‹ Le maréchal Davout, prince d'Eckmühl; correspondance inédite, 179O-1815. Pologne--Russie--HambourgChapitre 50 sur 55 · REALE ARMERIA DI TORINO · texte numérisé non relu

REALE ARMERIA DI TORINO

N** i855. — Sciabola orientale con lama liscia apparteuente al Maréchal Davout.

3X) LE MARKCHAL DAVOUT

Sulla parte interna délia doccîa (du fourreau) sta scrito: Davout, maréchal de France.

Sulla fasciaesternasono incisii nomî délie principali baltagliacui prese parte il maresciallo,esono: Pyramides, Ulin, Auslerlitz, Auerstaëdt, Eylau, Friedland, Eckmûhl, Ratisbonne, Wagrara, Sniolensko, Moscowa, Hambourg.

Questa spada tu donata dal maresciallo al suo amico e compagno darmi, capo di stato maggiore, conte Cesare Délia Villa, stellone maresciallo di campo; questo per disposizione testamentaria del 20 8^ 1848 in Tolosa, la lego al sua fratello conte Alessandro, cosi esprimendosi : « Je donne à mon frère Alexandre mon (( sabre venant du maréchal Da\'out. »

Ed in fine il suddetto conte Alessandro Délia Villa coû nota testamentaria del 30 giugno 18S4 datata da Torino e cosi concepita:

(( Je prie mon cher neveu de Gastel bourg de faire a placer au Musée des armes du Roi mon sabre du glo- (( rieux maréchal Davout. »

La lego alla Reale armeria cui, il suddetto conte Camillo Bougio-Vanni di Castelborgo, direttore générale délie gabelle, accompagnolla con una dichiarazione per comprovarne la provenienza.

Cette notice a été copiée, d après le catalogue manuscrit de TArmeria Reale de Turin, par son directeur le général Val f ri.

Nous voudrions pouvoir parler de tous les écrivains étrangers et français qui se sont occupés du Maréchal > le temps et nos forces ne sauraient suffire àun tel travail. Au hasard de nos souvenirs et

de nos notes, nous indiquerons quelques ouvrages. Le général Rapp, dans des Mémoires dont l'authenticité a d'ailleurs été quelque peu contestée, Mémoires outrecuidants dont je ne raffole pas, fait tout, décide tout, conseille l'Empereur, bien entendu quand il y a succès. Cependant le soldat relève l'écrivain et je sais gréa ce vaillant général de raconter la bataille d'Auerstaëdt comme il le fait, et de témoigner de la fausseté des propos tenus surlaconduite du maréchal Davout vis-à-vis du maréchal Ney, pendant la retraite de Russie, par la façon dont il rapporte les faits.

Il ne dit mot du Ministre delà guerrede 1813. Serait-ce par rancune de certaine lettre quelque peu sévère qui lui fut alors adressée? Les paroles du général Rapp racontant l'émeute de Strasbourg démontrent la lassitude des soldats, non payés, épris de repos et saturés de guerre.

Le récit des Opet^ations de guerre en France et en Belgique, écrit par le général Gourgaud, est, par ses contradictions, vraiment étonnant à étudier. Le général, page 147, déclare Davout <r incapable, comme ministre, au dessous de sa tâche. Il laisse approcher l'ennemi, » Ce mot m'a néanmoins révélé le sens d'une parole souvent redite par mon père à son fidèle aide de camp le général de Trobriand. En causant de la terrible crise (hi 1815, il murmurait parfois : « Je ne me pardonnerai

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jamais de m'otro laissé endormir par Fouclié. » A ces mots, il n'ajoutait rien, mais baissait la tète et réfléchissait. Ce qu'il n'a point dit nous paraît facile à deviner. En Toccupant, à Paris et de Pdris^ le duc d'Otrante détournait l'attention du Maréchal, la remplissait d'un faux but, empêchant le grand soldat, abuse comme Garnot et bien d'autres, de s'élancer vers l'ennemi afin de le battre et d'arrêter sa marche sur la capitale. C'est là /a /aw/^ unique du prince d'Eckmiihl ! Quand il a proposé de livrer bataille sous les murs de Paris, il était trop tard pour sauver la situation, comme il était trop tard pour proroger les chambres quand l'Emp'^reur, qui avait repoussé le conseil de son Ministre, se reprit à le vouloir. Le plus grand, le plus intelligent, le meilleur des hommes est sujet à l'erreur, parce qu'il traîne en son humanité même une part fatale de défaillance et de misère.

L'Empereur a commis de graves fautes à Waterloo, à Paris, mais il s'est relevé en ses adieux à l'armée. J'ai compris pourquoi mon père l'a tant aimé en lisant cette noble parole : « c'est la patrie surfout que vous serviez en 7n obéissant ! »

Gourgaud,si sévère envers le prince d'EckmiihU ditbientot: «Onnepeut reprocher ni àl'Empereur,. ni au Ministère, ni à la nation aucun retard, tout se fit comme par encliantement. » Il est vrai qu'il dira plus loin : « Le maréchal Davout n'avait

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ni assez l'habitude de la grande guerre, ni assez la confiance des soldats et du peuple, pour trouver des ressources proportionnées à de telles circonstances. » N'était-ce donc point la grande guerre à Auerstaëdt, à Eckmùhl, quand Davout sauvait Napoléon ; et le défenseur ^e Hambourg, qui tint treize mois sans se laisser vaincre, était-il incapable de trouver des ressources t En lisant ces singulières contradictions échappées à un flatteur de l'exil, je songeais, aux appréciations de M. Thiers, recueillies de sa bouche même, le 22 avril 1854 :

« L'humeur de l'Empereur contre votre père en ISIS". est tout à fait visible, il a eu quelque jalousie de le trouver presque Roi en Pologne, commandant à un véritable peuple de soldats et d'ouvriers, tout puissant et tout habile. Pendant la retraite de Russie, il lui avait, donné l'ordre formel de suivre sa garde, mais voyant ensuite les blâmes que l'abandon du corps du maréchal Ney soulevait de tous côtés, il a laissé ses flatteurs lesrejeter sur votre père, qui n'avait pu que lui obéir. La froideur triste du Maréchal, par la suite, blessa Napoléon comme un muet reproche, et il est devenu vraiment mal pour votre père. »

Ces paroles de M. Thiers, fidèlement reproduites, nous semblent l'unique réponse à faire aux allégations singulières du i^énéral Gourgaud.

Les charm-duls Souvenirs militaires de M. le

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duc (le Fezonsac vaudraient d'être, rien que pour oette parole : « Supporter Tinjustice est un des devoirs de Total militaire et assurément un des plus pénibles. »

Monsieur le duc de Fezensac est-il sûr de n'être point injuste en parlant ainsi qu'il le fait, page 281 du Maréchal Davout ?

« Le prioce d'Eckmûhl commandant l'arrière-garde était chargé de mettre partout le feu, et jamais ordre ne fut exécuté avee plus d'exactitude et même descrupule. Des détachements envoyés à droite et à gauche de la route incendiaient les châteaux et les villages à d'aussi grandes distances que le permettait la poursuite de l'ennemi. »

Croyez donc à la véracité de l'histoire! Le comte de Ségur raconte superbement la colère de mon père reprochant à l'Empereur d'avoir tout fait brûler sur la route avant le passage de son corps cVarméCj et là est la vérité, en dépit de cette nouvelle accusation : « Le choix du prince d'Echmiilil mit le comble à tant de rigueurs. Personne plus que lui n'était propre à exécuter scrupuleusement des instructions aussi sévères et à interpréter largement ce qu'elles avaient d'arbitraire. » Plus loin encore il déplore la condamnation sommaire d'un douanier et fait de belles phrases sur ce coupable mépris de la vie humaine. Si, comme nous, M. le duc de Fezensac avait lu, écrit en marge,

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de la main mémo du Maréchal, sur tout projet de répression ou de châtiment : « Consulter la loi » ; s'il avait connu la réponse du prince d'EckmuU aux ordres reçus à Hambourg et repoussés avec indignation, je suis convaincue qu'il se serait rétracté en dépit de son indulgence pour le pillage « bien difficile à empêcher dans une ville où Von entre de vive force après une journée fatigante et dans V ivresse d'un premier succès. » Le désordre durait encore le lendemain matin lorsque le prince d'Eckmiihl et le général Vandamme arrivèrent; le dernier n'y prit pas garde; mais le prince d'Eckmûhl, qui avait horreur du pillage^ nous fit de sévères reproches et dit qu'il fallait faire un exemple. »

U horreur du pillage^ n'en déplaise au duc et à ses belles velléités d'humanité, nous semble uno sainte horreur; le pillage étant nécessairement le père de tous les crimes ; or le grand Shakespeare a magnifiquement, autant que justement dit :

a Celui qui se montre indulgent envers les criminels, devient lui-même assassin. »

La sévérité du Maréchal protégeait les populations, et le bien général doit l'emporter sur toute cx)nsidération 'particulière. Le bon Turenne était adoré de ses soldats parce qu'il autorisait le pillage, etlePalatinat porte la marque de ses fausses indul-

gences.

L* aimable duc, en tout ce ^volume, se montre d'une grande mansuétude envers les pillards ; nous avouons ressentir plus de sympathie pour les pillés que pour les pillards/.

Los Souvenirs du duc de Fozenzac, écrits d'un style simple et aisé, en dépit de quelques erreurs, se lisent avec un vif intérêt. Ce n'est pas mentir que de dire ce que l'on croit et pense, mais c'est se montrer trop souvent involontairement injuste.

L'admirable lettre écrite au général Vandamme par le Maréchal, lettre qu'on a pu lire en ce recueil, dément l'anecdote contée par le duc; mais le duc, aide de camp du maréchal Ney, ne dit mot de sa colère contre le maréchal Davout dramatiquement racontée par le comte de Ségur.

Je reproduis fidèlement les opinions diverses , mon grand amour pour la vérité m'interdisant la moindre altération dans les textes : si j'en atténuais un seul, comment pourrait-on croire à la véracité des autres ? La force de ces pages dédiées à mon père est leur droiture. En tout ce

1. Nous trouvons ces mots pages 500 et 501 : « On avait à Tarinée impériale Fincroyable manie de ne jamais se servir de lorgnons ni de besicles^; on ne voulait pas convenir qu*on eût la vae basse. Je n'ai connu que le maréchal Davout qui fit exception à cette règle. »

Ce détail, ce rien, nous semble un trait frappant de caractère ; la loyauté n^admet aucune dissimulation, et il y a une certaine énergie morale à confesser hautement un défaut physique et à en arborer le signe. De là les larges besicles d or da Maréchal.

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volume, je n'ai pris conseil que de mon respect, que de mon cœur, il ne saurait être ici question de littérature ; je montre simplement mon père au travers des yeux qui l'ont contemplé, chaque nature a ses rayonnements et ses ombres, nul n'est Dieu que Dieu, le seul être parfait I II y a cependant des degrés dans la grandeur morale, €t un poète célèbre m'écrivait un jour une parole qui explique les jalousies survivant à la mort : « Le prince d'Eckmiihl est un homme improbable^ tant il est grand et bon. » M. Emile Montégut me disait de son côté :

« Les lettres du Maréchal sont une véritable apologie de son caractère; elles donnent la plus haute idée de sa véracité, de sa fidélité envers son maître et de son élévation de sentiments. Elles sont de la plus grande beauté morale. »

Ceci était doux à entendre, mais j'ai eu beaucoup à lutter : de deux côtés on est venu me prier de taire certains détails, de commenter en tel Ou tel sens certains incidents. Quelques bonapartistes fanatiques m'ont reproché avec violence de m'êtro montrée trop dure à l'Empereur, prétendant que j'offensais la mémoire de mon père en n'immolant pas sa mémoire (comme il a laissé immoler sa vie) à la plus grande gloire de Napoléon. Plusieurs royalistes intransigeants ont espéré se servir de

moi en cherchant à me convaincre que mon père souhaitait le retour des Bourbons, sans comprendre que c'était là en faire un traître I Appartenant à un seul parti, le parti de la vérité, sans souci de déplaire, j'ai tenu haut le flambeau, afin d'éclairer le champ de bataille d'une lumière égale.

Terminons par l'analyse de quelques derniers documents que nous croyons essentiel d'indiquer encore.

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