avec vous pour la patrie !... Cet honneur m'est refusé ; mais, du fond de l'exil, mon cœur vous suivra partout où vous appellera la volonté nationale, il triomphera de vos succès ; tous ses vœux seront toujours pour la gloire et le bonheur de la France.

Siyjié : Hknri d'Orléans.

Pour ampliation :

. Le colonel sous-chef de Célat-major général^

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