A M. LE G** SAUNIER, GRAND PRÉVÔT DU 1*' CORPS
Magdebourg, le 5 mars 1813.
S. A. L le Prince vice-roi vous ayant accordé, mon cher Général, un congé de convalescence pour le rétablissement de votre santé, mais votre état ne vous permettant pas de faire le voyage dans ce moment, je vous autorise à vous rendre d'abord à Erturth où vous séjournerez pendant tout le temps que vous jugerez nécessaire pour vous mettre à même de continuer votre route. Vous pourrez également aller d'Erfurth à Franc-
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fort, OÙ je vous autorise à rester Jusqu'à ce qu'enfin vos forces vous permettent de profiter du congé que vous avez.
Je me fais un devoir, dans cette circonstance, de vous témoigner le vif désir que j'ai de vous savoir bientôt en état de reprendre, au l*'" corps, les fonctions que vous y remplissez depuis si longtemps, et dans lesquelles vous vous êtes pour toujours acquis des droits à mon estime.
Je me plais à vous en renouveler l'assurance, comme aussi celle de mon amitié et de ma haute considération.
Le Maréchal Duc d'Auerstaedt
Prince d'Eckmuhl
A M. LE GÉNÉRAL BARON SAUNIER, GRAND PRÉVÔT DU i*' CORPS d' ARMÉE.
Grande Armée,
Place de Thorn.
Nous soussignés, officiers de santé en chef des hôpitaux militaires de Thorn, certifions que M. Louis- François Saunier, général de brigade, âgé de cinquantetrois ans, vient d'éprouver, à la suite d'une dyssenterie de plusieurs mois pendant cette dernière campagne, et des fatigues extraordinaires auxquelles il a été forcé, même ayant cette maladie, une fièvre ataxique des plus intenses, dans laquelle le système nerveux a été fortement ébranlé et qui Ta réduit à un degré de faiblesse extrême.
Certifions en outre que M. le général Saunier, depuis longtemps atteint d'une maladie de vessie, est
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sujet à une hémoptysie périodique, occasionnée par diverses contusions à la poitrine (circonstance qui contribue encore à retarder sa convalescence), ne saurait habiter plus longtemps un pays aussi froid que celui où il se trouveprésentement, sans danger pour ses jours.
Il a d'ailleurs besoin des plus grands ménagements et de ces soins qu'on ne reçoit qu'au milieu des siens.
Nous estimons conséquemment qu'un congé de six mois au moins est absolument nécessaire à M. le général Saunier pour aller respirer l'air natal et retrouver sa santé première, attendu qu'il lui esttoutà fait impossible, avant ce laps de temps, de faire aucune espèce de service actif aux armées.
En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent, pour le faire valoir au besoin
Fait double à Thorn, le dix-neuf janvier dix-huit cent treize.
Le Médecin en chef. Le Chirurgien major,
Collet-Meygret, Bourion,
M. D. L. Gh. M.
Vu par nous, commissaires de guerre, pour légalisation des signatures ci-dessus.
Avant de transcrire deux lettres du Maréchal augénéralDonzelot, nous tenons à donner d'abord une lettre que nous devons à la courtoisie de M. R.Desaix, afin de témoigner d'une amitié commencée en Egypte et continuée au travers des événements les plus faits pour diviser.