DIVISION
Bareau de la correspondance générale.
Le général Durrieu verra au bureau de la guerre ce que signifient les 3 lettres patentes en blanc qui sont jointes ici et agira en conséquence S'il arrivait que ces lettres patentes ne nous fussent données que pour rappeler aux commandants des places les devoirs qu'ils ont à remplir, on pourrait les leur retracer sans faire usage de ces pièces, qui seraient retournées au ministère.
Je m'en rapporte au général Durrieu sur ce qu'il conviendra de faire pour remplir dans cette conjecture les intentions du ministre. Il importe que cette affaire ne reste pointen souffrance.
Le 13 mai 1815.
Classé D.
Paris, le 29 mai 1815.
Faire six copies de la patente et six copies de cette lettre et six lettres d'envoi pour demander un accusé de réception et prescrire de se conformer à toutes les instructions.
Général,
J'ai rhonneur de vous faire passer un exemplaire des lettres patentes impériales que j'ai adressées à l'officier général ou supérieur, qui, en qualité de gouverneur ou de commandant supérieur, ou de commandant d'armes, commande chacune des places de guerre mises en état de siège.
Il pourrait se faire que les patentes que j'ai expédiées ne fussent pas toutes parvenues à leur destination, soit parce qu'il y a eu mutation parmi les commandements des places, soit par tout autre motif.
m LK MARÉCHAL DAYOUT
Afin de réparer sur le champ toute espèce de retard qui aurait eu lieu à ce sujet, atin aussi de donner des instructions précises aux commandants des places qui n'ont pas encore été mises en état de siège, je vous invite à adresser à chacun des gouverneurs et commandants des places et des forts, compris dans retendue de votre commandement, des instructions détaillées, renfermant, entr'autres dispositions, toutes celles que prescrivent les lettres patentes ci-jointes.
Vous rappellerez fortement aux gouverneurs et commandants des places que l'honneur et leurs devoirs envers TEmpereuret la Patrie leur prescrivent de conserver à tout prix les places et les forts dont la défense leur est confiée.
Vous les chargerez de prendre, à la nouvelle des premières hostilités, tous les moyens pour augmenter leurs approvisionnements de bouche; ils frapperont des réquisitions dans les communes qui les environnent et feront rentrer des denrées de toute espèce dans leurs places pour porter au maximum fixé les approvisionnements de la place.
Faites-leur bien sentir l'importance de cette mesure, quia le double avantage de donner des moyens de défense et d'enlever des ressources à l'ennemi.
Ils devront mettre la plus grande régularité dans ces opérations; nommeront une commission civile pour la réception et la garde de ces approvisionnements ; des reçus bien en règle seront délivrés aux propriétaires, afin que le gouvernement les en fasse rembourser.
Ils feront bien connaître que ces remboursements sont garantis par le Gouvernement et l'honneur de la nation. Ils placeront les approvisionnements, ainsi que cela leur a été expressément et itéra tivement recom-
CORRESPONDANCE INEDITK 135
mandé, dans les lieux le moins exposés à être incendiés par Tennemi. Vous leur interdirez d*y toucher à moins d'une absolue nécessité, et ils n'en useront qu'avec la plus rigoureuse économie.
Les gouverneurs et commandants de places devront, à la réception de votre lettre, déclarer aux habitants qu'ils sont tenus de s'approvisionner au moins pour six mois , et leur en faire sentir la nécessité , puisqu'on serait obligé de faire sortir de la place tous ceux qui, à l'approche de l'ennemi, n'auraient pas complété leurs approvisionnements.
Dans l'état de siège, les gouverneurs et commandants ont la haute police dans les places ; ils ont donc les moyens de sévir contre les malveillants.
Vous leur ordonnerez de renvover tous les individus qu'ils regarderaient comme dangereux.
Le décret du 24 décembre 18M, dont ils doivent bien se pénétrer, règle, d'une manière précise, toute l'étendue de leur autorité à cet égard.
Ne perdez aucune occasion de leur répéter qu'ils doivent conserver, à tout prix, la place ou le fort quel'Empereur leur a confié; qu'il est de leur devoir d'user de tous les moyens d'atteindre ce but, quelques rigoureux qu'ils puissent être; que tout acte de faiblesse est aussi répréhensible que la lâcheté puisqu'il produit les mêmes résultats; que l'emploi de toute mesure, do quelque nature qu'elle soit, qui tend à la conservation de la place^ devient un devoir impérieux; enfin que toute considération doit céder devant ce grand intérêt.
Ajoutez à ces instructions tous les ordres que l'expérience peut vous suggérer, et toutes les autres dispositions que les localités peuvent rendre nécessaires.
Transmettez copie de ma lettre aux gouverneurs et
i'M LE MARECHAL DAVOUT
commandants, et prescrivez-leur de la lire à chaque rvMi.îion du conseil de défense, ainsi que les lettres patentes et les autres instructions que je leur ai adresA sées, ou que vous serez dans le cas de leur donner.
Recevez, Général, l'assurance de ma considération distinguée.
Le Maréchal, ministre de la guerre.
Prince d'Eckmuhl.
A 31. LK LirUTKNANT GÉNÉRAL COMTE LOBAU, COMMANDANT LK CORPS DE RÉSERVE DE L' ARMÉE DU NORD, A PARIS.
Ministère de la Paris, le 2 juin 1815.
Guerre.
C'est exo'uté ce matin. — D.
Général Durieu. Il faut faire fiivViTSur le champ une autre Compagnie de vétérans pour Vincennes et faire coordonner cette disposition avec ce que j'ai précédemment prescrit sur le même sujet.
L(; môme jour: ci-joint le rapport du général Daumesnil.
Monsieur le général, je vous ai écrit, il y a plusieurs jours, d'envoyer deux ou au moins une compagnie de vétérans à Vincennes. Le général Daumesnil ne peut faire la police avec le peu de monde qu'il a ; hier, il a arrêté deux hommes qui s'étaient introduits dans le cliàteau et a trouvé un tas de paille enflammée près du magasin à poudre.
Je vous invite, Monsieur le général, à donner les ordres les plus précis pour que ce renfort de troupes
parte aujourd'hui et soit ce soir ou demain matin à Vincennes.
Recevez, Monsieur le général, l'assurance de ma haute considération.
Le Ministre de la guerre,
Mal pce d'Eckm'Ûhl.
Ministère de la Guerre,
Monsieur le comte, je vous invite à faire toutes les démarches et à prendre les mesures nécessaires pour établir des hôpitaux à Paris jusqu'à la concurrence de 20,000 places.
Il faut laisser à l'artillerie les établissements qu'elle occupe comme magasins à poudre.
Il sera bon, cependant, de s'entendre avec elle, afin qu'elle s'apprête à céder tout ce qu'elle pourra en ne prenant que des locaux qui lui seront absolument indispensables.
Je vous invite à me faire un rapport que j'adresserai à l'Empereur pour lui donner connaissance des mesures prises.
Il faut, indépendamment, prendre des lignes d'évacuation, en prenant pour bases celles de l'année dernière, telles que Caen, Rouen, Tours, etc.
Il faut cependant ne rien commencer avant que j'aie reçu les ordres de l'Empereur.
Agréez, Monsieur le comte, l'assurance de ma haute considération.
Le Ministre de la guerre,
Mal pce d'ECKMUHL.
À M. LE COMTE DARU, MINISTRE d'ÉTAT.
138 LE MARÉCHAL DAYOUT
Paris, le 17 juin 1815.
Ministère de la Au quartier-général, à La Villelta.
Guerre»
Monsieur le commandant^ je vous préviens que je viens de donner Tordre à la moitié des invalides volontaires (canoniers) de se rendre sur les hauteurs de Montmartre pour défendre la capitale. Vous voudrez bien prendre les mesures nécessaires pour utiliser ces braves soldats.
Signé :
Le Ministre de la guerre,
Mal pce d'Eckmuhl.
Le 30 juin 1815.
P.-S. — Vous prendrez des mesures pour que des vivres leur soient distribués.