‹ Le maréchal Davout, prince d'Eckmühl; correspondance inédite, 179O-1815. Pologne--Russie--HambourgChapitre 22 sur 55 · A M. LE COMMANDANT DB MONTMARTRE · texte numérisé non relu

A M. LE COMMANDANT DB MONTMARTRE

Une brochure, publiée en 1848, à Clermont- Ferrand, par le neveu du lieutenant général comte Beker, sur son ordre et sous ses yeux, m'a paru d'un si haut intérêt, quej'ai sollicité la permission de la faire copier.

Rien ne saurait mieux disculper le prince d'Eckmuhl des injustes accusations dont il a été l'objet en 1815 que ces pages dictées par un homme tout dévoué à l'Empereur : la douceur de Napoléon étonne, puis on se prend à penser

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que cette douceur pouvait bien être rindifférence que produit la lassitude.

Il y a des époques terribles, et l'Empereur, en 1815, ne savait plus aider ses amis ni s'aider lui-même ! Quand on a lu les innombrables ordres du ministre de la guerre, datés d'avril et de mai, quand on a bondi sous le souffle de feu des paroles du prince d'Eckmiihl, paroles destinées à réchauffer les courages, et que l'on retrouve, en juillet, le pauvre ministre, devenu commandant en chef des dernières forces de la France, réduit, afin de sauver l'indépendance du pays, à ordonner à son armée, toute frémissante, de se soumettre au Roi, on se demande avec épouvante comment un cœur en quatre mois peut supporter tant de douleurs et, sans se briser, voir tant d'efforts méconnus et perdus!

En vérité une telle abnégation, un tel patriotisme, un si héroïque sacrifice de ses sympathies, de sa popularité, de sa gloire peut-être, contraignent les plus insouciants à répéter cette belle parole du prince d'Eckmiihl : « De tels hommes forcent l'estime de leurs ennemis mêmes ! »

Mais laissons parler le général Beker.

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