‹ Le maréchal DavoutChapitre 38 sur 52 · LETTRE A · texte numérisé non relu

LETTRE A

Il est bon de connaître la vie et de pénétrer le caractère des ennemis de ceux qui nous sont chers; nous avons donc lu avec la plus scrupuleuse attention les Mémoires de Charles XIV- Jean, roi de Suède et de Norvège.

L'âme de Bernadotte se lit au travers de ses discours et de ses lettres. Doué comme les Béarnais, souple, intelligent, Charles-Jean avait une grande dose d'astuce dont il s'est habilement servi au profit de son ambition, donc au profit de la Suède, le bonheur du pays qui l'avait adopté étant inséparablement uni à sa propre gloire et à son propre bonheur. Nous comprenons 1 excellent souvenir qu'il a laissé dans le Nord, et nous résumerions volontiers la vie de Bernadotte par cette épilaphe : « Ci-git un prince élu, qui fut aussi mauvais Français que bon Suédois. »

Bernadotte ne saurait d'ailleurs ici nous occuper que par rapport au maréchal Davout, et nous dirons que, si le prince de Suède blâma naturellement l'entrée de l'armée française en Poméranie, il avait l'esprit trop pénétrant et il connaissait trop Napoléon pour en accuser le prince d'Eckmûhl. Peut-être cette fois, comme il

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