‹ Le maréchal DavoutChapitre 15 sur 52 · LA MARÉCHALE BRUNE A S. E. M. LE MARÉCHAL · texte numérisé non relu

LA MARÉCHALE BRUNE A S. E. M. LE MARÉCHAL

PRINCE d'eCKMUHL.

Paris, le 30 mars 1819.

Monsieur le maréchal.

Je me suis fait un devoir de vous envoyer un exemplaire de la requête par laquelle je supplie Sa Majesté de faire punir l'attentat dont mon époux a été victime. L'honneur et la sûreté personnelle des maréchaux sont intéressés à ce qu'un tel crime ne reste pas impuni. J*ai donc la confiance que vous seconderez mes efforts et que vous joindrez vos sollicitations à mes prières pour que justice soit faite de cet odieux assassinat.

Il serait également digne de vous et de vos illustres collègues d'obtenir que l'image de mon époux, qui était avec les vôtres dans le salon des maréchaux et qui en a été furtivement enlevée, y soit replacée, comme première réparation de l'outrage fait à sa mémoire.

5î«> LE MARÉCHAL DAVOLT.

Faire respecter les prérogatives des morts est le meilleur moyen de consolider celles des vivants.

J'ai rh'-nneur d'être, monsieur le maréchal, voire lrè> humble servante.

Sig9èé : Maréchale Bbune.

R^* d« Trî>i»-Pû»olrts. n» 3. quartier Saint-Paul.

LE MAlLXtUL PII5CE D^ECKML'IIL AU MARÉCOAL

DCC b*ALBrFÉIL\.

Paris, le 17 mai 1815.

T US le5 rapports du maréchal Brune annoncent que raiît^rilê du couvemement est toujours méconnue à Marseille. Les arrêtés sont déchirés, les^ militaii^s insultés: à chaque instant, cette ville est le théâtre de sot'^nes scandaleuses, décris, de révoltes. Un tel étal de oh' ses ne peut plus durer. Je mande à ce maréchal de nuttre Marseille en état de siège, d'arrêter cinquante à s»>ivante dos chefs, de désarmer la soi-disant garde nationale, enfin de donner force à la loi, et de déjouer les i omplots de ces misérables, qui veulent allumer le flambeau de la inierre civile dans notre patrie. Je vous in\ilo. si le maréchal vous demande quelques troupes, de !es lui prêter pour quelques jours. Vous les enverrez on poste. J'ai adressé à ce maréchal une lettre qu'il no \ous enverra que dans le cas où il aurait besoin de 00 renfort. J'écris aussi au général La Salcette de mettre des cardes nationales du Dauphiné à la disposition du maréchal Brune, s'il en réclame.

Vous pourriez acheminer sur la route de Marseille, on doux manches, un réciment d'infanterie et quelques

escadrons, bien entendu, si les circonstances le permettent.

Eu donnant cette dépêche du prince d'Eckmiihl au duc d'Albuféra, nous nous plaisons à dire que le maréchal Suchet est, à notre connaissance, le seul homme auquel le ministre de la guerre ait envoyé sa signature en blanc. Le duc d'Albuféra connaissait le pays où il commandait, puisqu'il était le sien, et le maréchal Davout avait en son patriotisme et en son honneur une confiance qui nous semble le plus flatteur de tous les éloges.

LK MARÉCHAL PRINCK d'ECKMUHL AU DUC d'oTRANTE.

Paris, le 19 mai 1813.

Monsieur le duc.

J'ai reçu hier la lettre de Votre Excellence, par laquelle elle me prévient que le sieur Dalmont, employé au ministère de la guerre, a remis, le 10 de ce mois, au sieur Glausal Tétat de situation de l'administration de l'armée.

J'ai fait interroger le sieur Glausal, qui est capitaine adjoint au ministère, préposé pour les laissez-passer dans rentrée des bureaux, et je me suis convaincu qu'il ne connaissait pas même le sieur Dalmont. Comme la chose serait d'une grande importance, si elle n'était pas aussi vague, je pourrais en trouver le fil; mais, comme ce ne sont que des soupçons, je les ferai observer, et je prie Votre Excellence de vouloir bien, avec

LE MARECHAL DAVOL'T.

Itti sb^iyfz.? -|^^ Iiii ci-nce la police, faire surveiller aa»>: 'i-ey df ix în-iiv:di>. un délit de cette nature rentniÂt l'yzl à :i:: -iiiL^ les attnbuti*>ns de la police générale, cl n-:-a dans cette discipline des bureaux que je pefix scuaecïciLl cxen^^r. M. Dalmont travaille depuis quiTJLDte a::> au ministère, et t jouit de la réputation duz. h .-zime simple, non intrigant, bon travailleur et

Nous terminerons cette correspondance de mai Info (tar un ordre qui prouve que Napoléon se m*-»ntrait très laree envers le maréchal duc de Dal-

matie :

Mon cousin, j'approuve que le duc de Dalmatie reç li^e le traitement de 40.000 francs comme maréchal ilEmpire. et de 40.000 francs comme général en chef. J'approuve qu'il lui soit donné 6,000 francs par mois p«jur dépenses d*état-major et frais de bureaux; et ^o.uOo francs p«3ur frais de poste, que vous renouvellerez au fur et à mesure que ces ^.000 francs seront consommés. Quant à la première mise, il faut en agir comme j'en agirai avec le prince de Neufchàtel.

Napoléox.

A Paris, ce âl mai 1815.

LE PRI5CE n'ECKîli-UL, XlXISTRE DK L\ d'ElRRE.

AU GK5KiL\L GIRARD.

Le 21 juin 1815.

L'Empereur, pcnéral, a été salisfaîl de votre conduite h la bataille de Ligny sous Fleurus* Sa Majesté estime

que, si chacun avait fait son devoir comme vous, nous n'aurions éprouvé aucun revers.

Au milieu des préoccupations les plus tristes et les ^ plus importantes, l'Empereur a songé à reconnaître votre dévouement et vous a nommé DUC DE LIGNY.

Deux jours plus tard, mourait le dernier duc fait par Tempereur Napoléon P'; le style de la lettre de son ministre de la guerre indique bien qu'il savait jeter une fleur à un mourant. — Ce billet a un accent douloureux qui nous a émue, et nous pourrions exprimer, sans nous tromper, les pensées sombrement philosophiques de Técrivain, à la fois touché et étonné de la pensée de TEmpereur.

Nous donnons en suite de cette lettre la réponse du duc de Wellington à la lettre du maréchal prince d'Eckmiihl, consignée dans les procès-verbaux de la Chambre des représentants.

LE DUC DE WELUNtiTON AU PRINCE d'eCKMUUL, AU QUARTIER GÉNÉRAL.

Ce l^^r juillet 1815, à dix heures du matin.

Monsieur le maréchal,

Je viens de recevoir la lettre de Votre Excellence, du 80 juin, dans laquelle Votre Excellence m'envoie la nouvelle de l'armistice fait par M. le général Frimont avec monsieur le maréchal duc d'Albuféra.

J'ai déjà fait savoir par écrit à messieurs les corn"

•22i LE MARÉCHAL DAVOUT.

missaires français envoyés auprès des puissances alliées, et verbalement à messieurs les commissaires français envoyés auprès de moi, les raisons qui m'ont empê<:hé d'arrêter mes opérations, lesquelles^ j'ai tout lieu de croire, sont pleinement adoptées par les puissances alliées de mon souverain, et do ceux dont j'ai l'honneur de commander les armées.

J'ai toutes les raisons du monde pour arrêter reiTusion du sang des braves troupes que je commande ; mais il faut que ce soit sur des conditions qui assurent le rétablissement et la stabilité de la paix générale.

J'ai l'honneur d'ôtre, avec considération, Monsieur le maréchal, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.

Welungtoîî.

Il nous plaît de faire précéder la lettre adressée, en juillet 1815, par le feld-maréchal Blûcher au maréchal prince d'Eckmiilil, d'une communication^ très différente do ton, adressée au maréchal gouverneur de Hambourg, sans doute par quelque parent du commandant en chef sous Paris. Ce n'est pas le maréchal Davout que le président d'Altona semble ici trouver inhumain cl même cruel.

LK UAliON ULUCIIER A M. LE lHÂBfÔCUAL DAVOUT.

Monseigneur,

Mon caractère me porterait encore à secourir les malheureux, quand ce ne serait pas le premier devoir

de ma place. Ainsi, j'accueillis avec intérêt les premiers Russes que Votre Altesse m'envoya, et, après leur avoir donné tous les secours qu'exigeait leur triste état, je les fis conduire aux avant-postes, et on fut étonné et môme mécontent de mon zèle. Et on m'a notifié depuis, que si j'en renvoyais de nouveaux, on ne les recevrait point, et que la neutralité accordée à cette ville ne me permettrait non plus une médiation pour les Français qui, aussi, par la suite, serait regardée comme une infraction.

Je vous supplie donc, Monseigneur, d'avoir égard à la position où je me trouve, et de donner des ordres en conséquence de ne pas m'envoyer de nouveaux blessés, afin que les Russes n'aient aucun prétexte de rompre leurs engagements; je ne peux pas ni les garder, ni les faire transporter hors de mon territoire sans contrevenir à leurs ordres et à leurs invitations.

Que Votre Altesse soit convaincue du désir ardent que j'avais de lui plaire, comme de l'impossibilité où je me trouve de remplir le vœu de mon cœur.

J'ai l'honneur d'être. Monseigneur, de Votre Altesse, le plus humble et le plus obéissant serviteur.

Signé : Blucuer.

LE FELD-MARÉCflAL BLUCHER A M. LE MARÉCHAL DAVOUT. Donné à mon quartier général, le !«' juillet 1815.

Monsieur le maréchal.

C'est une erreur de croire que tout sujet de continuer les hostilités entre les puissances alliées et la France ait cessé, parce que Napoléon a renoncé au trône; il IV. 15

n'y a renoncé que sous condition, savoir en faveur de son lils; et la résolution des puissances alliées exclut, non seulement Napoléon du trône, mais encore tuus les membres de sa famille.

Si le général Frimont s'est cru autorisé à faire uue suspension d'armes avec les généraux ennemis qui sont vis-à-vis de lui, cela ne peut nous senir de niotils pour en faire autant. Nous poursuivons uos victoires, et Dieu nous en a donné les moyens et la volonté.

Avisez, monsieur le maréchal, à ce que vous faites et ne plongez pas de nouveau une \\\\e dans le malheur, car vous savez ce que le soldat irrité est capable de faire, si votre capitale était prise d'assaut. Voulezvous assumer les malédictions de Paris, comme celles do Hambourg?

Nous voulons entrer à Paris pour prendre les gens do bien sous notre protection, contre le pillage de la populace qui les menace. Ce n'est qu'à l^aris que peut avoir Hou une vraie suspension d'armes assurée. Vous voudrez, nion>ieur le maréchal, ne point méconnaître Ion relations qui existent entre notre nation et la votre.

Jo vous fais, on outre, remarquer, monsieur le maroohal. que, si vous voulez traiter avec nous, il est siiii;ulior quo vous reteniez, contre le droit des nations, no> oftioiors onvoyé^i avec des dépêches et missions dans los formes usitées de la courtoisie conventionnollo.

J'ai i honneur, do nio dire, monsieur le maréchal^ \otro ti\s luunblo soniteur.

BlI'Cuer.

On nous permettra de rappeler ici que Thistorien des Detix Restaurations dit : que Davout dévora HiU' miliation de l'insolente lettre du général prussien. En effet, aucune réponse écrite ne lui fut adressée; le prince d'Eckmiihl se contenta de répondre au brutal soldat par des victoires.

Le colonel de Trobriand porta Tordre aux généraux français de repousser les Prussiens, et le général Excelmans et le général Pire bousculèrent les deux régiments de Brandebourg et de Poméranie. Envoyés par le commandant en chef prussien pour s'emparer de Versailles, ils durent fuir jusqu'à Saint-Germain. La lettre de Bliicher portait la date de ce premier combat, la date du 1" juillet.

L'approche de l'ennemi avait réjoui le maréchal qui se sentait de force, au nom de la France, à faire payer à Blûcher chacune de ses paroles par une bataille perdue.

La nuit du 1" au 2 juillet fut employée par le maréchal à donner des ordres pour l'attaque. La veille, dans l'après-midi, Bliicher, furieux du grand échec du matin, envoya de l'infanterie et de l'artillerie sur les hauteurs de Sèvres. La résistance fut si vigoureuse que l'ennemi dut se retirer après avoir subi une perte assez considérable. Le général Vichery, à Issy, culbuta également les Prussiens; mais tout cela n'était pas du goût de Fouché, qui cria fort et fit crier plus fort encore : que le prince

228 LE MARÉCHAL DAYOUT.

(TEckmûhl allait tout perdre et empêcher le gouvernement provisoire de sauver la patrie sans effusion de sang.

Terribles durent être les hésitations du maréchal Davout; ce n'était certes pas pour sa tèto qu^il pouvait craindre ; il avait pris, si Ton peut ainsi parler, sur trop de champs de bataille Thabitude de la mort; mais comment se battre contre les Chambres, con* tre la bourgeoisie, contre Fopiniou publique, en même temps qu'il se battrait contre Tennemi ? Un ambitieux aurait pu le tenter et réussir pour son propre compte; le prince d'Ëckmûhl était un patriote et non point un ambitieux. Il se sentait une responsabilité telle qu'elle avait effrayé l'empereur lui-même; il ne songea donc point à sa gloire, mais bien h la France, et, dévorant le besoin de justes représailles qui devait bouillonner en lui, il voulut épargner aux Français et à la France tout le mal possible à éviter. La gloire des batailles est hélas ! une gloire cruelle et haïssable, puisqu'elle est trempée de larmes.

Ces jours de passion de juillet 1815, aux yeux qui savent voir, sont peut-être les plus méritoires, les plus nobles de cette noble vie poursuivie par la calomnie. On ne discute pas les moucherons, oh les laisse vivre ou on les balaie de la scène du monde avec une insouciance égale ! Gloire donc aux calomniés, rélernello Justice seule est de taille à les ju-

ger et à les absoudre, en écrasant la calomnie sinon le calomniateur.

Mourir, nous le sentons, eût moins coûté au maréchal que de signer la capitulation de Paris, et cependant ceux pour lesquels il se dévouait, ceux pour lesquels il renonçait à vaincre ou à disparaître dans une auréole de gloire et de martyre, ont insulté à sa mémoire. Le peuple juif n'a-t-il pas crié à Pilalc : « Délivrez-nous Barabbas! » et tous les peuples, à une heure donnée, ne se montrent-ils point également insensés et féroces !

Après avoir jeté ce cri d'indignation, que comprendront toutes les âmes vivantes, nous revenons aux pièces officielles.

LK BARON BIGNON A M. LK PRINCK d'eCKMUIIL.

Paris, le 2 juillet 1815, trois heures du matin.

Monsieur le maréchal,

La dépêche de MM. les commissaires que je reçois en ce moment par un courrier parti de Louvres hier à neuf heures du soir ne renferme encore rien de positif.

Le duc de Wellington a dit à nos commissaires qu'il avait écrit hier matin au prince Bliicher pour le porter à s'unir h lui pour convenir d'un armistice, mais il ajoutait que ce feld-maréchal avait un extrême éloignement pour tout ce qui arrêterait ses opérations, qui s'étendaient déjà sur la rive gauche de la Seine, et

qu*il ne pouvait cesser d'appuyer ses mouvements, s'il ne pouvait Tamener à partager son opinion.

Le duc de Wellington a communiqué aux commissaires français la proposition d^armistico qu'il avait reçue de Votre Excellence. Hier au soir, à sept heures, le duc de Wellington a fait connaître aux commissaires français qu*il n'avait point encore reçu la réponse du maréchal Bliicher à la lettre qu'il lui avait écrite le matin sur l'armistice.

Voilà, Monsieur le maréchal, Tétat où étaient les choses au moment où MM. les commissaires m ont écrit la dernière dépêche que je viens de recevoir.

Je prie Votre Excellence d'agréer l'hommage de ma plus haute considération.

Le baron Bignon.

LK LIEUTENANT GÉNÉRAL UAXO AU MARÉCnAL PRINCE d'eCKHIJUL.

Paris, le 7 juillet 1815, à huit heures du soir.

Monsieur le maréchal',

Nous sommes arrivés à Paris sans y trouver le général Kcllermann, qui a cru sa présence plus utile avec SOS troupes. Le général Gérard n'ayant pas pu s'habiller, je me suis rendu seul aux Tuileries, où je sois arrivé au moment où le gouvernement provisoire venait do se dissoudre sous prétexte de l'occupation militaire du château, qui probablement avait été soUirilée par son président. Je lui ai remis votre lettre et il m*a donné rendez- vous pour demain à neuf heures; je ne Tai pressé sur rien, parce que je savais que je par-

lais au minisire de la police de Louis XVIII. Nous saurons demain ce qu'il dira.

J'ai trouvé, dans le premier salon, le général Grundler, plein de mauvaises nouvelles : les Prussiens veulent Vincennes et disent qu'ils l'assiégeront, et les Anglais prétendent que l'armistice ne les lie à rien relativement à leurs opérations contre les places de Flandre et de la Manche; en sorte qu'il ne serait pas étonnant qu'ils attaquassent Le Havre, Cherbourg, et môme Brest.

La garde nationale tient bon avec la cocarde, ce qui fait que le Roi n'en veut pas, prétendant qu'on veut la lui imposer : on dit que le comte d'Artois a fait traîner à Saint-Denis le drapeau dans la boue, ce qui rendrait la chose bien difficile à accommoder.

Le général Gérard a vu le général Maison, qui lui a dit que le Roi serait facile avec l'armée et que tout le monde était dégoûté des Prussiens; lui. Maison, l'est en particulier, mais cela vient du péché révolutionnaire dont il a été entaché. Ce qui vaut mieux, c'est que Talleyrand penche pour la cocarde, et pour un ministère indépendant des princes; on dit môme qu'il voulait donner sa démission à cause d'eux.

Il paraît que le Roi entrera demain à Paris, et il est à craindre que la cocarde ne tienne pas devant lui. Le peuple voit l'ennemi de mauvais œil. Des gardes du corps ont été chassés à coups de pierres sur le quai de la Grande-Galerie. Hier 4,000 personnes ont été à Saint- Denis crier : Vive le Roi! En rentrant à Paris, elles ont voulu en faire autant : la garde nationale leur a fermé la barrière.

Demain, je verrai Fouché et vous donnerai d'autres détails. Aujourd'hui^ tout est mauvais de la part de

l*eanemi, qui paraît vouloir abuser. Grundler ma di que Beurnonville, qui venait pour traiter de la part di roi, avait été renvoyé avec mépris par eux. Mûfling es gouverneur de Paris ; DessoUes est nommé par le Ro> commandant de la garde nationale.

D'après tout ce que j'ai vu et ouï aujourd'hui, Far mée devient plus précieuse que jamais, pour oppose une digue à Tambition des Anglais et des Prussiens.

Le général Gérard a causé avec Maison, mais il n - Ta autorisé à faire aucune démarche auprès du Roi nous attendons d'avoir conféré auparavant avec Fouch

Je ne sais pas jusqu'à quel point nous sommes e sûreté ici : les Prussiens ont pillé ce matin un qua tier-maitre à la barrière en lui disant que les troi=^ jours d'évacuation étaient expirés.

Les Prussiens ne tiennent pas à Louis XVIII, et, pouff ainsi dire, ne le reconnaissent pas. Le il, ils voulaient afficher la permission de prendre la cocarde tricolore . tout cela n'est que pour diviser et nous démembrer^ Hier, l'Empereur de Russie a diné avec le Roi, et il n parait pas qu'il y ait plus d'incertitude sur le princ qui régnera en France. Cependant, la résistance d Tarmée plaît aux ennemis en ce qu'elle leur donner prétexte pour inonder le pays d'outre-Loire.

Ce sont là les grands motifs qui doivent porter à 1 soumission au Roi. D'ailleurs le ministère donne unc^ garantie contre la faction des émigrés.

LE GÉNÉRAL UAXO AU MARÉCHAL PRINCE D'eCRMIJUL.

Paris, le 8 juillet 1815, ù onze heures du matin.

Monsieur le maréchal.

J'ai eu rhonneur de vous rendre compte, dans ma

lettre d'hier, que le gouvernement provisoire avait cessé ses fonctions, et, comme c'est auprès de lui seulement que nous avons été accrédités, notre mission cesse. Néanmoins, je me suis rendu ce matin chez le duc d'Otrante, qui conseille à l'armée de se soumettre au Roi et qui est persuadé qu'elle en sera traitée conformément à son honneur et à ses intérêts, et dit, d'ailleurs, que le gouvernement du Roi ne se fera que par le ministère et que l'influence des princes sera nulle ; que, quant à lui, il n'acceptera d'emploi qu'autant que les principes et les hommes de la Révolution seront maintenus et qu'il n'y aura aucune réaction; que, quant à la cocarde, on n'a pas pu vaincre l'obstination du Roi, et que Castelreagh a dit qu'il continuerait à faire la guerre h cette cocarde; il m'a dit ensuite de m'adresser au maréchal Saint-Cyr, qui doit être demain ministre de la guerre; il a repoussé Clarke, accusé d'esprit réacteur. 11 croit que Saint-Cyr ne déplaira pas à l'armée; il me semble que Macdonald aurait mieux valu, à cause de sa position mitoyenne. Le duc m'a dit de revenir demain chez lui et de ne parler que lundi. J'attendrai vos ordres sur cet objet.

D'autres nouvelles nous apprennent que l'ennemi suit le mouvement de votre armée et qu'il est acharné à la vouloir détruire, moins dans les intérêts du Roi que pour satisfaire sa haine et son ambition et pour s'assurer de l'avenir. C'est ce qui fait désirer au Roi la soumission de l'armée.

Dans cet état de choses, il faudrait assembler un conseil des principaux chefs et établir certaines bases très modestes, d'après lesquelles nous pourrons négocier avec le maréchal Saint-Cyr et avec le Roi, par l'intermédiaire du général Maison, si vous nous y auto-

LE SaBÊ«.HAL DaTOUT.

r--^- ;.LT ^"Trr»: re^CTÎt* à deux pers^»nne>, nous aurions ":h-. Li iz.- ^-:c*j*^- qui >>Qmit Wre le général :■ zi'.r •-rJl*. L îiz: •:•. iïîr <ks per«->nne< qui n'aient rj*c fi :•* 'z^L:'L?rzl^i m nlnt le* E>arb-'kns.

11 riiin.: ri?* là ;j\*«è!D# per5*jnne que vous nous i: -iLr^s- iji-k -n* t^:-* c-ndres. arrivassent demain I11..I tl: > Uziztr^ pc«rf<-?. et- {►i-ur sauver la France. - l'ir. ^•i-='?««Lsiï«seat que t^ns les Français se :- -::s?^i: L'irr**^ -e p»:'crrail pas exister longlerops >i.i- r --^n-irjec:- e-II* *« di^^^^r^ndrait elle-môme. de- •'■.:-:•*: ■•î:-îcs» i^x LôiUnts: plusieurs feraient leur :.:! :»ir-' lL f r*. -?; > r>fste serait sacrifiée l'ennemi, >z L i -1 ïT-^as:^ dr parti Pluraliste. En un mot, il fi .: ir.' firrès I^ 34aw-s pna«:ipes qui ont faitcapi- :-1t: :• 1' ?ir>. •:*e^î-»-iire «v^nserver Tannée pour : ^ : f -..:•- 1 Eit: •: - ;7^ l'êtrineer et la liberté contre les

Là f-L-i-r ra:::r-Le ûect enc»>fe i sa cocarde, et le irirniu :r:::I:r»» i:;:e pft:tr>Qt. Mais j"ai déjà remar- :-f :-■ zii::2">:Aio:uDd"->flîcier*de la garde nationale siu- •:jLrie. J*jLi ra 112 farde du c«>rps auquel on ne :.<..: jlv.s :-.t:: : le F-e--/Ie semble sliabituer déjà à son

J-: :f r.è:e. 2:.::s:eur le marêchaK qu'il faut que vous r. . u- r-v Y.ci 'i-r:::i::i des -^Ires et des pouvoirs, sans ..r: • -^ is .:*j.:î;rrns Pjirls p:-ur n'ètie pas exposés à t :r^ re'.r-us p.ir lennrnîi et p>ar ne pas séparer noire < :*. îr :e*-.:i .:■? l'irrnee.

Lo priiiv-e 'iXssIinc 1 en«>."»re insisté hier auprès du K : r- '.:: Ix ' • A:^ie et lui a fait connaître le danger qui! y aurait à la f.ure quitter. Le Roi a été inflexible e; le îr.are\'hal a •l'acè sa démission ptiur n"«ytre resp»:'Us.i:»Ie de rier*.

Le duc d'Otrante pense que TEmpereur Alexandre sera à Paris dans trois jours.

Je suis avec respect, monsieur le maréchal, votre très humble serviteur,

Le lieutenant général

Haxo.

du même au même.

Paris, le 13 juillet, à deux heures.

Monsieur le maréchal,

F^es difficultés que nous avons éprouvées pour vous faire passer de nos nouvelles nous font craindre que toutes nos lettres ne vous soient pas parvenues : nous vous instruisions, dans les dernières, que nous avions complètement échoué et que le ministère ne voulait recevoir de Tarmée qu'une soumission pure et simple au Roi, conçue à peu près comme l'adresse dont nous vous avons envoyé copie et qui a paru bien, malgré la dernière phrase.

Le ministère a mis dans toute cette affaire une espèce de roideur et d'indifférence qui nous a engagés à demander des passeports pour aller vous rejoindre : on nous les avait promis pour aujourd'hui, mais peutêtre ne les aurons-nous pas.

En attendant, nous lisons dans les journaux que tous les régiments de cuirassiers et la garde impériale ont fait leur soumission ; nous ne le croyons pas, quoiqu'il soit certain qu'on a vu des colonels retournant à l'armée avec des passeports prussiens. Le colonel Planzeau s'est écrit chez le comte de Valmv.

M. Libi est arrivé avec le duplicata de votre lettre

du 11 et la note écrite que vous lui avez donnée. 11 y est dit que vous avez des têtes de pont sur la Loire; mais nous croyons que vous ne pouvez pas les garder sans contrevenir aux conditions de TarmisticeduS juil« Ict.

Nous avons, ce matin, tout communiqué au ministre de la guerre, en y ajoutant tout ce que notre patriotisme a pu nous suggérer pour amener h une conciliation, ou au moins à des promesses verbales. — « Je vouîi ait dit vingt fois, » nous a-t-il répondu, « ot je vous répète pour la vingt et unième, qu'il m'est défendu de recevoir de Tarmée autre chose qu'une soumission pure et simple. Comptez, d'ailleurs, que le Roi fera plus que vous ne désirez. »

Nous avons frappé à d'autres portes et n'avons reçu que des réponses semblables : partout on nous a dit que notre résistance favorisait les projets des alliés et qu'une soumission conditionnelle ne suffirait pas pour les arrêter; qu'elle ne serait considérée par eux que comme une ruse et l'indice du projet de recommencer après leur départ, et que cela ne suspendrait pas leurs opérations hostiles contre l'armée. Voilà ce que disent les ministres des affaires étrangères, des finances, de la guerre, le préfet de police, etc. Peut-être cela est-il vrai en partie, peut-être le ministre, trompé par la soumission du général Milhaud, croit-il que les autres corps vont suivre son exemple ; peut-être aussi y a-t-il des gens à qui l'idée de voir détruire l'armée ne déplaît pas, ou qui, du moins, ne craignent pas de le risquer pour la recQvoir sans conditions et en faire ensuite ce qu'ils voudront.

Dans cet état de choses, ne pouvant plus négocier, nous vous engageons, monsieur le maréchal, h rélléchir

avec les chefs de Tarmée sur la situation de la France, sur les projets des alliés, sur leurs actions qui ne sont pas d'accord avec leurs déclarations antérieures, et à voir s'il ne serait pas possible d'amener l'armée à une soumission pure et simple, seul parti qui reste (à notre avis) pour rallier les Français.

Voilà notre opinion qui ne doit, au reste, influencer la vôtre qu'à cause de la connaissance plus exacte de rétat des affaires que notre séjour ici et les communications que nous avons nous donnent.

Si vous prenez ce parti, vous pourrez nous envoyer l'adresse de soumission, dans le genre de celle que nous vous avons communiquée, signée de vous et du plus grand nombre de généraux et d'officiers possible. Nous la remettrons au ministre, qui nous promet, d'ailleurs, qu'on n'aura qu'à se louer de la bonté du Roi.

Nous ne partirons pas sans une réponse de Votre Excellence à cette lettre.

Nous sommes avec respect,

Signé : les lieutenants généraux : comte Gérard,

comte DE Valmv, Haxo.

— J'ai passé chez Dessolles et lui ai parlé de notre situation, il entre dans nos intentions, il m'a promis de parler au Roi et de lui demander une audience pour nous; il m'a promis réponse si nous obtenons audience, et si elle a quelque résultat, vous en serez instruit immédiatement.

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