‹ Le maréchal DavoutChapitre 29 sur 52 · PRONONCÉ PAR M. LE MARÉCHAL DUC D*ALBUFÉRA · texte numérisé non relu

PRONONCÉ PAR M. LE MARÉCHAL DUC D*ALBUFÉRA

« Messieurs,

« Je viens, d'après un noble usage suivi religieusement parmi nous, rendre un hommage mérité à la mémoire d*un de nos illustres collègues.

* « Le maréchal prince d'Eckmiihl avait des droits à notre estime par la réunion de toutes les vertus guerrières, qu'il a constamment professées depuis son début dans la carrière militaire jusqu'à la fln de ses glorieux travaux.

« Jeune, il vole à la défense de notre territoire, menacé d'une invasion étrangère. L'amour de la gloire, ce sentiment inné dans le cœur des Français de tous les temps, le conduit dans ces bataillons de volontaires qui fournirent tant de grands généraux. Son courage l'élève à tous les grades.

« Général, il donne à l'armée l'exemple de l'intrépi-

430 LE MARÉCOAL DAVOUT.

dite: il déploie une rare fermeté de caractère; toutes ses actions sont marquées au coin de la plus mâle énergie.

* Gouvernenr de provinces conquises, il donne la mesure de sa sagesse et de sa prévoyance. 11 maintient une sévère discipline parmi ses troupes. S'il contient les peuples dans le devoir, il allège les maux inséparables de la guerre. Il est probe, il est désintéressé.

« Tel a paru le noble maréchal, dont nous déplorons laperte'prématurée; tel et plus brillant, il paraîtra dans l'histoire.

« Pour vous faire connaître ses titres à nos justes regrets, permettez-moi. messieurs, de retracer à Vos Seigneuries les actions principales qui ont établi sa haute réputation.

« Davout ^Louis-Nicolas}, duc d'Auerstaëdt, prince d'Eckmûhl, pair et maréchal de France, naquit le 1 0 mai 1770 à Annoux, département de l'Yonne.

« Issu d^une ancienne famille noble, il reçut une éducation militaire., et entra en 1787 comme souslieutenant dans le régiment de Royal-Champagne cavalerie.

<f En 1791, il alla se placer dans les rangs des volontaires. Nommé chef de bataillon dans le 3^ bataillon de l'Yonne, il fut envoyé au camp de Maulde, et fit la campagne de Belgique, sous les ordres de Dumouriez. II se distingua dans toutes les affaires, et surtout à la bataille de Ner^înde, où il mérita le grade d'adjudant général. Forcé de donner sa démission en juin 1793, il alla partager à Auxerre la prison de sa mère.

« Rendu à la liberté par l'événement du 9 thermidor, Davout retourna à l'armée, et fut élevé au grade de général de brigade.

'c Cest en cette qualité qu*il fit la campagne de 179i à Tarmée de la Moselle.

« Au siège de Luxembourg, après avoir battu et rejeté dans la place les troupes du général Bender, DaYout conçut le hardi projet de détruire le seul moulin qui fût à la disposition des habitants. A la tète de iOO grenadiers des Vosges, il pénètre de nuit dans les ouvrages avancés à travers les palissades, surprend Tennemi, et fait sur-le-champ abattre ce moulin. Par cette audacieuse expédition, il contribua à la prise de cette redoutable forteresse,

« Employé à Tarmée du Rhin sous les ordres de Moreau, en 1795, il partagea les dangers honorables de la défense de Kehl, et mérita Tamitié de l'immortel Desaix.

« A Touverture de la campagne de 1797, il prit une

part glorieuse au célèbre passage du Rhin, à Dicrsheim.

« Celte première guerre ayant été terminée par le

traité deCampo-Formio,il s'embarqua à Marseille pour

aller servir en Egypte.

« Cette mémorable expédition, à laquelle concoururent tant de braves généraux, tant de savants distingués, fera époque dans ce beau pays, jadis le berceau des arts et de la civilisation, et la France pourra jouir plus tard avec orgueil des germes féconds qu'elle y a semés pour la future régénération de ces fertiles contrées.

« Si nous suivons le général Davout sur les rivages d'Alexandrie, sur les ruines de Thèbes, dans la haute Egj'pte, si riche de grands souvenirs, sur les bords du Nil, partout nous le voyons déployer la môme intrépidité contre la fameuse milice des Mameloucks et contre les Turcs.

' Zar.'trïf -fn. taiiè*- J. ii .a. r'ïiirtâ* 'raniD^zo^ qui iiTitrn^ JL laix le linufTiilt*. -**'! at* 3r>irïa ç^aq Mincîo

JLâaïUiUie jmT "ul jeaa :r:ii£ te mm&rï^uè. <Th.irgé de rj^moèirtr^r in nnoit^ -nan^t'ni^L micre OJtlëCTe. dans le ! >mmanif>*?nmc ut S ma .snirât* «îe rirm»^^ diulie. il imt -KIT Jii ie s^ jomiir -««HiiiiiiLeiiC à .tiOffeine ravant-

I-i T^uir- m :nii«» f Amiens ivaîî fait reprendre j» ôu-niike:* !»iin?* l'Aoïûtiterre. DVistéiid^t à Brest, ut> •amn?? ••liTTaitaïc a.»>?f '.'ùte^. De< ptKt* creusés, des LTTiLeaieax:? .-i::*=^aibit!t? 'ie c>}ii£e> Diirts. arm^acaient le

riOtîrtîr inià ii»*!*»!!!** -sor I»» riraaes iioi s'offraient lin r^^ar^ts iri iH«L'NM> s*>iiials avûies de doire. Davont •!':aiiiLiiiiLiit Je 'amp ►i"»]»î*%eiiiie. là il s'exerçait au ■!î-aKii.iii»t»faiieïi: -^a »rât»t'. Iiîc^fali fat créé maréchal le ^OLiL 1>U. niyaat encore iioie treatenjuatre ans.

4 De ciois cû4é>. a*:>!^ fl^:>ttiiLe» airaîeni Tordre de se rêonsr tLios Ie> p«:rts da camp de B»aloCTe.

* La ll•:•wtiII•!^ îir,iiioj-baLiTe. j*>iate à celle d"Os tende, x^iLi âeur^^iiâement atteint Calais sons les ordres de LL^ile amiral Veriiael. noire noble collègue. Il lui restai: à d>abler le cap Grinez en présence d'une flotte anzUire de ^4 voLie^. d-int sept Taisseaux de ligne. La mani:Fovre était périlleuse: ramiral prend sur lui d'en !rarant:r la réussite . Le maréchal Davont^ témoin d'une si téméraire rés«>lution. nlié^le pas à la partager. 11

^ n j a ki xme I**gèr»? err^-r : oioas aTK>iiâ raconté cette expédition 2a comm^nceuï^iïZ l^i rolTzne intxtslè : J nuées tk commande- Ment.

ÉLOGE FUNÈBHE. 433

s'embarque avec l'amiral sur la même chaloupe canonnière, dont les voiles sont criblées par la mitraille de quatre bâtiments anglais. Enfin, après avoir bravé tous les dangers, notre petite armée navale entre dans le port d'Ambleteuse, à la vue de la population des deux rives qu*un temps superbe avait rassemblée, aux acclamations des troupes françaises.

<< Bientôt Tenvahissement de la Bavière par les Autrichiens ralluma la guerre en Allemagne. La Grande Armée tout entière fut dirigée des bords de la Manche sur le Rhin. Le maréchal Davout eut le commandement du 3® corps, qu'il avait formé au camp d'Ostende. Victorieux dans les combats qu'il livre sur le Necker, sur Tlnn, dans les gorges de Marienzell, il arrive à Vienne, passe le Danube, se porte sur Presbourg, surprend le pont volant établi sur ce fleuve, et conclut avec les Hongrois une convention de neutralité.

« Dans ces entrefaites, il reçoit l'ordre de quitter précipitamment la Hongrie pour venir en Moravi^ C'est alors qu'il exécute une marche étonnante. l\ s& rend de Vienne à Sokolnitz en trente-six heures, arrive à temps pour battre la gauche de l'armée austro-russe à Austerlitz, et contribue par cette incroyable rapidité au gain de la plus éclatante victoire du siècle, couronnée par la paix de Presbourg.

« La Prusse ayant déclaré la guerre à la France, le 6 octobre 1806, la Grande Armée marcha, après neuf mois de repos, à la rencontre de l'ennemi.

(c Dès le début de cette campagne mémorable, une

des plus grandes fortunes militaires vint s'offrir au

maréchal Davout. Non loin de Rosbach, il est appelé à

venger l'honneur des armes françaises, et à triompher,

Page 1