UN FONCTIONNAIRE D'AUTREFOIS, P. -F. LAFAURIE
PAR H. FARÊ.
Ce volume, écrit avec élégance, contient des pages importantes pour l'histoire du Maréchal. M. Faré fait un rare éloge du caractère du prince d'Eckmûhl, en le montrant soucieux de l'avis d'un petit personnage tel que l'honnête M. Lafaurie l'était alors.
M. Faré noiis dit encore M. Lafaurie accepté sur l'heure par le maréchal Moncey lorsqu'il lui fut envoyé en Espagne pour restaurer les finances, quand on eut répondu à ses questions : « C'est un inspecteur général des finances qui a secondé très habilement le prince d'Eckmûhl à Hambourg. »
Puisque M. Lafaurie nous a ramené à Hambourg, nous donnerons ici une curieuse anecdote racontée par l'honorable M. Chennevièré, dans
une lettre datée de mai 1884 : « Il y a quelques' années est mort à Fontainebleau un officier du premier empire, du nom de Lliéric ; il s'était trouvé à Hambourg, attaché au maréchal Davoutqui, prévoyant qu'il serait bientôt investi, avait ordonné, comme c'est l'usage, de faire abattre autour de la ville tout ce qui pouvait servir d'approches couvertes pour l'ennemi. Une députation de la ville vint réclamer contre cette mesure. Le Maréchal, dont le parti était bien arrêté, laisse parler l'orateur qui, s'enhardissant peu à peu, finit par dire : « Mais ce que vous voulez détruire et faire détruire, c'est notre bien, ce sont nos propriétés... »
Alors le Maréchal, paraissant transporté de colère, l'interrompit : « Vos biens I... votre propriété !... Mais tout appartient à l'Empereur, même la peau qui recouvre votre chair I >
La députation, effrayée, se retira, se promettant bien d'exécuter, dans le plus bref délai, les ordres du terrible commandant en chef. Le Maréchal, rentrant dans son cabinet avec le jeune Lhéric qui, attendant ses ordres, avait été témoin de la scène, lui dit, avec le visage le plus calme et la voix la plus reposée : « Ils ont eu une belle peur I... Ils vont faire eux-mêmes, très vite et très-bien, ce qu'il m'aurait répugné de commander à mes soldats. »
SiO LE MARÉCHAL DAYOUT
M. Chenncvièrc ajoute : « N'est-ce pas là riiommc qui, chargé par Napoléon de faire arrêter, juger et exécuter une vingtaine d'individus, commença par les avertir et les faire échapper ? »
Spirituel, railleur et fin comme un vrai Bourguignon, gai comme un enfant à ses heures, le Maréchal, afin d'éviter d'avoir à frapper, aimait à faire peur. Peut-être encore, à son propre insu, se donnait-il le plaisir moqueur de constater Ja lâcheté humaine prête à trembler devant toute grosse voix, en même temps qu'il s'accordait la sérieuse satisfaction d'épargner les effrayés.
Les braves anciens et modernes^ de P. Villiers, ancien capitaine au 3® régiment de dragons.
L'auteur a obéi à une idée juste et noble en voulant relier les gloires nouvelles aux anciennes gloires de la France; mais je ne saisis pas trop les rapports qui exi stent entre Davout etGuébriant; cependant l'auteur se montre juste envers le prince d'Eckmûhl.
La Mozaïque, publiée en 1837, m'a été donnée par l'aimable bibliophile Jàcob, à cause d'une curieuse fantaisie de Frédéric Soulié intitulée : Rivalité de Murât et de Lavout, et revue du 29 juillet 1830y à Paris, Il m'a été facile de voir que l'auteur a puisé ses renseignements près du
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général Belliard. Il y a beaucoup de vrai dans les querelles de Davout et de Murât en Russie; en dépit d'une visible partialité pour le roi de Naples, justice est rendue à Tesprit de sagesse et de prévoyance de mon père. Il y a quelques erreurs dans le récit. Murât n'a pu dire : « Si Davout veut se rappeler qu'il a été soldat et moi aussi... » sachant fort bien que le prince d'Eckmiihl n'a jamais fait partie de l'armée qu'à titre d'officier; mais la jalousie soufflée à l'Empereur par ces mots perfides : « On sait que le prince d'Eckmûhl n'aime « à obéir à personne; qu'il lui plairait même assez a d'être réputé le héros de cette expédition aux « dépens même des plus élevés... », a été la cause de bien des maux I
Frédéric Soulié montre le plan de l'ennemi deviné par le maréchal Davout. Cependant le brillant Murât le charme, et l'influence du général Belliard, qui se donne un beau rôle, dirige ses jugements.
La revue fantastique de la grande armée passée par l'Empereur et son fils du haut de l'Arc de triomphe de l'Étoile rappelle certaines scènes de V Ahasvérus de Quinet. Je sais gré à la mémoire de Frédéric Soulié, quoiqu'il ait trop oublié dans ses louanges le grand soldat d' Auerstaëdt, de cette parole adressée par Napoléon à Murât : « Ne regarde pas d'un œil farouche ton vieil ennemi Davout,
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ne lui montre pas la pointe de ton épée et ne lui fais pas signe de venir se battre à l'écart... Ne méprise pas celui qui s'était fait avare du sang de ses soldats. »
Notice historique sur les généraux en chef, par Babié. L'esquisse du caractère du marécha^ Davout tracée par l'auteur est excellente et prouve que la justice a précédé l'envie. Il y a dans ces pages des détails d'un réel intérêt sur les débuts de la carrière militaire du maréchal Davout.
Biographie des pairs et des députés du royaume , 1818-1819. La biographie du maréchal Davout contient de nombreuses erreurs.
Monument delà grande armée d'AusterWz et de la victoire. Ce volume descriptif de la colonne de la place Vendôme donne raison à qui affirme un parti pris d'effacement de la gloire du Maréchal prince d'Eckmiihl.
La reine Hortense en Italie^ en France et en Angleterre^ pendant Vannée 1831. En ce livre, vraiment intéressant et sympathique, l'aimable femme raconte d'une façon toute vive et charmante la fête que le maréchal Davout lui donna à Ambleteuse.
Les Français en Prusse^ 1807-1808, par le baron Ernouf. On ne peut accuser l'auteur de trop de partialité envers le prince jd'Eckmiihl, mais le livre est intéressant, rempli d'anecdotes, et rend justice à la courtoisie du maréchal Davout lors de son entrée à Berlin. Nous aimons à retrouver ici les nobles paroles du vainqueur d'Auerstaëdt invitant les habitants « à se bien conduire envers les Fran- « çais sans manquer à leurs devoirs de sujets € prussiens. »
Mémoires anecdotiqnes sur Vintérieur du palais impérial et sur l'Empire^ depuis 1805 jusqu'à 1814, par J. de Bausset. Ces très amusants volumes contiennent quelques assertions entièrement fausses sur le prince d'Eckmûhl, principalement pour tout ce qui a rapporta la campagne de Russie. Foncièrement courtisan, M. de Bausset pressentait la disgrâce.
Capitulations militaires de la Prusse. Étude sur les désastres de l'armée de Frédéric, par E. Bonnal. Ce volume, qui a de l'intérêt, renferme quelques pages importantes pour l'histoire de mon père et une notice sur la Collection des cartes du Maréchal Davout, par Maunoir, qui prouve comment le Maréclial savait éclairer sa marche en pays ennemi.
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Nous avons déjà beaucoup parlé des ancêtres du maréchal Davout dans la conviction où nous sommes que le sang a sa musique particulière. Une lettre du célèbre généalogiste Pincedé, adressée à ma grand'mère, « déplore qu'une famille si puissante soit devenue si pauv^re » ; et un nouveau travail sur les comtes de Noyers, imprimé à Autun, établit la descendance du prince d*Eckmuhl parle sixième fils du grand Maréchal, doté d'une armée, d'un château fort, et des armoiries qu'ont gardé les d'Avout. Un Jacques d'Avout, petit-fils du sire de Noyers, épouse Jeanne d'Étables, cousine de saint Bernard. Jehan d'Avout épouse Perrette de Chàlons, ce qui le fait allié de la maison d'Orléans-Longueville et des princes d'Orange de la maison de Nassau. Claude d'Avot, d'Avoult ou d'Avol sert avec Montluc et le connétable de Montmorency. Nicolas d'Avout, épouse Edmée de Sainte-Maure ; une Pétronille d'Avout s'unit à un Tascher, proclie parent de l'impératrice Joséphine... Plusieurs filles sont abbesses et religieuses. Étrange et forte race dont on disait, au treizième siècle : « quand naît un d'Avot^ une épée sort du fourro », et qui semble s'être comme résumée dans la grande figure du maréchal Louis Davout, dont un des généraux des plus connus de l'armée actuelle d'Italie , le général Petitti a dit : « Le prince d'Eckmûhl^parses vertus euccep-
tio7inelles, est une des gloires de Vhumaniié. »
U Encyclopédie des gens du monde contient une biographie du maréchal Davout toute faite d'erreurs, mais on sent la sympathie de l'auteur anonyme percer sous de faux renseignements.
Les diaboliques et intéressants Mémoires du baron de Besenval, qui égratignent plus ou moins^ jusqu'au sang tous ceux dont il parle, se montrent fort gracieux pour une proche parente du maréchal Davout, la belle marquise de Montesson, dont il est fait plusieurs fois mention en ces notes, do façon à témoigner d'une certaine noblesse d'àme^ chez la dame. Laissons parler le baron. « Le duc d'Orléans, ne supportant pas son exil à Villers^^ Cotterets, charge M. de Ségur de voir madame de Montesson et de la prier d'agir pour lui.
a Madame de Montesson, veuve de Mgr le duc d'Orléans, voulant montrer à son fils un intérêt d'autant plus généreux qu'elle avait à se plaindre de lui, sûre, d'ailleurs, du crédit que lui donnait son esprit sur l'archevêque de Toulouse, s'empara de la négociation que j'abandonnai de grand cœur ainsi que Ségur. »
Guide de l'Algérie^ par Piesse. Ce volume nousa renseigné sur un village nommé Eckmiihl, dans la banlieue d'Oran. A l'ami inconnu qui a eu cette
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idée toute française, nous envoyons un cordial merci! Puisse le village d'Eckniuhl devenir un centre aussi brillant que- les colonies romaines jadis fièrement portées par la vieille terre d'Afrique, et garder, dans un rayonnement vainqueur de la nuit, le noble nom de mon père, à titre de conseil et d'exemple !