CHAPITRE XII
Le bon touriste, écrasé par la logique de cette argumentation, dit en terminant, un peu honteux d'avoir exprimé ces doutes qui avaient excité l'indignation de son jeune interlocuteur, et d'ailleurs parfaitement convaincu : (( Je lui fis des excuses , et lui promis que la loyauté et l'humanité de l'armée d'Afrique n'auraient pas de plus ardent défenseur que moi. »
men sèment souffert des maux de la guerre ; sinon elles ont toujours mal obéi et se sont révoltées à la première occasion. C'est justement le cas des tribus des deux rives du Chélif centraL
a Dans l'hiver de 1842 à 1848 nous soumîmes cette contrée avec une extrême facilité. Deux ou trois petits combats en firent les frais. Les populations n'éprouvèrent aucun dommage ; elles n'eurent à supporter aucune contribution de guerre ; la plus sévère discipline fut observée parmi les troupes. Nous parcourûmes pendant plus de six semaines les deux rives du fleuve sans faire de razzia, sans prendre un bœuf, ni une poule, ni un œuf et nous payâmes religieusement tout ce dont nous avions besoin. Les populations vantaient très haut notre justice et notre modération.
a Nous n'étions pas en mesure d'occuper le pays pendant l'hiver. Abdel-Kader revint; les populations, si reconnaissantes en apparence, se jetèrent toutes dans ses bras. Il fit couper la tête à une trentaine de chefs compromis, afin de rendre les tribus moins faciles à nos exigences, car Abdel-Eader, lui, n'est pas un philanthrope mais un politique.
a Au printemps de 1843, nous fondâmes Tenèset Orléansville ; nous rentrâmes dans le pays ; nous le soumîmes moins facilement que la première fois. Cependant deux ou trois combats nous le livrèrent de nouveau. 11 était bien légitime alors de peser sévèrement sur lui pour le punir de son manque de foi : nous n'en fîmes rien cependant ; nous nous bornâmes à de légères contributions de guerre, d'environ 80,000 francs pour une des plus riches contrées de l'Algérie. On est à même de voir par l'insurrection de 1845 si cette seconde preuve de modération et d'humanité nous a été bien profitable... d