‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 175 sur 294 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

solution ciruelle eût sana nul doute été" celle des Turcs^ leurs ennemîs habituels; -•

La journée du 15 décembre fut terrible. Les Français avançaient toujours. C'était parmi les tribus une confusion inexprimable. Les chefs s'agitaient et délibéraient, entourés de cette multitude effarée, au milieu des bêlements des troupeaux dont on hâtait la fuite, au milieu de ces cris gutturaux des femmes arabes, sinistres même lorsqu'ils expriment la joie, et qui ne manifestaient, en ce moment, que le désespoir.

-Le 16 au matin, le plus vieux des chefs, Si-Mohammed bel Hadj, caïd des Beni-Ourag, se rendit auprès du gouverneur général pour implorer sa pitié, lui demandant qu'un si grand nombre de familles ne fussent pas vouées à la destruction. Il s'exprima ainsi devant le général Bugeaud :

La parole d'un Beni-Ourag est proverbiale. Si ta es humain, je suis à toi pour toujours! Je dirai à Abdel-Kader : Je t'ai sacrifié six fils dans les combats. La tribu t'a tout sacrifié ; nous ne pouvons plus rien pour toi, puisque tu ne peux plus nous protéger.

La clémence entrait dans le caractère et dans les vues du général en chef. Un honame tel que lui ne pouvait songer à un massacre ; une masse si considérable de prisonniers à ramener par des gorges difficiles Teût d'ailleurs fort embarrassé. Il jugea plus politique (le la laisser libre. Et à Mohammed bel Hadj qui lui offrait son dernier fils en otage, il répondit :

Ma clémence sera complète. Je n'ai qae faire d'un otage ; ton visage m'inspire la confiance. D'ailleurs^ j'ai mieux que des otages, j'ai la force, la mobilité, la connaissance de tes montagnes, la certitude de reprendre tous nos avantages, si tu manques à ta parole.

Telle fut la lin de la première expédition de l'Ouarensènis. On vécut huit jours au milieu des tribus et de leurs troupeaux pour faire reposer l'armée. Le duc d'Aumale fut chargé de ramener la division d'Alger vers Milianah et Medeah. Changamier, le héros de Constant ine et du Titery, que le général en chef jugeait bon pour tous les terrains, surtout pour les terrains inconnus , eut ordre de se rabattre sur la côte vers Tenès ; Tenès, dont Bugeaud estimait l'occupation nécessaire comme point d'appui à la prise de possession du Chélif central, sur cette longue côte où aucun point n'était occupé entre Cherchell et Mostaganem. On a vu que le général de Bar avait été envoyé à Cherchell au commencement de 1842, sans pouvoir y parvenir. Bugeaud comptait faire mieux en y expédiant Changarnier. Cette fois encore, par ime fatalité singulière, la tentative échoua de nouveau (1).

(1) Voici ce qui était arrivé :

Le 2*2 décembre, après avoir séjonmé un jour an pont amérieain (c'est Texpression employée par les bulletins officiels ; probablement, un pont enspendu) jeté sur la Mina, Changamier passa sur la rive droite du Chélif pour entier dans le Dahra, et marcher sur Tenès. Toute la contrée parut se soumettre à son passage. Mais sur Taride falaise de Tenès, violemment battue par les vent« du Nord-Ouest, souvent si rudes en cette saison, il ne trouva que des abris insuffisants, et aucune ressource pour nourrir la cavalerie.

Le 29 décembre il s^ était remis en marche vers TEst par le soitier de mer. H fut accueilli pacifiquement par les tribus qui Ini apportèrent les denrées du

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