L. ü.wour
Varsovie, le 12 août 1808.
P. S. Permettez que monsieur le prince de Radziwill trouve ici la même invitation de ma part
1. L’incendie ile l'habitation d’été du Maréchal, charmant palais, tout en bois, qui brûla comme un paquet d’allumettes. .Ma mère m’a souvent raconté qu’elle s’était sauvée avec ses enfants dans les bras et qu’en dehors de ses bijoux, arrachés au feu par le dévounient de sa femme de chambre, il ne lui resta rien de tontes les élégances de cette délicieuse demeure, ni des parures apportées de Paris.
2. Cette lettre fut-elle adressée à la spirituelle et originale princesse lladziwill que les souvenirs de la comtesse de Choiseul Goiiflier nous montrent demandant ù l'empereur Alexandre de lui céder une portion de terrain afin d’agrandir l’Arcadie, sa demeure favorite'? Le ministre Novosittzoff mettant peu d'entrain dans son obéissance aux ordres de l’empereur, la princesse s'écria en s'adressant à Alexandre : « Est-ce ma faute si je n’ai pu terminer celte affaire avec deux Primats et Davout !.. Ils ont tous dégringolé; mais vous, Sire, j’espère que vous ne dégringolerez pas ! ».
LE MAUÉCHAL DAYOUT
Varsovie, mai 1808,
Les fêtes doimécs à l’occasion de la naissance du prince Joseph Poniatowski avaient pris lin et la plus grande partie de la haute société Polonaise quittait Varsovie, quand arriva une dame destinée à tenir la première place en cette société ; je veux dire la maréchale Davout, duchesse d’Auerstaëdt.
Son arrivée tardive ne l’empêcha pas d’être accueillie, dès son entrée dans les limites du grand duché, avec les mêmes honneurs, à peu près, que ceux qui avaient été rendus précédemment à la famille royale. Elle lit son entrée à Posen au milieu de salves d’artillerie et des éclats de la musique militaire. Les troupes françaises et polonaises faisaient haie sur son passage. Dès ([u’elle fut descendue dans l’appartement qui avait été préparé pour elle, les autorités civiles et militaii’es vinrent lui rendre leurs devoirs.
Le soir, la ville fut illuminée. Après un séjour de trois jours, les mêmes honneurs accompagnèrent son départ. Elle ne se rendit pas directement à Varsovie, mais s’arrêta quelque temps dans la maguilique terre de son mari (jui ne devait pas en rester longtemps possesseur; la terre de Skiernicwice.
Ce fut le 21 mai seulement qu’elle lit son entrée triomphale à Varsovie, en compagnie du maréchal.
Le prince Joseph fut à sa rencontre avec une escorte d’officiers polonais. Tous les généraux français en lircut autant, ainsi (^u’uno quantité innombrable d’officiers et de personnages civils.
Tout ce monde accompagna le couple illustre, à cheval ou en voiture, à travers toute la ville jusqu’à la
COKHESPONDANCE INÉDITE 93
rue Napoléon jusqu’à l’iiôtel Popper où demeurail le raaréclial.
Les troupes polonaises et françaises bordaient la rue des deux, côtés et la niusi(iue ne cessa de jouer. Immédiatement après son arrivée, toutes les autorités vinrent rendre leurs devoirs à Madame la maréchale. Le soir riiôtel de ville et tous les édilices publics furent illuminés. Enfin, le lendemain, les dames de qualités restées à Varsovie vinrent se faire [u’ésenter.
11 nous semble curieux de faire succéder à ce récit trioiiiplial la lettre par la(iuello le maréchal demandait à Napoléon rautorisatiou d’aller audevant de celle que la Pologne avait ainsi fêtée.
LETTHE nu M.VnÉCUAL UAVOL'T A l’eMPEÜEUU
Sire,
Votre Majesté m’ayant autorisé à faire venir ma femme, je viens d’apprendre (pi’elle est en route. J’ai ])rié S. A. le major général de demanderà Votre Majesté de me])urmettre d’aller au-devant d’elle justpi’à Vienne. Je n’userai do cette permission <pie lors(|ue je saurai le moment de son arrivée, et seulement dans le cas où le l)ien de votre service ne pourra souffrir do mon absence.
J’ai riioimeur d’être. Sire, etc.
Duc u’Auehstaedt.
t. Ci-ilevant el ci-après la rue Mioilowa.
Brüiiii le 2 octobre 1809.
Le major génértil lui répoiulra (ju’il n’y a pas d'inconvénient.
Schoeiibrün, le 3oct. 1809.
Revenons maintenant aux « Obrazy » de M. Falkowski.
Le soulagement apporté au trésor du grand duché par l’ordre donné au corps du maréchal Davout de payer toutes les Iburnitures qu’il recevrait des habitants (à partir du mois de juin 1808) ne fut pas uniquement un effet du bon cœar de Napoléon. Le trésor du grand duché se trouvait dans l’impossibilité malérielle de supporter celte charge et, d’autin part, dans les plans aventureuxde l’empereur, le corps du maréchal Davout n’était pas destiné à demeurer longtemps dans le grand duché. Dès le commencement de décembre 1808, en effet, ce corps passa en Silésie et eut son quartier général à Brcslau. Davout conserva encore quekiue temps le commandement supérieur des troupes polonaises et saxonnes; mais il se démit du commandement immédiat des divisions polonaises en faveur du prince Joseph. Il n’abdi(|ua également pas la surveillance politique du duché, et le commandement de la place de 'Varsovie fut par lui confié à un officier français, son subordonné, le colonel Saunier L
i. Voir, à l'appendice, différentes lettres adressées au colonel Saunier ou le concernant : ces pièces témoignent du cas que faisait le maréchal Davout de la façon de servir de cet officier.
CORRESPONDANCE INÉDITE
Après les intéressantes traduclions de M. Waliszewski, nous donnerons nne belle lettre du maréchal, adressée do Passau, le ISjanvier 1810, au général comte Zaluski, puis deux ontrois lettres adressées au colonel comte Potocki. Nous le répétons avec botdieur, les remarquables rapports de ce dernier, visiblement adressés « à un ami de la Pologne », offrent un intérêt aussi grand pour l’bistoire de la patrie du comte que pour riiistoire du maréchal Davout. Aux témoignages imprimés, autbenti(pies, de la haute estime en laquelle les vrais Polonais, les Polonais de cœur et d’esprit, tels que le général comte Zaluski, tenaient le duc d'Auerstaëdt, il nous est doux d’avoir pu joindre l’intelligente et flatteuse opinion du comte Félix Potocki. Le comte Zaluski, comptant parmi les ancêtres de son nom un illustre historien, félicité de son consciencieux et admirable travail par un juge éminent, par le pape Clément XIV, savait que la terrible et fatale loi d’envie propage pins facilement le blâme (pie l’éloge ; il a donc réclamé énergiquement jiar esprit de justice, dans un très éloquent volume ', contre les légèretés bistoi’iijues avancées par MM. Tbiers et Yillemain, à jiropos d(( la conduite tenue par la maréchal Davout en Pologne.