‹ Le maréchal Davout, prince d'Eckmühl; correspondance inédite, 179O-1815. Pologne--Russie--HambourgChapitre 11 sur 55 · A M3NSIBUR LE MARÉCHAL DUC DE REGGIO · texte numérisé non relu

A M3NSIBUR LE MARÉCHAL DUC DE REGGIO

BrUnn, le 18 août.

J'ai reçu, mon cher Maréchal, tes félicitations sur le nouveau témoignage de bienveillance que vient de m'accorder notre souverain.

Je te remercie de la part que tu y prends, et je te prie de croire que j*ai appris aussi avec une bien vive satisfaction que tu étais nommé duc de Reggio. Reçois aussi mes félicitations et crois à mon sincère attachement.

Le Maréchal, Duc d'AuerstaËdt.

La foule maudit Tinstrument qui la frappe, sans remonter jusqu'à la volonté qui fait agir Tinstrument. Les esprits d'élite seuls savent rendre à César ce qui appartient à César. Le comte Zaluski et le comte Félix Potocld avaient compris combien le cœur et combien Tesprit politique du maréchal Davout souflraient des mesures dangereuses commandées par l'Empereur contre la Pologne, mesures que son lieutenant faisait à son vif regret exécuter, tout en portant le poids des rancunes.

Avant d'analyser une correspondance d'un grand intérêt échangée entre le comte Potocki et le duc d'Auerstaëdt , nous donnerons copie du brouillon d'une lettre adressée par le comte Potocki à celui

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que Zaluski appelle justement : Tami de la Pologne.

Lisons d'abord, dans le second volume du Maréchal Duvout raconté par les siens et par lui-même , page 326 , ce passage d'une lettre adressée à la maréchale :

Il y a eu dans la cour du château un combat qui prouve la supériorité des Polonais sur les Autrichiens. Un parti de douze lanciers polonais a surpris 1 10 hussards autrichiens, en a blessé une trentaine et s'est retiré dans le meilleur ordre eramennnt quelques prisonniers et avec une perte de deux hommes. Cette nation a déployé dans cette circonstance un esprit qui no peut qu'ajouter à Testime qu'elle commande pour l'histoire. Toutes les classes^sont animées du même esprit et les Français seraient sans honneur s'ils ne faisaient pas l'impossible pour ces braves alliés.

Les Mémoires du général Berihezène nous montrent le maréchal ne voulant pas être sans honneur, et protégeant à Vienne la députation polonaise contre Napoléon.

Les Russes ne seraient jamais venus en France si, en 1808, et encore en 1812, l'Empereur eût daigné écouter cette parole souvent répétée par Davout : « Une alliée vaut mieux qu'une esclave. »

La Pologne libre et forte, énergiquement reconstituée, au lieu de tomber avec nous nous eût sauvés.

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En vérité, le comte Potocki avait raison d'écrire la lettre que voici.

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