CHAPITRE XIII
cureur général et d'autres notables, il promena le député de T opposition Gustave de Beaumont dans les villages du Sahel nouvellement fondés, Saint-Ferdinand, Sainte-Amélie, le marabout d'Aumale, les Cheragas et la Trappe de Staouëli.
Le 13 mars, il partit pour Blidah, Milianah et Teniet-el-Had, dans le but de visiter en personne les routes que Tarmée construisait, de toute part, dans le Titery, Il rentra à Alger le 21.
Infatigable et sans cesse en alerte, il . portait son attention sur tout ce qui pouvait intéresser les populations, notamment les Arabes désarmés et pacifiés , dont il tenait à assurer la protection et le bienêtre. Ayant entendu les lions rugir la nuit à Tenietel-Had , il décréta une prime pour la destruction des animaux féroces encore assez nombreux alors, lions, panthères et hyènes. Il visait dans ses considérants la protection due aux Arabes et à leurs troupeaux. — Ayant remarqué entre Blidah et Milianah la quantité de beaux oliviers sauvages qui ne produisaient presque aucun fruit, il y envoya des greflfeurs européens , avec des greffes de bonne espèce et en même temps, dans la province de Mostaganem où ses précédentes observations lui avaient fait noter une situation analogue. Il fit remettre à ces montagnards des plants de châtaigniers, attendu qu'à une certaine altitude , le climat est analogue à celui de France.
Il voulait ainsi arrêter la destruction barbare de Tolivier dans un pays où, malheureusement. Ton ne trouve souvent pas d'autre bois de chauffage.
Considérant, dit son arrêté du 8 avril 1844, qae les oliviers forment une des principales richesses de l'Algérie et qu'il importe d'en assurer la conservation par tons les moyens, avons décrété :
Art. 1^. — La vente du bois vert provenant de l'olivier est interdite sur tous les marchés de l'Algérie à partir du 1" mai.
Art. 2. — Le bois vert d'olivier trouvé circulant but les routes ou exposé en vente, sera confisqué , etc.
C'est ainsi que dans ses voyages il avait Pœil à tout, et conversait avec tous. Combien de points qui , aux yeux de son état-major, n'étaient que vulgaires détails, prenaient pour lui de l'importance. H en faisait au retour l'objet de décrets, heureux de faire le bien dans ce petit royaume où il avait pour quelques années le droit de s'improviser législateur.
Sous son administration pleine de sagesse ^ l'influence de la France sur les Arabes grandissait chaque jour. Le journal d'Alger, comme preuves du degré d'autorité conquise sur les Arabes, cite notamment les deux faits suivants :
Le gouverneur général ayant trouvé insuffisants les approvisionnements en fourrages de Mascara et voyant la saison trop avancée pour élever ces approvisionnements par le moyen ordinaire, a ordonné une corvée générale de tontes les bêtes de somme dans les environs de Ibscaray Oran et Mostaganem, pour aller à la côte prendra du foin et le porter à Mascara. — En quelques jours 3,000 quintaux métriques ont été portés sur ce point.
On sait combien les Arabes tiennent à leurs chevaux. Us
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ne vendent jamais les meilleurs; et comme la guerre a infiniment réduit l'espèce chevaline, la remonte ne trouvait plus à faire que de rares achats. Le gouverneur général, sentant l'importance de réparer promptement la perte que la cavalerie a faite dans les campagnes si actives de l'année, a imposé les tribus, dans les provinces d'Oran, Milianah, Alger et Sebaou, à lui fournir 350 chevaux de guerre. Cette réquisition a été répartie en proportion du nombre des chevaux que possède la population des provinces. Elle est déjà presque entièrement acquittée, sans que l'on ait été obligé de faire marcher un seul soldat.
Toutefois, c'était sur les routes qu'il concentrait ses soins, les considérant avec raison comme le premier élément de prospérité d'un pays. On retrouve toujours en lui le conseiller général qui s'intéressait tant aux chemins vicinaux de la Dordogne, Dès juillet 1843, son journal commentait fièrement une petite annonce algérienne ainsi conçue:
Service d'Alger à Medeah et retour; départ tous les mercredis et samedis. Hôtel Titery, hôtel d'Alger, à Medeah.
Telles sont les affiches qu'on lit depuis plusieurs jours sur tous les murs de la ville.
Ainsi, d'Alger à Medeah, dont le trajet ne se faisait, il y a quinze mois, qu'à la suite d'une colonne de toutes armes, l'on va et l'on vient, aiy ourd'hui, en omnibus^ deux fois par semaine. .
Ainsi, dans cette ville oîi, à la même époque,' il ne se trouvait pas dix personnes appartenant à la population civile et pas une seule femme, européenne ou indigène^ dans cette ville qui n'était que ruines et décombres, on trouve
aujourd'hui des hôtels tenus à l'instar de Paris où les voyageurs affluent. Voilà des résultats (1)1
Dans rhiver de 1843-44, il fit pousser activement les travaux militaires sur les routes. On en parle fréquemment dans les colonnes du journal confident des pensées du gouverneur.
On y lit, à la date du 5 février 1844 :
Le 27 janvier, toutes les troupes sauf un bataillon du 48® ont repris les travaux interrompus par les pluies. Neuf bataillons ont été échelonnés sur la route de Milianah à Cherchell. Cette dernière ville ne peut que gagner beaucoup pat Touverture de cette importante communication et le rétablissement de l'ancien port romain. Elle communiquera avec la vallée du Chélif et la région des sources du fleuve par la route de Milianah à Teniet-el-Had qui se prolongera bientôt jusqu'à Tiaret, point qui a déjà une route carrossable sur Mascara.
Sept autres bataillons sont étendus sur la route d'Alger à Constantine à partir du Fondouk ; en un mois ils arriveront sur risser où se trouve un pont turc que nous rétablirons.
1^ mars 1844. — Les travaux de laroute de Constantine ont produit une sensation dont l'effet se fait sentir au loin. Les gens qui, dans l'Est, avaient des doutes sur nos projets de stabilité n'en peuvent conserver aujourd'hui.
La route d'Alger an pont de Beni-Kini sur Tisser sera terminée du 1 5 au 20 mars ; celle de Cherchell à la vallée du Chélif vers le 10 avril. On déblaie le vieux port romain qui
(1) Cette sorte de cri du cœur : Voiià dn rètvlttUs! étsât une réponse à la manvaiBe foi des jonniauz d'opposition de France, dont le thème incessant était, à la grande indignation du gouverneur général : n On s'agite en Algérie, mait il n'y a p€u de rétuUatt, 1>