CHAPITRE IX
15ATAILLE DE BORNY
Le 12 août à 6 heures, après sa conversation dans laquelle l'Empereur lui avait confirmé verbalement sa nomination de général en chef, le maréchal Bazaine était parti de Metz pour Borny comme quelqu'un qui a fait un mauvais coup et qui se cache : il n'avait voulu voir aucun des chefs des différents services de l'armée, qui étaient cependant tous sous sa main : il n'avait pris aucune information, ni sur la situation de l'armée qu'il commandait dès ce moment, ni sur les ressources dont elle disposait, ni sur l'effectif, ni sur les positions des corps qui la composaient et dont plusieurs, comme ceux du maréchal de Mac-Mahon et des généraux de Failly et Douay, se trouvant éloignés, devaient lui être inconnus; il ne s'était pas davantage enquis des renseignements recueillis sur l'ennemi. Cette fois-là, déjà, les officiers de l'état-major général furent frappés de cette façon d'agir, mais ils crurent en expliquer le mobile par le désir du nouveau général en chef d'être seul le maître et d'empêcher l'Empereur de s'immiscer dans l'exercice du commandement.
Le maréchal Bazaine n'avait pas dû être surpris de se voir appeler au poste suprême : il savait que l'opi-