‹ Le Maréchal Canrobert, souvenirs d'un siècleChapitre 238 sur 255 · FUTURS ÉVÉNEMENTS « ANGOISSANTS · texte numérisé non relu

FUTURS ÉVÉNEMENTS « ANGOISSANTS

marquantes de son intimité, je dois rappeler Mgr Darboy et M. Mézières. Le maréchal aimait leur conversation et leur caractère et Ton peut dire que, jusqu'au moment où il fut nommé à Lyon, il ne s'écoula pas une soirée où il ne s'entretînt avec le prélat et avec le futur académicien.

Il nous reste maintenant à voir la part qu'il prit aux événements « angoissants » qui précédèrent et suivirent Sadowa et quel rôle il joua en 1870 taut au commencement de la guerre qu'aux grandes batailles sous Metz et particulièrement à cette bataille de Saint-Privat, dont le nom restera à jamais uni à celui de Ganrobert.

La guerre d'Italie a été racontée dans un ouvrage officiel fort remarquable, rédigé par le colonel Saget, le commandant Smet et le capitaine Guillot, et corrigé en dernier lieu par l'Empereur (1).

Comme tous les travaux officiels, ce livre raconte les faits comme ils auraient dû se passer et non comment ils se sont accomplis dans la réalité.

Naturellement il ne fournit aucun document officiel, lettres, ordres, dépêches, parce que ces documents seraient venus contredire les appréciations et les récits du livre. Cependant, comme l'a fait remarquer, avec grande justesse, le général von Câmmerer, de l'armée allemande, dans son remarquable ouvrage sur Magenta, il est fort difficile, en l'absence de toute publication de pièces officielles de Fétat-major, de porter un jugement sur les opérations, et même de démêler les idées stratégiques qui ont traversé le cerveau de Napoléon III.

Toutefois, il semblait qu'il restât aux historiens la ressource de fouiller les cartons de la campagne d'Italie au ministère de la guerre, et d'y examiner les documents encore inconnus qu'ils renfermaient.

Malheureusement, la plupart de ces documents ont été détruits. Voici à quelle occasion. L'ouvrage officiel précité, en cachant les imperfections du commandement et particulièrement la suite d'ordres et de contre-ordres qui avaient amené un décousu perpétuel dans les opérations, n'eût atteint qu'à moitié le but proposé si les pièces officielles eussent permis aux historiens de l'avenir de reconstituer la vérité ; aussi le ministre d'alors fit-il détruire ces pièces, et c'est ainsi que l'on

(1) Paris, Imprimerie impériale, grand in-4°, 1862.

trouve dans les cartons de la campagne d'Italie de nombreuses chemises qui portent des intitulés pompeux, mais vides de leurs documents. Nous avons pris soin, avant de signaler le fait, de le faire constater aux archivistes chargés de la conservation des documents, archivistes dont la complaisance et l'amabilité sont connus de tous les érudits et auxquels je suis heureux d'exprimer ici toute ma gratitude personnelle.

Cependant on ne peut jamais étouffer complètement la vérité, et dans le cas présent il nous a été donné de retrouver un grand nombre d'ordres que ceux qui les avaient reçus avaient gardés, et dont beaucoup sont venus plus tard au ministère de la Guerre même prendre la place des minutes originales détruites. Nous avons pu surtout nous procurer presque toutes les dépêches télégraphiques dont les originaux ou les doubles — lorsqu'elles étaient chiffrées — ont été conservés en clair.

Nous avons publié dans le texte une partie de ces dépêches, mais nous n'avons pas donné certains documents qui auraient allongé le récit; aussi avons-nous cru utile de reproduire en appendice ceux qui nous ont paru avoir le plus d'importance.

N° 1 Plan de campagne de Jomini,

Nous avons raconté à la fin du chapitre V comment Napoléon avait demandé un plan de campagne au général Jomini et nous avons donné le sommaire de ce plan. Voici le texte même du projet remis à l'Empereur — texte que nous devons à l'obligeance de M. de Gourville, ingénieur des constructions navales, petit-fils du général Jomini :

a 1° Qu'il est difficile de rien préjuger tant que les armées française et sarde ne seront pas réunies, car les Autrichiens prendront peut-être une offensive vigoureuse pour empêcher cette réunion.

« 2° Le premier objet à se proposer est donc lajonction des deux armées, entre Alexandrie et Casai (ou Verceil). — C'est le plan La Marmora avec la variante d'une extension sur Verceil.

« 3° La réunion opérée, il y aura à décider si l'on se portera par la droite sur Plaisance, au centre sur Pavie ou à gauche sur Magenta.

m 4° Pour manœuvrer par la droite, il faut passer le Pô enflé par la fonte des neiges, en face d'une armée considérable, entre deux camps retranchés, et courir le risque, en cas d'échec, d'une retraite sur Gênes, qui serait désastreuse si l'Angleterre voulait en profiter; ce qui est à craindre du ministère tory.

u 5° Attaquer Pavie au centre, c'est prendre le taureau par les cornes et risquer un revers, sans grand résultat en cas de succès.

« 6° Il est donc évident qu'il n'y a pas de meilleur parti à prendre que d'en revenir au plan de Charles-Albert de 1849, en passant leTessin sur l'extrême droite des Autrichiens. Mais il est indispensable de couvrir la route de Pavie à Verceil pour arrêter les Autrichiens qui accourront du sud. Ce sera derrière ce corps de couverture que toute l'armée filera par Novare sur Turbigo et Magenta.

« C'est parce que Charles-Albert n'a pas pris la précaution de se couvrir vers le sud qu'il a été battu. »

Résumé des conventions militaires et financières, signées les 14 et 16 décembre 1858.

Cette convention était en sept articles.

Le premier déclarait que les forces engagées seraient de deux cent mille Français et de cent mille Sardes. L'article 2 portait que « les provinces italiennes occupées par les alliés seraient déclarées en état de siège, et administrées au nom de Victor-Emmanuel » .

Cet article était introduit à la demande du comte de Cavour, pour éviter que la Lombardie et la Vénétie ne vinssent se proclamer, comme en 1848, Républiques indépendantes.

L'article 3 était ainsi conçu : « L'unité du commandement étant une condition indispensable du succès, ce commandement sera exercé par S. M. l'Empereur des Français, et,

en cas d'absence de l'Empereur, par celui qu'il désignera. »

Cet article avait donné lieu à un fort tirage, car Victor- Emmanuel aurait voulu ne point abandonner son droit au commandement.

L'article 4 : « L'incorporation des recrues et des volontaires dans l'armée sarde se fera de telle sorte qu'il ne soit présenté à l'ennemi que des troupes instruites et disciplinées. »

L'article 5 interdisait formellement les corps francs, et cela à la demande du gouvernement russe, qui ne voulait pas de guerre révolutionnaire.

Article 6 : «Gênes sera la grande place de dépôt et d'approvisionnement de l'armée française. »

L'article 7 établissait comment se feraient les réquisitions de l'armée française pour les approvisionnements.

En même temps était signée une convention financière, en trois articles, prescrivant la nomination de deux contrôleurs, l'un Français et l'autre Sarde, qui seraient chargés de fixer le chiffre des impositions à recouvrer dans chaque territoire complet et de partager les produits entre les deux pays, et mettait à la charge du nouveau royaume de la Haute-Italie les frais de guerre. La dernière clause seule fut appliquée.

(Nous devons communication de ces détails à M. Ghiala, sénateur du royaume dltalie.)

PREMIER PROJET DU 25 MAI : PASSAGE DU PO El

LETTRE CONFIDENTIELLE DU CEI Nota. — Les troupes doivent être alig

27 mai

28 mai

29 mai

l*r CORPS

à Casteggio.

Voghera etTortone.

Tortone et Alexandrie.

27 mai

28 mai

29 mai

Voghera.

Sale.

Valenza.

27 mai

28 mai

29 mai

Alexandrie.

Casale.

Terranova.

27 mai

28 mai

29 mai

Sale.

Valenza.

Casale, rive gau»

27 mai

28 mai

29 mai

Page 1