‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 10 sur 194 · LE COUP DE TONNERRE DE SADOWA · texte numérisé non relu

LE COUP DE TONNERRE DE SADOWA

Le poste auquel le maréchal Ganrobert venait d'être appelé était un des plus hauts de l'Empire. Il prenait même dans les circonstances présentes une importance particulière qui montrait à quel point le souverain avait d'estime et de confiance en lui. L'Empereur, en effet, ressentant déjà les premières douleurs de la maladie qui devait l'enlever après une longue agonie, venait de faire son testament, et dans Tune des clauses concernant le conseil de régence destiné à aider son fils, il désignait le commandant de l'armée de Paris pour y siéger en certaines circonstances.

Quoique l'Empire parût encore brillant, il n'échappait pas au maréchal qu'il était sourdement miné par une opposition qui gagnait du terrain dans le pays, et que l'Empereur lui-même, attaqué par la maladie et affaibli par les excès, n'avait plus la même énergie et surtout le même esprit de suite, ce qui donnait à sa politique un décousu fort dangereux.

Les circonstances étaient graves : l'orage menaçait d'éclater en Allemagne. On avait cru, durant le printemps de 1865, que l'Autriche et la Prusse allaient se jeter Tune sur l'autre à propos de la possession du Schleswig-Holstein. La convention de Gastein avait

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