DEUX LETTRES COMPARÉES
Aux émouvantos pages de celle hrocliure portant rindisculal)]*' accent delà A érité, pages écriles par un ami lidèle de l’Empereur et ((ui le montrent llottant entre cent pensées diverses, nous ferons succéder deux documents contradictoires, reliés cependant par une même pensée d’injuste blâme. Nous entendons ici parler de quebpies lettres traduites do la correspondance de la famille Mendelssohn. j)uis de ({uebpies paroles de madame Cam})an, adressées à la reine Ilorlense.
Voici d’abord ce que dit 31"® Meudelssolm, gouvernante de Eanny Sébastiaiii, devenue bêlas! la ducliessede Praslin ' :
« Je puis vous raconter comme un trait remarquable que ce terrible Davout, la terreur du Nord, le provocateur de sontfrances indicibles, ne montre aucune volonté chez lui; il n’a pas le courage de commander quebpie chose au moindre des domesti(iues, sans le consentement de sa Maréchale, qui gouverne sa maison avec la même rigueur intlexible que lui les pays vaincus.
1. Die familea Mendelssohn, 1727-1847. Ilensel. beilin, 1879.
« Notre compagnie journalière, c’est le maréchal Davout, sa femme, qui exerce le commandement de la maison, et ses enfants. La première fois qu’il a entendu mon nom, il a demandé au général Sébastian!, qui justement se trouvait là, si j’avais des parents à Hambourg, ayant connu là des personnes fort honorables et estimées de ce nom.
« Presque tous ses domestiques sont Allemands ; ses filles apprennent l’allemand très sérieusement, et chaque fois que je le vois, il me demande de lui dire si elles en savent quelque chose. La vie politiijue de cet homme m’est inexplicable en le voyant chez lui et avec ses enfants. Il est un père, tel que seul Abraham a su être ainsi père, se mêlant à leurs jeux de tout son cœur. Sa fille ainée, une enfant de quatorze ans, est la créature la plus douce que je connaisse L
« Je n’ai trouvé qu’une façon de m’expliquer les horreurs commises sous son gouvernement. Il me parait peu intelligent, lourd et ignorant. Chez lui il est sans aucune influence et il a dû être le même pendant son commandement : un misérable quelconque aura agi à sa place ! Qu’importe aux pauvres vaincus, et n’est-il pas plus coupable encore d’avoir laissé commettre de telles atrocités ! »
Le Mémoire de Hambourg répond avec éloquence à cette diatribe de vaincue, bossue, spirituelle, haineuse, et jugeant avec sa passion; cependant le témoignage étonné de M'*® Mendelssolm a bien son mérite d’affirmation à l’endroit des qualités de cœur et de bonté du maréchal Davout.