II INTRODUCTION
prussiennes, le chapeau campé bien crânemenl sur ses beaux longs cheveux bouclés, dont il paraît si fier. Il a le sourire aux lèvres, le torse droit, avec, à la mn in, le petit bâton de commandement, le petit liàton bleu parsemé d'aigles d'or, sur lequel se trouve gravée la légendaire devise : Decus pacis, timor belli. Il s'arrête brusquement devant les colonnes alignées du 91V' régiment de ligne. Il montre aux soldats d'un geste large le village de Flavigny, comme but à atteindre, et il s'écrie d'une voix vibrante qui sonne comme un clairon de bataille :
<; — Maintenant, mes entants, souvenez-vous « ([Lie vous êtes toujours les soldats de Magenta et de « Solférino ! »
« Pendant qu'il parle, la foudre se lait entendre, tes obus éclatent partout, creusent de sinistres brèches dans les rangs; les balles sifflent, nombreuses, si nombreuses même qu'on dirait des moucherons en une soirée d'été; les fantassins prennent vivement le pas de charge, clamant, enfiévrés, enthousiastes, criant fi pleins poumons:
< — Vive la France ! Vive Canrobert! »
« Les obus prussiens arrivent jusqu'au loyal et brave maréchal. L'un d'eux brise des mottes de terre aux pieds de son beau coursier qui se cabre. Des balles sifflent, tombent en avant, en arrière, à gauche, à droite, couvrant l'état-major et l'escorte comme d'une pluie de feu.
« Lorsqu'un sifflement par trop aigu annonce l'approche de la mitraille, quelques lanciers se couchent sur l'encolure de leurs montures, et ne se relèvent qu'après avoir vu loin d'eux la nuée de