‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 2 sur 255 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

AMBASSADE EN SUÈDE ET EN DANEMARK LA FIANCÉE DE NAPOLÉON Ier

Attentat Bellemare. — La nouvelle de la prise de Malakoff. — Li paix ou la guerre — Dans la Baltique. — Dîner au Refonn-Club> — Amiral original. — La Suède. — Le roi Charles XV. — Les généraux Raragnay-d'Hillierset Niel à Stockholm. — Le roi Oscar. — Prise de Bomarsund. — Le coup de griffe à l'ours. — Négociations. — Le comte et la comtesse Bark. — Enthousiasme de la Suède à la nouvelle de nos succès. — ■ L'amiral Virgin à Paris. — Le général Canrobert est envoyé en Suède. — Sa conversation avec l'Empereur. — Tentatives d'alliance avec l'Espagne. — Voyage du général Canrobert à travers l'Allemagne. — Bernadotte. — Le Camarade de lit. — Mort au tyran. — Stockholm. — Le Palais-Royal, pages et trabans. — Le Roi et ses fils les rois Charles XV et Oscar II. — La reine Joséphine. — La fiancée de Napoléon. — Le général Canrobert lui fait une longue visite. — Ses toilettes. — Ses souvenirs, ses fantaisies. — Le portrait de Kléber. — Les poires de son jardin. — Son souvenir de Napoléon. — Ses fiançailles, ses lettres. — Son physique, son mariage. — Son salon. — Les amis de ses nièces. — Le Calife de Bagdad. — Elle devient reine de Suède. — Son désespoir de quitter Paris. — Sa vie à Stockholm, — Ses originalités et ses regrets de Paris. — Sa mort. — Le général Canrobert grand-croix de l'ordre des Séraphins. — Le Saini-Denis des rois de Suède. — Le costume de Charles XII. — Traité avec la Suède. — Plan de campagne contre la Russie. — Le général voyage à travers la Suède et le Danemark.

ni. 1

— Il arrive à Copenhague. — Le roi Frédéric VII. — Le roi Cambrinus on le dieu Thor. — Le futur Christian IX et les futures impératrice Dagmar et reine Alexandra — Emma Rasmussen. — Consommation de mouchoirs. — Crocodiles empaillés. — Le général Canrobert prend congé de Frédéric Vil et se rend à bord du vaisseau amiral français à Kiel. — L'amiral Penaud. — Une voie d'eau. — L'amiral anglais Saunders-Dundas. — Conseil tenu par l'amiral et le général Canrobert. — Les premières torpilles. — M. Nobel, leur inventeur, et son fils, le créateur des prix en faveur de la paix. — Eclatement de torpilles au nez des amiraux anglais. — Kalmouks et Samoyèdes. — Retour du général Canrobert à Paris. — Il rend compte de sa mission à l'Empereur, qui lui parle de l'invention des canons rayés. — Préparatifs gigantesques. — Victor-Emmanuel à Paris. — Mort de M. Mole.

Le soir même de la prise de Malakoff, des bruits de victoire couraient à Paris. On interprétait favorablement les dernières dépêches venues de Grimée, particulièrement celle où le prince Gortschakoff déclarait être accablé sous un bombardement infernal, et l'on supposait qu'elle avait été écrite pour préparer l'opinion à la chute de Sébastopol. La Rente montait subitement à la petite Bourse, et sur les boulevards chacun s'abordait joyeux, affirmant, sans rien savoir de précis, qu'on avait reçu de bonnes nouvelles. Aux Tuileries, la Cour se préparait à se rendre au Théâtre-Italien, où la Ristori devait jouer Marie Stuart, de Schiller. La première voiture des dames de l'Impératrice s'arrêtait sous la vérandah du théâtre quand un individu bien mis s'avança contre la portière du landau qu'ouvrait le valet de pied Ghapuis et tira deux coups de pistolet à travers la glace, visant la personne assise à droite et au fond. Tout le monde se précipita pour arrêter le meurtrier que les agents emmenèrent, tandis que d'autres personnes faisaient descendre la princesse

Page 1