‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècle (volume 2)Chapitre 5 sur 194 · C A IS R 0 H E II T · texte numérisé non relu

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plus strict incognito; cependant, malgré toutes les précautions prises pour tenir leur passage à Lyon secret jusqu'au dernier moment, plusieurs énergumènes, comme il y en a toujours dans les grandes villes, trouvèrent le moyen d'être prévenus et se proposèrent de crier : « Vive la Pologne! » sur le parcours des souverains, de la gare à l'hôtel où ils devaient passer une nuit.

a Je fus avisé à temps, racontait le maréchal Canrobert, et au lieu de provoquer un redoublement de surveillance autour de la gare, je préférai envoyer ostensiblement des voitures fermées avec une escorte parles voies les plus larges, telles que les rues Bourbon et Impériale, puis je me rendis en tenue à la gare. Le train arriva exactement et l'Empereur descendit le premier; il avait un paletot gris et un chapeau de feutre aux bords relevés. Je m'occupai alors de suite de donner les ordres pour que les voitures, au lieu de reprendre les grandes voies par où elles étaient venues, se dirigeassent par le quai Tilsit et la rue Grenette où il n'y avait personne, tandis que les rues centrales regorgeaient de monde. De cette façon, les souverains arrivèrent sans incident au Grand-Hôtel.

« L'Impératrice était fort souffrante et l'on dut la monter de sa voiture à sa chambre dans un fauteuil.

« Une demi-heure après, je me présentai en petite tenue à l'hôtel et je demandai à l'aide de camp de service si Sa Majesté pouvait me recevoir. Je fus immédiatement introduit et l'Empereur m'accueillit avec grande bienveillance et immédiatement mit la conversation sur la guerre de Grimée, parlant de l'estime que nos deux armées avaient conçue l'une pour l'autre,

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