‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 1 sur 109 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Nous devons à l’obligeance des petits neveux de Jean- Nicolas Desanprouins, maréchal de camp des armées du Roi, la communication de ses Mémoires sur la guerre du Canada et sur celle de l’Indépendance de l’ Amériqne.

Sans cette communication, notre travail nous eut été impossible.

Rédigés, pour la plupart, au courant de la plume et sous l'impression des évènements de chaque jour, par un homme d’une haute intelligence et du sens le plus droit, ces Memoires présentent un véritable intérêt historigne, Nous aurons plus d’une fois l’occasion de regretter la partie qui en a été perdue dans le naufrage de la Bourgogne.

Peut-être eut-il été possible de les publier intégralement : on en avait le dessein, Mais ce soin ne nous a pas été confié.

Cependant, les extraits que nous en donnons au public, suffiront grandement pour faire connaître ce qu’étaient notre Héros, ainsi que la vieille armée française dont les fleuves et les lacs, les plaines et les montagnes du Canada gardent encore l'impérissable souvenir,

Desandroüins ne destinait pas ses Mémoires à l’impression :

« Si je venais à mourir ou à être tué, y dit-il, mon inten-

« tion est que qui ce soit ne lise rien de ce qui est écrit « dans ce Livre, hormis mon frère. Il est le seul à qui je « ne craigne point de faire part de mes rêveries. »

Mais, depuis lors, un siècle s’est écoulé : c’est assez longtemps avoir respecté le silence dans lequel il demandait que son nom fut enseveli.

Il nous est bien permis, maintenant, de « lire dans ce « livre » dont toutes les pages sont empreintes d’une modestie qui honore, au plus haut point, celui qui les a écrites.

Il nous est bien permis de faire connaître et apprécier à sa valeur le maréchal de camp Desandroüins, d'autant plus qu’il a cherché à rester ignoré pendant sa vie, et à se faire oublier après sa mort.

Mais, il nous faut dire auparavant quelques mots sur la famille des Androüins.

D'abord ce qu’étaient les Citains de Verdun, les Zignages, le Maître-Echevin et les Echevins du Palais, car nous retrouvons souvent ces mots en parlant de cette famille.

Les Cüitains étaient la véritable noblesse du petit Etat qu’on appelait la Cité de Verdun. Ils étaient les nobles de la Vilie, et non point les nobles de l’Evéché beaucoup moins anciens qu'eux. Leur origine se perdait dans la nuit des temps. Ils avaient la prétention de descendre, si non des Curiales Romains, au moins des Cives Virdunenses dont parle Grégoire de Tours.

Toujours est-il, qu’à la fin du XIT* siêcle ils formaient dans la Ville une classe à part, et se distinguaient de la communaultei, de l’Univer-itei des habitants, des gens des métiers qu’ils remplacèrent bientôt d’une façon exclusive dans le gouvernement de la Cité, comme du reste les gens des

métiers avaient rempiaté l’Evêque. Ce fut la Commune aristocratique après la Commune démocratique.

Notre histoire, jusqu’en 1552, est remplie de leurs querelles, quelque fois sanglantes, avec l’Evêché,

Les Citains formaient trois groupes appelés Lignages qui furent aussi parfois en querelles entre eux. Chacun de ces Lignages avaït nom, d’Azannes, d’Estouffes et de la Porte, Ces noms étaient-ils à l’origine les noms des plus importantes familles de chaque Lignage? Peut-être.

Enfin, qu'était-ce que le Maître-Echevin? Cette charge fut créée, à Verdun, en 1238, lorsque l’Evêque ahandonna, par force, à la ville, la Vicomté, c’est-à-dire le droit de juger au criminel. Le Maître-Echevin était le second dignitaire de la ville chargé de rendre la justice au grand et au petit criminel. C'était le chef du Nombre, espèce de corps judiciaire dont les membres étaient appelés Æschevins de la Vicomte.

Le Doyen restait toujours le premier fonctionnaire de la ville, chef des Eschevins du Palais de Ste-Croix, qui étaient chargés, eux, de temps immémorial, de rendre la justice en causes civiles.

On pouvait être en même temps membre de l’eschevinat du Nombre et de celui de Ste-Croix, Mastre Eschevin et Eschevin don Palais, comme le « Signour Vaultrin-Simo- « nin » ancêtre des des Androüins.

Ces notions étaient nécessaires afin de comprendre ce que nous allons dire.

Les Androûins étaient donc Citains de Verdun, du Lignage d'Azannes, et quelques-uns même furent WMaître- Echevin et Echevin du Palais. « Issu d’ancienne noblesse « et Lignage d’Azannes, »

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