A MARSEILLE
Le 17 mai 1815.
Monsieur le maréchal,
Je reçois vos lettres du 1 1 mai, et je vous envoie un duplicata de celle que je vous ai écrite hier. J'ai soumis à TEmpereur vos rapports. Je n'ai point reçu la réponse de Sa Majesté; mais, monsieur le maréchal, puisqu'il y a eu des voies de fait, puisque les lois ne sont pas respectées, je prends sur moi de vous autoriser à mettre Marseille en état de siège. Je suis persuadé que l'Empereur ne me désapprouvera pas.
Il faut en finir. Prenez des mesures d'état, faites trembler les agitateurs, faites arrêter le sieur d'Albertas, l'ancien préfet, l'ancien maire, et tous ceux reconnus pour boutefeux, faites-les conduire au fort Lamalgue. Si vous avez besoin de troupes pour appuyer ces mesures, écrivez au duc d'Albuféra, pour qu'il vous en envoie en poste, en leur faisant faire trente lieues par jour. L'Empereur nommera des commissaires qui feront une enquête pour juger les agitateurs et agents de l'étranger qui veulent à tout prix allumer le flam-
1 On voit quelle importance le maréchal Davout attachait à la réunion des documents historiques au ministère de la guerre; ce rapport nous a décidé à nous séparer de la part, qui nous revenait de droit, des précieux papiers du maréchal prince d'Eckmùhl pour les offrir aux archives de ce département, ainsi que le désiraient les deux autres cohéritiers.
lk^u «ir la sutm cirile dans notre patrie. Je vous i:rr>>f "-c notequ: m"a été remise par un Marseillais. V: .!< r\z^ îcr les lîeox. \*'»us êtes à même d'apprécier les zic>ure> qo"îl pnjpose. Déployez beaucoup de \.^i^'^, faites arrêter une cinquantaine de soi-disant nienr::rs. désarmez la garde nationale, armez-en une qzî y^AX c-'.-mi^i'sée de b^ïns citoyens, sévissez contre les roe^ilrrs perturlatr-urs« et vous aurez ôté toute espérir.:e i nos ennemis. Combinez vos mesures dans le plus çrand secret avec le général Verdier, et que Teiécuti: n s-i'it nn coup de tonnerre. Si vous avez besoin des braves cardes nationales du Danpbiné, elles marcheront. Vous trouverez ci-joints des ordres pour le duc d'Albuféra. pour le général La Salcette, qui commande là T* •i:visi«>n.
Vous ne ferez usage de ces lettres que si vous le jugez néoessaire. Je les préviens par ce courrier.
11 faut faire arrêter aussi le sous-préfet, qui dans le
temps a relàcbé le général , que le prince d*Elssling
avait fait arrêter, ainsi que le maire de Grasse. Enfin que dans toute votre division, le même jour et à la même heure, les projets des ennemis de notre Empereur ou de notre pays, — la cause est la même*,—
^ lyy f^yi^tnif tif notre Empereur ou de notre pajfs, la cause eit la rt.^'rtie : tout le secret Je la conduite da maréchal est là!
Nous compleierons cette lettre par le passage d*an autre ordre, e:.^emeni adresse au marei'hal Brune, à propos des agitateurs de Marseille, qui témoigne, dans sa rapide incorrection, d'une prolonJe connaissance des hommes : • Que Ton se persuade bien qu'il ne faut pas de demi-mesures. Il faut étourdir toutes les têtes du même coup, c'est le seul moyen pour les rappeler à la raison et nu bon ordre : leur faire plu* de peur que de mal pour atteindre le but désiré. On peut être sûr d'avance de la réussite en 8ui%ant cette maxime. •
soient déjoués et les principaux chefs arrêtés, mais point de demi-mesures.
Un si sombre intérêt s'attache à la mémoire du maréchal Brune, victime infortunée des lâches passions politiques, toujours prêtes à assassiner, rarement disposées aux loyaux combats, que nous faisons suivre ces lettres d'une page pleine de noblesse écrite par la maréchale Brune au prince d'Eckmuhl.