‹ Le Maréchal Davout, Prince d'EckmühlChapitre 35 sur 63 · LE MAUÉCIIAL DA V OU T · texte numérisé non relu

LE MAUÉCIIAL DA V OU T

Iraversa uiu' socondo fois avec los mémos (lang'ors cl los méiiK's (liflicnllcïs (|ui ravaii'nt arrêla la promioro.

Arrivé dans la cour du cliàloaii, il remar(|ua un grand mouvomonl. de Iraius d’oijuipago, d’ofliciers à clioval.

Surpris do colle activilé inalleuduo, il s’informa dos causes do ces préparatifs auprès do M. de IMoularan, écuyor do service, qui lui apprit que rEmperour allai l lui-même mouler à cheval pour se rendre à rarrnée.

Celle (lélermiMaliou élail complèlemenl opposée aux inslruclions du Gouveruemenl provisoire, lequel avail rejelé les olfres failes par Napoléon de se reine lire à la fêle des troupes, non plus comme Empereur, mais comme simple général, afin de tenler un dernier elforl. Le comle Beker invila l’écuyer à allendre de nouveaux ordres de l’Empereur qui pourrail peut-èlre modifier ses desseins, après avoir pris connaissance des fails qu’il allait lui transmettre.

Peu d’iuslanls a[»rès. il fut introduit dans h* cabinet de rEmperour. Napoléon y était seul; son costume, en elfet, annonçait une intention de départ; il portait un habit brun, la culotte blanche et des bottes à l’écnyère.

En abordant Votre Majesté d’un air aussi affligé, lui

CORKESPO.NDANCE INÉDITE

dit le généra], je lui fais pressentir que je n’ai pas réussi dans ma mission. Voici un liillet pour M. le duc de Bassano, de la part de M. le duc d'Otrante, président de la Commission du Gouvernement.

11 expliipiera à Votre Majesté les considérations qui s’opposent à l’exécution de ses projets. J’ai demandé ce titre alin de lui prouver que j’ai fait tous mes efforts, pour faire agréer au Gouvernement provisoire les dernières offres de ses services. Ne voyant plus ici M. le duc de Bassano, je remets ce billet entre vos mains, eu vous assurant qu’on est très pressé aux Tuileries d’apprendre votre départ pour Rocliefort. Car il paraît que l’ennemi marche à grands pas sur Saint-Germain et Versailles, et ([iie le moindre délai pourrait coinfiromeltre votre personne.

Il raconta ensuite fous les détails de cette couversaliou si reuiarijuahle avec le duc d’Otrante, et déjieiguit l’aspect des Tuileries.

L’Empereur, étonné de la Vésistauce que son message avait rencontré auprès de la Oommission exécutive, mais sobre de réflexions sur tout ce qui intéressait sa position, sans s’appesantir sur la singularité de cette scène, ni sur la bizarre prépondérance (jue le présidmit s’était arrogée sur ses collègues, dit avec humeur :

Ces gens-tà ne connaissent pas l’état des esprits, en refusant ma proposition ; on s’en repentira. Donnez en conséquence des ordres pour mon départ ; lorsqu’ils seront exécutés, vous viendrez me prévenir.

LE MAUÉCIIAL DAYOUT

Depuis plusieurs jours , les préparatifs de voyage étaient disposés, le mode de transport assuré. On se rappelle ([ue, d’après les termes du passe-port délivré par le comte Btudier, Napoléon devait partir seul avec le général Deker, dont il serait censé être le secrétaire, et qu’il ne leur serait adjoint (pi’im domestitpie. Ce mystère, cet arrangement singulier semblaient l’avoir contrarié. Il était d’autant plus sensible à cette mesure (ju’il n’avait point été consulté à cet égard.

Le général, empressé d’adoucir cette liante infortune, voulant épargner à Napoléon la tristesse , d’un si long tète-à-tète, lui avait proposé, au lieu d’une cbaise de poste, une calèche qui lui permettrait d’emmener deux personnes de sa suite. ' Le changement agréé, il lit atteler une calèche à quatre places, simple, sans armoiries, traînée par quatre chevaux, deux postillons, un courrier en avant.

Quand tout fut disposé, l’équipage alla s’établir à la petite porte du parc pour éviter de traverser la cour du château où tous les serviteurs i attendaient l’Empereur au passage. Le comte i lieker entre alors une dernière fois chez l’Ein- J pereur pour le prévenir que tout est prêt, que la ■ voiture stationne en dehors du parc. Naj)oléon, i toujours dans le même costume, sans proférer |

COHUESPONDANCK INÉDITE

1111(3 parole, prend son chapeau rond (h'po.sé sur son secrétaire, suit le général et traverse le vestihuh', pour entrer dans le jardin, avec un calme et une sérénité ipii arrachent des larmes ahondantes à tous ses serviteurs, tons ses soldats, (pii, dans cette séparation, voient s’anéantir leur dernière espérance. Arrivé à la porte du parc, où la calèche l’attimd, il y monte rapidement : le (Irand Maréchal comte Hertrand s’asseoit à son cot(3 ; ^■is-à-vis (h( lui se place le duc de ]lo\'igo, et le général Heker en lace du (Irand Maréchal, lin valet de chamhre s’étahlit sur le siège, (d,, le 2!) juin, à ciiKj heures dn soir, an milieu d’uii sileiici' prolond, le galoj) des chevau.v emporte vers l’e.xil le monaiapie détri'mé.

D’autres voitures suivaient à (pi(d(pie distanci', et, tandis (pic rEiiipereiir prenait la routi' de Kochelort, par Kamhonilhd, (d Tours, uiu' partie de sa suite se rendait à la même (h'stination par Orléans, de peur (pi’iiii monveimmt troj) considérahle sur la même ligne ne donnàl, l’éveil et n’entraînàt ipiehpie ridard ou ipiehpie tentai iv(‘.

Le tiouvernenient avait n'commandé an général de lui annoncer C(( départ dès (pi’il serait arrêté. Celui-ci, avant de s'éloigner, avait informé la Commission de cette détermination, dans nne courte dépêche au Ministre de la guerre.

LE MARÉCHAL DAYOUT

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