‹ Le Maréchal CanrobertChapitre 33 sur 33 · C8S5SS · texte numérisé non relu

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Canrobert e( les officiers de l'escadre russe en 1893. — Visite de l'amiral Avcllan. — Une visite du maréchal au Cercle militaire. — Aux funérailles du Maréchal Mac-Mahon. — Le curé de Magenta. — Les télégrammes échangés. — A l'Opéra. — Un monument. — Une lettre du maréchal Canrobert.

Lorsque Les officiers russes vinrent à Paris, en 1893, sous la conduite de l'amiral Avellan, ils u'oublièrent pas le vieux maréchal de France qui les avait combattus, mais qui avait su rendre témoignage à leur bravoure et à leur héroïsme militaire.

Après avoir rendu visite à S. Eni. le cardinal Richard, archevêque de Paris, l'amiral Avellan et les officiers russes rendirent visite au maréchal Canrobert.

L'ancien général en chef de l'armée de Crimée avait été prévenu la veille ; aussi était-il rentré de S,iiut-(iermain. Le gouvernement avail mis à sa disposition, pour la circonstance, le colonel Avon, sous-chef d'état-major du gouvernement militaire de Paris. Le maréchal avait également auprès de

lui son gendre, le lieutenant de vaisseau de Xavacelle ; son officier d'ordonnance, le capitaine de Quercise, et le lieutenant Avon.

A quatre heures vingt, l'amiral Avellan et les officiers arrivaient rue de Marignan, où habitait le maréchal.

Le petit hôtel de Canrobert était décoré d'un trophée de drapeaux aux couleurs françaises et russes et, dans la cour, un peleton de cuirassiers rendait les honneurs. Le colonel Avon et le capitaine de Quercise reçurent l'amiral et sa suite, qu'ils introduisirent dans le salon du premier étage, où le maréchal Canrobert, souffrant de la goutte, était étendu sur un canapé.

L'illustre soldat avait revêtu son grand uniforme et portait le grand cordon de Saint-André. Il dit à l'amiral combien sa visite le touchait. « J'ai pu, ajoutait-il, apprécier la bravoure et l'esprit chevaleresque des soldats russes, que j'ai vus de près à Sébastopol, et à vous aimer. J'étais, d'ailleurs, très lié avec le prince Orloff ; l'empereur Alexandre a daigné m'offrir son buste ; je l'ai fait placer dans mon salon. »

L'amiral répondit qu' « il était trop jeune alors pour avoir conservé le souvenir de la guerre de Grimée, mais qu'il savait que le nom glorieux de Canrobert était toujours dans toutes les mémoires et aussi dans tous les cœurs. »

Ensuite, l'amiral présenta au maréchal Canrobert les officiers de son état-major, et la conversation se poursuivit pendant quelques instants sur différents sujets.

A la iin de l'entrevue, le maréchal serra la main à chacun des officiers en les remercia.nl de leur visite.

L'amiral et sa suite se retirèrent au bout d'un quart d'heure avec le même cérémonial qu'à l'arrivée.

Malgré un pénible accès de goutte et ses quatre-vingts ans, le maréchal voulut rendre à l'amiral Avellan la visite que celui-ci lui avait faite une heure auparavant.

Il vint au Cercle militaire où se trouvaient les appartements de l'amiral.

Celui-ci descendit l'escalier pour le recevoir, et c'est à son bras que le glorieux: soldat de l'Aima et d'Inkermann monta l'escalier du Cercle militaire.

L'entrée du maréchal fut une entrée triomphale, une véritable ovation.

Chaque officier russe voulu I être présenté au maréchal, le complimenter, lui tendre respectueusement la main. Canrobert était ému jusqu'aux larmes et ce fut au milieu d'une haie vivante qui l'acclamait avec ses hourrahs qu'il sortit du Cercle pour rentrer chez lui.

On se rappelle que ce fut précisément durant le séjour des Russes à Paris que mourut le maréchal de Mac-Mahon, le digne compagnon d'armes de Canrobert.

Cette disparition émut vivement le pauvre Canrobert .

Son grand âge l'empêcha de suivre le beau cortège (jui se déployait majestueusement de l'église de la Madeleine aux Invalides.

Pendant que ses camarades suivaient le char, le maréchal Canrobert s'était rendu directement dans la chapelle des Invalides encore vide, et là, dès onze heures et demie, les yeux rougis par les larmes, il attendait le corps de son frère d'armes.

Il s'était assis dans un fauteuil placé dans la nef, à gauche, contre la balustrade du chœur, accompagné de son aide de camp. Pendant toute la cérémonie, on vil plus d'une fois ses yeux se mouiller de larmes.

Le maréchal Canrobert, après avoir embrassé tendrement les comtes Patrice et Emmanuel de Mac- Mahon, avant leur départ de l'église, resta à sa place, en demandant à voir M. l'abbé Auvray, curé de Montcresson, et M. le. curé de Magenta.

Tous les deux lui furent présentés par M. l'abbé Marbeau, curé de Saint-Honoré d'Eylau.

Le maréchal dit à M. l'abbé Auvray :

« Je tenais à serrer votre main, qui a reçu la dernière poignée de main du héros de Malakoff et de Magenta. Votre main porte une empreinte glorieuse, qui ne s'effacera jamais. Soyez-en fier, Monsieur le curé.

« On m'a dit que vous avez fait un merveilleux discours sur mon frère d'armes, qui dort son dernier sommeil ici, avec les grands soldats de la France. Je sciais heureux de le lire et de faire reverdir mes souvenirs qui, hélas ! vieillissent comme moi. »

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En tendant ensuite la main à M. le curé de Magenta, il lui a dit :

« Monsieur le curé, vous avez fait une bonne action, en venant rendre le dernier hommage de l'Italie au maréchal de Mac-Manon.

« Quand vous retournerez dans votre pays, dites aux Italiens que vous avez vu le maréchal Canrobert, qui, avant de fermer les yeux, voudrait voir l'Italie et la France marcher la main dans la main comme autrefois à Magenta et à Solférino.

« Soignez les tombeaux de nos soldats qui sont tombés sur vus champs de bataille. Ils sont morts pour vous et, du fond de leur tombeau, ils vous parleront de leur amour pour l'Italie.

« Je ne vous parlerai pas de reconnaissance, je vous dirai seulement d'aimer ceux qui vous ont aimés et qui sont morts pour vous. »

M. le curé de Magenta, profondément ému, répondit au maréchal :

« Vos vœux sont les miens ; la France et l'Italie ne peuvent pas être séparées l'une de l'autre. Les beaux jours reviendront et vous les verrez, Monsieur le maréchal Canrobert, vous dont le nom est synonyme, chez nous, de vaillance et de gloire. »

On sait qu'une représentation de gala eut lieu à l'Opéra, le jour même où les Russes prenant congé de la capitale, retournèrent à Toulon.

Malgré son grand âge, Canrobert voulut encore, cette fois, donner une marque de sympathie aux Russes.

« Entre temps, raconte un témoin, un magnifique vieillard, portant en sautoir le cordon de Saint-

André, pénétrait sans bruit dans une première loge de gauche, voisine de l'entre-colonnes. C'était le maréchal Canrobert, que le commandant Mugnier, un des officiers les plus distingués de l'état-major du ministère de la guerre, et M. Gaston Calmette étaient allé- recevoir à l'entrée du pavillon de l'empereur. Les domestiques durent porter l'illustre soldat jusqu'au couloir du premier étage; puis, aux lira- de son aide de camp et de Gaston Calmette, le maréchal marcha jusqu'à sa loge où le colonel Dalstein vint le saluer au nom du président de la République. Le maréchal avait auprès de lui son gendre cl sa iille, le lieutenant de vaisseau de Navacelle et M"'e de Navacelle, son officier d'ordonnance, le capitaine deQuerciseetMmedeQuercise, et le colonel Avon, sous-chef d'état-major du gouvernement militaire de Paris. L'amiral Avellan et ses officiers se montrèrent très sensibles à cette marque de sympathie que le héros de Saint-Privat avait voulu leur donner. »

Le 2 décembre 1893, le maréchal Canrobert recevait des contre-amiraux russes, Dicoff, Lavroff et Ivasoinzer, le télégramme suivant :

« Sébastopol, 2 décembre.

« Paris. Maréchal Canrobert.

«. Unis par la victoire, réunis par la mort ; pour « les soldats, c'est la gloire ; pour les braves, c'est « la destinée. »

« Cette inscription touchante, sur l'éternel monument de la noblesse et de la grandeur du peuple français, érigé par vous à Malakoff, sur le tombeau

fraternel des deux grandes nations, est toujours présente dans nos cœurs aujourd'hui, le jour de l'anniversaire de la bataille de Sinop, prélude célèbre de la grande épopée du siège et de la défense de Sébasti ipol, également glorieuse pour tous les combattants (i). « Les marins de la mer Noire, rassemblés à Sébastopol, prient Votre Excellence de transmettre à la France le toast le plus sincère qu'ils portent pour la prospérité de la plus noble, la plus généreuse et la plus grande nation, la nation française.

« Vive la France ! »

« Contre-amiraux: Dicoff, Lavroff, Ivasoinzer. »

Le maréchal, de son côté, s'empressa de communiquer ce télégramme à M. Carnot, président de la République, et adressa, par dépèche, aux amiraux russes, la réponse suivante :

« Paris, 3 décembre.

Sébastopol. — Contre-amiraux Dicoff, Lavroff,

Ivasoinzer.

« Le maréchal Canrobert remercie très profondément Leurs Excellences et les marins de la mer Noire, réunis à Sébastopol, le jour de l'anniversaire

(1) Rappelons à ce sujet qu'apn - les fêtes franco-russes de Paris et de Toulon, le préfei de Sébastopol, contre-amiral Lavroff, annonçait, par dépêche, au préfet de la Seine, qu'une manifestatioi spontanée -

produite dans le cimetière français de Sébastopol et nue des couronnes

de la bataille de Sinop, des vœux chaleureux qu'ils lui adressent pour la France.

« Il s'est empressé de les transmettre au chef de l'État.

« Son pays recevra avec une vive joie ce nouveau témoignage de haute estime et de chaude sympathie que, seules, peuvent engendrer de loyales et grandioses luttes entre deux puissantes nations.

« En ce qui le concerne, le vieux maréchal remercie très vivement la noble nation russe du culte dont elle entoure le monument élevé, à Malakoff, à la mémoire de ceux qui, par leur sang, préparèrent l'union de leurs deux peuples dans les mûmes sentiments.

« Il adresse à Leurs Excellences ses vœux personnels les plus ardents pour Sa Majesté le Tsar, la Famille impériale, la grande nation russe <'l ses marins et soldats, si braves et si chevaleresques.

« Maréchal Caxrobert. »

Deux autres dépèches furent échangées entre

avaient été déposées sur les tombes de nos soldats morts pendant la guerre de Crimée.

M. Poubelle répondit aussitôt par le télégramme suivant : Au contre-amiral Lavroff, préfet de Sébastopol : « Rien ne pouvait toucher plus profondément nos cœurs que le pieux hommage rendu par les dames de Sébastopol et les vétérans de la campagne de Crimée aux morts qui reposent en terre slave dans le cimetière français de Sébastopol. Cette manifestation spontanée atteste une fois de plus les sentiments de généreuse fraternité qui sont au fond de lame des deux peuples. Veuillez recevoir et transmettre à tous vos concitoyens l'expression émue de notre reconnaissance,

« Le Préfet de la Seine, « Poubelle. »

[e grand— duc Michel, oncle du Tsar, présidenl du Conseil de l'Empire, et le maréchal Canrobert»

Maréchal Canrobert, Paris.

de Saint-Pétersbourg .

« Quarante-deux défenseurs de Sébastopol et moi fraternisons, aujourd'hui, comme annuellement, en mémoire de nos brillants exploits de défense.

« C'est avec un bien vif intérêt que nous avons suivi la réception solennelle récemmenl faite par les Français à nos marins. Profondément touchés par les discours plein- de cœur, partis de toutes les classes de la populatioa française, nous nous souviendrons aussi de vos paroles pleines de sympathie qui vanlent la bravoure chevaleresque de nos troupes en Crimée.

« Il y a quarante nus, Maréchal, que nous vous esl niions, vous et nos braves et brillants adversaires, et admirons la ténacité inébranlable de l'armée el de la flotte françaises. Aujourd'hui, remémoranl les 349 joues de défense qui n'ont jamais eu leurs pareils, et honorant avec des sentiments de profonde sympathie et d'estime la mémoire de nos héros et des vôtres, tombés vaillammenl sur le champ de bataille, et celle de feu le maréchal de M; m -Mal ion, nous nous écrions, la coupe à la main : « Vive la brave année et la Hotte françaises ! «. Vive le maréchal Canroberl ! Hourrah ! »

Les dernières années du maréchal Canrobert. — Souvenirs de Saint-Privat. — Sa mort. — La chambre mortuaire. — Les obsèques. — Jugements portés sur le Maréchal et sur sa carrière.

A partir de la visite de l'amiral Avellan, le maréchal ne lit plus que languir. Presque toujours silencieux, le vieux soldat ne sortait de son mutisme que lorsqu'un visiteur venait lui parler de ses campagnes. Un jour, M. Georges Duruy prononça devant le Maréchal le nom de « Saint-Privat ». En entendant ce nom, « soudain, le maréchal, raconte M. E. Duruy, demanda un livre, un vieil annuaire de l'armée prussienne où ligure l'interminahle liste des officiers de la garde royale tombés à Saint- Privat. Quand j'eus regardé les pages qu'il me désignait, il prit le livre, le mit sur ses genoux, posa sa main dessus et, avec un regard et une voix terrible, il me dit :

« Ceux-là, ce sont mes morts 1 »

« Et cette main débile, cette main décharnée

d'octogénaire prit tout à coup à mes yeux l'aspect formidable d'une patte de lion s'allongeant *m-

sa proie.

« Pais il me parla de ses infirmités, de sa jambe blessée qui le faisait cruellement souffrir, de la difficulté qu'il éprouvait à entendre.

« — Je suis sourd, me disait-il.

« — C'est pour avoir trop souvent et de trop près entendu le canon, — criai-je à son oreille.

« Il sourit et me dit :

o — Oui, j'ai encore connu la guerre, moi ! »

Ce qu'il entendait par là, vous le devinez. Il avait connu la guerre héroïque, la guerre où c'était de la trempe de l'instrument humain que dépendait surtout la victoire.

C'est le 28 janvier 1895, vers quatre heures et demie de l'après-midi que le maréchal s'éteignit. Il mourut sans souffrance, les yeux fermés déjà et passant par une transition insensible de l'assoupissement au sommeil éternel. A ses côtés, se tenaient au moment suprême les parents et alliés de la famille présents à Paris : sa fille et son gendre, M. le lieutenant de vaisseau Fabre de Navacelle, ses petits-enfants, le baron et la baronne de Bourgoing el son officier d'ordonnance, le capitaine Chauveau de Quercise. M. Marcel Gertain-Canrobert son hls, lieutenant au 6e régiment de chasseurs d'Afrique, en garnison à Mascara, avait été prévenu un peu trop lard pour assister aux derniers moments de l'illustre soldat.

Aussitôt qu'il eut vécu la nouvelle de la morl du maréchal, le Président de la République se lit inscrire sur les registres ouverts à la maison mortuaire; tous les officiers de la maison militaire ainsi que le personnel de son cabinet, suivirent cel exemple.

La chambre mortuaire fut disposée de façon à servir de chapelle ardente, La famille ayant décidé de laisser défiler librement devant le corps quiconque voudrait rendre un dernier hommage au maréchal.

Sur le lit de chêne aux: rideaux de soie rouge, les domestiques étendirent le corps revêtu de l'uniforme de grande tenue. Les nombreuses décorations tranchaient dans l'ombre de l'alcôve sur le drap noir de la tunique; le manteau d'ordonnance était jeté sur les jambes. A gauche reposait l'épée, à droite le bâton de commandement et le chapeau à plumes blanches.

La chambre était meublée avec une simplicité tonte militaire : quelques fauteuils en chêne, un bahut et une bibliothèque en chêne. Sur la bibliothèque, le buste de Napoléon III. Aux murs, des gravures représentant des scènes de guerre et des portraits de généraux ; à droite de la cheminée celui du général Lassalle, à gauche, au-dessous du buste de la femme du maréchal, le portrait du général Marbot, parent de la famille Certain ; à gauche, en entrant, le prince Oscar de Suède, en uniforme de hussard.

Les obsèques furent célébrées aux Invalides au milieu d'un imposant appareil militaire.

LK MARÉCHAL CANROBERT :r

En Canrobert disparul un «les v,n-c^ survivants de cette génération ardente qui, à partir de 1830, a relevé noire gloire militaire détruite ù Waterloo. Les soldats qui luttèrent pendant vingl années dans les gorges de l'Atlas, sur [es sommets de la Kabylie, dans les solitudes sans lin des Hauts-Plateaux et du Sahara, marquent dans l'histoire de notre race par un soudain réveil de ses qualités guerrières. Jamais peut-être la ténacité du Gaulois, son mépris du danger, sou endurance aux fatigues, sa gaieté quand même n'atteignirent un tel degré. Les luttes en Afrique ne furent jamais la grande guerre : selon l'expression de Sairit-Amand, il n'y eut de grand que les fatigues et les privations, niais elles ont montré ce que peuvent le courage physique et l'entrain des chefs.

Nul ne fut plus propre que Canrobert aux expéditions qui demandaient de l'entrain et du sangfroid ; mais sur un théâtre un peu vaste il manquait parfois de l'esprit de dérision et de la domination morale qui auraient pu faire de lui un grand général. En Crimée, où sa bravoure lui valut l'admiration des soldats des deux années, il ne sut malheureusement ni imposer sa volonté à ses lieutenants, ni se faire écouter de l'empereur, ni triompher de la lenteur des Anglais. En Italie, d'une vaillance à toute épreuve au combat, il fut timide dans la conception. Enfin le soldat s'est couvert en lui d'une gloire immortelle à Rezonville et à Saint-Privat. Mais le maréchal de France ne sut pas réagir contre

l'impéritie coupable de Bazaine. Seul dans l'armée, il avait, par l'éclat des services, l'ancienneté de grade et l'affection des troupes, les moyens d'imposer au généralissime une attitude moins passive. Il ne sut pas en profiter : les drapeaux du 6e corps furent brûlés comme ceux du reste de l'armée.

Cet effacemenl volontaire de Carirobert, celle modestie, lui nuisirent dan- l'esprit <h>* masses. Certes, dans ces dernières années, le vétéran de nos guerres avait hérité de la popularité de tant de héros, un à un disparus, mais la vénération dont il était l'objet englobai! l'année dont il fut l'orgueil plus que l'homme lui-même. Aucun de ces t'ails de guerre éclatants connue le gain d'une bataille ne s'applique plus spécialement à lui. En cela il fut moins heureux que ses glorieux émules: Mac-Mahon, Bosquet et Pélissier.

Mais quelle vie de soldat superbe et quelle magnifique carrière !

Le maréchal Canroberl est une de ces ligures qui honorent un pays et une armée et ajoutent à la gloire d'une grande nation.

Son existence entière a été consacrée à la France qu'il aimait tant.

Nous devons tons saluer avec une respectueuse admiration ce vieux maréchal qui, comme on l'a si bien dit, « portait encore sur sa belle figure de suidât le reflet des rayons de nos vieilles gloires consolatrices ».

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