ORDRE DU JOUR
Berlin, le 30 octobre 1808.
S. E. monsieur le Maréchal duc d'Auerstaëdt saisit les premiers moments de son arrivée à Berlin pour faire connaître aux troupes sous ses ordres que, par décret impérial du 12 octobre courant, l'Empereur et Roy a dissous la Grande Armée à compter du 15 dudit mois et en a formé une nouvelle sous la dénomination d'armée
du Rhin, dont elle a daigné lui confier le commandement en chef.
Et que, par même décret, elle a nommé chef de Fétatmajor général de cette armée M. le général de division Compans ;
Commandant Tartillerie, M, le général de division Haenicque ;
Commandant le génie, M. le général de brigade Touzard ;
Inspecteur en chef aux revues et intendant général, M. l'inspecteur en chef Willemansy ;
Ordonnateur en chef, M. le commissaire ordonnateur Chambon ;
Payeur général, M. Roguin.
Lesquels sont en fonctions depuis le 15, jour de la formation de Tarmée.
Son Excellencene peut que recommander aux troupes du 4* corps qui font actuellement partie de l'armée du Rhin de conserver sous ses ordres le bon esprit qu'elles ont toujours montré sous ceux de leur digne chef. Son Excellence le duc de Dalmatie; de son côté, elle regardera toujours comme un de ses devoirs les plus agréables, celui de s'occuper comme lui de leurs besoins et de leur montrer le même empressement à faire récompenser leurs bons services.
S. E. met au nombre de ses devoirs, qui lui sont le plus particulièrement recommandés par notre bien-aimé souverain, de veiller au bien-être de ses troupes.
Elle recommande à tous les corps le souvenir de leur gloire, l'amour de leurs devoirs et surtout leur grand respect pour les lois de la subordination et de la discipline; c'est «ninsi qu'ils prouveront leur amour et leur fidélité à Napoléon le Grand. Pour être dignes d'être des
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soldats de notre souverain, il faut allier à la plus rare intrépidité la meilleure discipline.
Monseigneur,
Sa Majesté, par son décret qui dissout la Grande Armée et détermine la composition de celle du Rhin, a ordonné que ses troupes en Allemagne, à l'exception des 12,ti00 hommes qui composent la garnison de Magdebourg, et qui doivent être nourries par la Westphalie, seraient nourries de ses magasins.
Je dois tirer de cette disposition la conséquence que les habitants ne doivent plus être assujettis à nourrir les officiers ou à leur donner des frais de table, ainsi que cela se pratiquait en Allemagne.
En Pologne, où cet usage n'avait pas lieu, S. M. avait accordé aux officiers de tout grade un traitement extraordinaire, par mois.
J'ai l'honneur de prier Votre Excellence de prendre les ordres de S. M. pour connaître ses intentions à cet égard.
J'observerai qu'il est impossible que les officiers puissent exister en pays étrangers , avec leurs appointements, et qu'un des meilleurs moyens de contenter les bons esprits, et de déjouer toutes les intrigues qui sont en action pour travailler les têtes allemandes, ce seraitde donner cette indemnité aux officiers ; par là, on prévient mille abus, la présence des troupes n'est plus qu'un bienfait et le service de S. M. ne peut qu'y gagner.
Les résultats avantageux qu'on a obtenus en Pologne, ds cette mesure, me font faire ces observations que je prie Votre Excellence de mettre sous les yeux de S. M.
J*ai l^hoDneur d'être avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur,
Duc d'Auerstaedt.
BerlÎD, le 29 noyembre 18^.
Lintz, le 2 janvier 18i0.
Monseigneur,
J'ai demandé par diverses lettres des ordres, tant a Sa Majesté qu'à S. A. le major général pour le payement de la solde 'de novembre.
Le 29 novembre, j'ai adressé à Son Altesse un rapport de M. l'intendant général, d'après lequel j'ai ordonné le payement de la solde de ce mois.
Elle n'a pu être acquittée qu en partie, soit parce que les fonds n'ont pas été faits à temps dans les caisses des payeurs particuliers, soit parce que plusieurs corps ont négligé de la prendre. Le 3' corps l'a seul reçue entière et je suppose qu'il est dû à peu près à l'armée d'Allemagne la moitié de la solde de novembre.
Je prie Votre Excellence de demander les ordres de Sa Majesté, tant pour le complément de la solde de novembre, que pour l'acquittement de celle de décembre et pour le mettre toujours au courant. Le papier aul richien n'a pas cours dans aucun des pays occupés par l'armée, puisqu'au 4 janvier il ne sera plus reçu dans les caisses de l'administration, et il est important, pour le maintien de la discipline et pour que les officiers puissent vivre, que la solde et les appointements soient acquittés avec régularité.
Alors notre séjour sera plus supportable aux pajs où les troupes vont prendre leurs cantODiiements.
Je ne puis trop prier Votre Excellence de prendre cet objet en considération.
J'ai rhonneur d'être, avec respect, de Votre Excellence, Le très humble et très obéissant serviteur,
Le Maréchal, Duc d'Auerstaedt, Prince d'Eckmûhl.
Wildersdorf, le 8 juiUet à 8 h. 1/2 da soir.
J'ai l'honneur de vous prévenir, mon cher Général, que, d'après les ordres de l'Empereur, je suis arrivé ici où je dois réunir ce soir mon corps d'armée. J'ai reçu en même temps l'ordre de S. M. de me porter à votre appuy, dans le cas où les mouvements de l'ennemi, ou la rencontre de troupes supérieures vous le ferait désirer, et où vous m en donneriez l'avis. Dans la supposition contraire il est vraisemblable que je me porterai demain sur Nicoisbourg. J'aurai soin de vous donner souvent de mes nouvelles, je vous prie de vouloir bien en faire autant de votre côté.
Je vous renouvelle, mon cher Général, l'assurance de mon estime et de tous mes sentiments.
Le Maréchal d'Empire, Duc d'Auerstaedt.
Mon chef d'état-major, qui a été reconnaître une position en avant de Wildersdorf, vient de rencontrer un trompette se sauvant à toute bride et qui lui a dit qu'il venait d être chargé par quelques cavaliers autrichiens sortis d'un village voisin. Je vous prie de me faire con-
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naître les renseignements que vous avez sur les forces ennemies dans cette direction ^.
Ce 93, 4 1 h. da matin, Pultask.
Tai reçu, mon cher Général, votre lettre du 22 et les rapports qui y étaient joints. Il me tarde de recevoir le hussard qui a été pris à Lomza; peut-être donnera-t-il quelques renseignements sur les reconnaissances de rennemi;on peut supposer qu'elles ont été déterminées par tous les mouvements de nos cantonnements, puisque le 22 il n'a fait aucun mouvement.
L'établissement des différents postes d'infanterie vous donnera, je l'espère, plus de tranquillité.
Recommandez que Ton envoie à l'avenir sans perte de temps les prisonniers ou déserteurs, je n'ai pas encore reçu les cinq Cosaques montés, pris à Lomza le 20.
La conduite du commandant du 2* n'est pas des plus belles, ce régiment a besoin d'un chef, je vais prollter de cette circonstance pour renouveler ma demande.
J'esporc que la perte du l*' n'aura pas été aussi conséquente.
Recevez, mon cher Général, l'assurance de toute mon estime.
11 faut établir beaucoup (mot illisible) et sur les derrières vos ateliers de réparation. Je vous autorise à les placer dans les cantonnements du général Friant les plus raj»prochés de la Narew.
1. Cette lettre achetée à une vente d'autographes, ne portait aacuTie désignation.
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