‹ Le Maréchal CanrobertChapitre 3 sur 33 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

« J'ai deux heures de route à faire. Quand j'arriverai, le Français sera peut-être reparti, disparu au large.

« Qu'imparte ! j'ai l'espoir de revoir mon drapeau, et le drapeau, pour l'exilé, c'est la patrie! Je me mets en route. J'arrive à la rote. J'aperçois là-bas, tout la-bas, le pavillon aux trois couleurs et je tombe à genoux.

« J'ai supporté, termina le prêtre, de cruels ennuis, de pénibles souffrances, mais je n'ai jamais pleuré, depuis trente ans, que ce jour-là, en apercevant dans le lointain les couleurs de la France ! »

Partout où flotte le drapeau, la patrie est présente. Dans ses plis tricolores palpite, invisible, l'âme vigilante de la France.

Séparés par l'immensité des êtres qui leur sont chers, matelots, soldats, lèvent vers lui un regard attristé, et son image, comme une consolante vision, les encourage à supporter la peine.

Criblé de balles, haché par la mitraille, le drapeau dit au combattant enfoncé dans la meurtrière mêlée, désespérant de vaincre : « Aie courage ! »

En ces temps troublés, où les beaux caractères, les illustrations se font de plus en plus rares, n<> pourrait-on répéter ce mot de Chateaubriand : « L'honneur français s'est réfugié sous les drapeaux. » On se jette dans les camps pour échapper à la triste politique et on cherche à se faire une vaillante place dans les rangs des défenseurs de la patrie.

Et en pensant à cette belle ligure de Canrobert, on peut dire :

« Honneur au pays qui, dans ses désastres (»t son

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