‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 16 sur 109 · R À AR · texte numérisé non relu

R À AR

l'armée nce et t faire

n’avois , c'est croiser , »s dans | matin.

n pente n sorte au pied é tiré à l’autre.

barques tte idée enadiers ‘y avoit Les trahose, à

ue mal :

lle avait B travail avorable s troncs gnifique aidé nos esogne ;

je s L Satis va AE FA PP M A A UE RE D Ce) chti 16

AT ÿ

Le Ne

mais d’un autre côté, elle pouvait leur nuire considérablement , parce que l'ennemi avait toute facilité de les apercevoir, et toute facilité de leur tirer des coups de fusil. Par bonheur, les Anglais ignorèrent l'ouverture de la tranchée, et quand ils en furent instruits, nos travailleurs étaient à couvert.

Au point du jour, on releva les piquets, on élargit la parallèle, on y ouvrit des chemins de communication, on y traça l'emplacement d'une batterie de six pièces, et on releva le terrain par places pour se garer davantage. Tout cela se fit dans la journée du 13 : mais cette journée fut chaude. Les ennemis firent sur nous un feu d'enfer. Aux canons, aux bombes, à la mousqueterie qu'ils tiraient des deux forts’ à la fois, nous n'avions à opposer que les coups de fusil de quelques grenadiers à travers les crénaux formés de sacs à terre, et de cinq ou six Sauvages ivres qui, sautant par-dessus le parapet, allaient derrière une souche lâcher leur coup, puis revenaient encore plus vite, poussant des cris comme s'ils eussent remporté une victoire. Enfin, vers deux heures du soir, leur feu devint si violent, « que « ny Sauvages, ny François n'osa plus montrer « Son nez » ; puis tout à coup, vers quatre heures, il cessa tout à fait.

Ce silence absolu du fort Ontario étonne : « On « croit à une feinte pour nous engager à quel- « qu'étourderie. » Cependant, après une paire

mn

d'heures, un Sauvage s'offre pour aller à la découverte. Enjambant le parapet, il se glisse de souche en souche jusqu'au pied du rempart, et écoute un instant ; puis tout à coup, on le vit presque aussitôt sauter dans le fort, et reparaitre aux yeux de toute l’armée, accourue dans la tranchée, qui battit des mains.

On envoya la compagnie des grenadiers de Giyenne qui en prit possession. Les Anglais en effet avaient eu peur, ou de se voir couper, la nuit suivante, du vieux Chouaguen ; ou, par une brusque attaque, d’être jetés dans la rivière sur laquelle ils n’avaient pas de pont. Alors ils avaient encloué leurs canons, noyé leurs poudres, et s'étaient retirés avec une telle précipitation qu'ils avaient abandonné trois hommes malades ou blessés, et tous leurs bagages.

« La joye et l'espérance éclatèrent alors, comme « on peut bien le penser, sur tous les visages. On « disoit : — Eh bien ! quand nous ne ferions que « cela, n'est-ce pas assez pour notre gloire ? Mais « les Anglois sont des pleutres : ils se rendront « bientôt ! (1) ».

Mais, Desandroüins n’avait pas le temps de se livrer à ces commentaires. Immédiatement on lui donna 100 hommes pour exécuter un chemin, depuis la parallèle déjà faite, jusqu’au fort Ontario. A neuf heures, ce chemin était achevé.

Il conduisit ses travailleurs à Mercier qui, pro-

(1) Recueil et Journal, etc.

à la e de AP e vit repadans

ss de is en a nuit + une re sur vaient 5 , et qu'ils es ou

tomme es. On 1s que ? Mais

dront

de se on lui Lemin, ntario.

, pro-

ss UT

fitant de la nuit, traçcait l’emplacement d’une batterie avec 200 hommes. Il n’y avait pour protéger ce travail que la compagnie des grenadiers de Béarn et trois piquets armés : mais ce nombre était suffisant, car on était séparé de l'ennemi par la rivière.

A la batterie commencée par Mercier, et placée en avant du fort Ontario, sur un léger escarpement duquel on devait battre le Vieux Chouaguen, nul chemin couvert ne donnait accès. Le colonel de Bourlamaque et le capitaine Mercier jugeaient ce chemin inutile : Desandroüins le disait nécessaire ; sans cela, on ne pourrait, à ciel ouvert et sous le feu de l'ennemi, y trainer les canons, y conduire les munitions, y transporter une once de poudre sans le plus grand danger.

Montcalm, consulté, donna raison à Desandroûins : le chemin creux conduisant à la batterie fut décidé. Le nombre des travailleurs ne suffisant pas, on employa les piquets armés : on en fit venir du camp, tant pour remuer la terre que pour trainer l'artillerie à force de bras, et transporter les gabions, fascines, saucissons et les munitions. L'ennemi nous inquiéta peu cette nuit : il se contenta de tirer une douzaine de bombes et quelques coups de canon que le clair de lune lui permettait de diriger comme en plein jour.

L'ardeur du soldat, excitée par la présence du général, fut telle que le matin, le chemin de communication, ou plutôt la tranchée, fut prati-

er ee

cable, et la batterie armée de 9 pièces de canon, avec leurs munitions. En même temps, on en préparait une autre d'obusiers et de mortiers.

Desandroüins , brisé de fatigues, dort debout ; mais à chaque instant le canon le réveille.

À quatre heures du matin, le soleil se lève radieux : on était au 14 août.

Au même moment, MM. de Rigaud et de Villiers passent la rivière avec leurs Canadiens et leurs Sauvages, tournent le fort et se mettent en mesure de couper toute retraite à l'ennemi. Le résultat de cette mauœuvre fut l'évacuation immédiate du fort Georges que les Anglaïs ne songèrent jamais à défendre.

Puis tout à coup, nos 9 pièces ouvrirent le feu sur le Vieux Chouaguen.

Mais les Anglais y répondirent par un feu non moins vif. Leur tir était plongeant : ils semblaient mettre à la main leurs bombes et leurs boulets dans nos tranchées, ou au moins sur leurs revers et leurs parapets qu'ils dominaient. Ils nous tuèrent pas mal de monde.

Malheureusement le soleil se cache vers sept ou huit heures : un violent orage éclate et une grosse pluie survient. Nos canons n'avaient point de plate-forme : Mercier avait jugé le terrain assez solide pour s'en passer. La pluie détrempe le sol et le rend mou. À chaque coup, les pièces s’enfoncent, tirent trop haut, ou trop bas, ou trop court : il faut les régler et on n’y parvient pas.

anon, nn en TS.

bou :

, lève

et de ens et nt en ni. Le immégèrent

le feu

eu non laient Joulets revers uèrent

ept ou grosse nt de assez le sol

s'en- Li trop t pas.

ERA 1: re

Puis les munitions commencent à faire défaut, et n'arrivent que lentement, malgré l'activité des soldats que gône la pluie. Le feu devient moins vif de notre côté.

Le canon ennemi prend le dessus, et une de nos pièces est démontée.

Personne n'augurait bien de cette journée.

Montcalm, qui de temps à autre venait à la batterie, était inquiet. Cependant, il voulut payer d'audace ; avant qu'il n’y eut aucune brèche faite, il songe à sommer l'ennemi. Desandroüins le vit venir suivi du drapeau parlementaire. 11 ne put s'empêcher de lui faire observer que s’il remettait au lendemain à faire sa sommation, il pourrait l'appuyer sur des canons et des obusiers plus nombreux et mieux servis. Montcalm répondit que si les Anglais ne se rendaient pas, il les sommerait à midi.

Mais, à cet instant-là même, trois heures avant midi, un grave évènement avait lieu chez les Anglais. Le colonel Mercer, commandant du fort, était tué par un boulet français, au moment où il se disposait à faire une vigoureuse sortie.

Sur quel point devait-il diriger cette sortie ? Etait-ce sur nos batteries ? Etait-ce sur les Sauvages et sur les Canadiens de MM. de Rigaud et de Villiers ? Le brave colonel a emporté son secret dans la tombe (1).

(1) Desandroüins tenait ce projet d’un des aides de camp du colonel Mercer.

ss 0

Cette mort funeste jeta le découragement parmi les officiers anglais.

Ils nous croyaient des forces bien plus considérables ; ils étaient surpris 4: 12 promptitude et de la régularité de nos travaux ; leurs barques leur avaient rapporté que nous avions encore une artillerie formidable sur la grève. D'un autre côté, ils voyaient les files des Canadiens et des Sauvages se dérouler, comme de noirs serpents, autour du fort, et ils craignaient d’exciter leur fureur par une résistance trop opiniâtre.

C'est pourquoi, vers onze heures, ils battirent la chamade (2), et demandèrent à capituler. Un seul Anglais s’y opposa : ce fut le maître canonnier, qui soutint qu'il se faisait fort de raser, en quatre heures, la batterie des Français.

Peut-être n’avait-il pas tort.

Montcalm, ravi d’un aussi rapide succès, accepta sans difficulté les conditions de la capitulation. La garnison se constituerait prisonnière de guerre. Tout le matériel des forts, munitions de guerre et : de bouche, appartiendrait aux Français.

Voici le détail de ces prises :

Seize cent quatre-vingt-huit hommes prisonniers de guerre, dont 72 officiers, parmi lesquels 2

ingénieurs, 2 officiers d'artillerie, et 6 officiers de

. marine.

(2) Sorte de batterie de tambour, ou de sonnerie de trompette, par laquelle l’assiégé indique qu’il veut parlementer,

ee

Cinq drapeaux, 121 pièces de canon, 48 mortiers et obusiers, en comptant les bouches à feu qui armaient six grandes chaloupes qui tombèrent aussi en notre pouvoir.

Toutes les munitions de guerre, consistant en 23 milliers de poudre, 8 caisses de balles, 2.980 boulets de divers calibres, 150 bombes de 9 pouces et 300 de 6 pouces, 1.476 grenades, 1.800 fusils de munition, 340 raisins et 12 paires de roues en fer pour affûts de marine.

Enfin, tous les vivres, qui furent très utiles pour ravitailler le camp français : caisses de biscuit, lard ou bœuf salé en grande quantité, farines, riz, sacs de pois et sel.

Les Français avaient acheté ce succès par une trentaine d'hommes hors de combat. Les Anglais avaient payé leur défaite de cent cinquante tués ou blessés.

Aussitôt qu'ils furent maitres des forts, ies Français travaillèrent, avec une incroyable activité, à démanteler et à raser les fortifications ; à démolir et à brüler tous les bâtiments et magasins ; à transporter 2t à embarquer les prises faites.

Puis, le 21 août, l’armée victorieuse remonta sur ses bateaux, traversa de nouveau l'Ontario, laissa momentanément le bataillon de la Sarre à la baie de Niouré pour en compléter l'évacuation, et descendit, par le Saint-Laurent, à Montréal, emmenant ses prisonniers et ses trophées.

Cependant, un incident regrettable avait marqué

me

A FE à

‘tk Eè |

CPSCT SEE

son départ. La garnison anglaise était prisonnière de guerre ; elle avait la vie sauve ; et Montcalm était en droit d'espérer que cette clause de la capitulation serait respectée par toute son armée. Mais il avait compté sans les Sauvages. Nouvellement arrivé parmi eux, il ignorait leurs mœurs. Il ignorait que sa parole donnée, comme général, ne les engageait pas ; que toutes les clauses de la capitulation ne signifiaient rien à leurs yeux, Si eux-mêmes ne ratifiaient ces clauses, ne confirmaient sa parole, si enfin ils n’élaitent point liés par des colliers (1). « Nous ne pouvions avoir, dit « Desandroüins, l’idée de gouverner des troupes « légères avec tant de cérémonies. »

N'ayant donc pas recu de colliers, les Sauvages se ruèrent, au mépris de la capitulation, comme des bêtes féroces sur les prisonniers anglais, au moment de l'embarquement, et en massacrèrent une trentaine avant que les soldats français aient pu porter secours à ces malheureux.

« Cet évènement aurait pu nous attirer des « représailles, ou au moins d’amères récrimina- « tions. Mais comme aucun des Anglois massacrés « ne se trouva être un homme de marque, et qu'on « étoit pour ainsi dire accoutumé à de pareilles

(1) Quand on voulait obtenir une promesse d’un Sauvage on lui offrait un collier : s’il l’acceptait, on pouvait être certain qu'il y serait fidèle, Ce collier reçu équivalait à un serment solennel de sa part. Il était composé généralement de coquillages de diverses couleurs.

È K Fe FÙ LA È e +

ni 00

re « atrocités en ce pays-là, de la part des Sauvages,

1m « cela ne fit pas grand bruit : à peine en fut-il

la « question parmi nous autres Européens (1) ».

6e. En effet, l’on n'y songeait déjà plus lorsqu'on

le- arriva à Montréal. Les Canadiens retournèrent en

rs. hâte dans leurs villages faire les moissons qui

‘al, étaient en retard ; les Sauvages rejoignirent leurs

» la Nations emportant leur butin « comme ils ont

Si « coutume quand ils ont fait coup ; » et les deux { fir- bataillons de Guyenne et Béarn eurent ordre de

iés faire diligence pour aller renforcer le camp de

dit ; Carillon à l'extrémité du lac Champlain, où , pes bientôt la Sarre les rejoignit. Le marquis de |

Montcalm s’y rendit lui-même de sa personne, es dans les premiers jours de septembre ; il trouva me | toutes choses en bon état et complimenta M. de au ü Lévis. ‘ nt 4 « On ne sauroit, dit le capitaine Desandroüins nt À « qui a pris à ce siège une part si belle, on ne | « sauroit donner trop d'éloges à l’ardeur, et au F es : « zèle de chaque officier en particulier. Chacun 1a- ë « s’est porté au progrès et à l'avancement de “a © és i « l'ouvrage commun sans délibérer ny sur les L on É « fatigues déjà essuyées, ny sur aucune autre À les # « considération. La pluspart des soldats ne des- ; « cendoient la garde que pour prendre les outils, Lu À È (2) Papiers du général Desandroüins. — Notes sur le & y : voyage de M. Jonathan Carver... à propos du massacre des Re 3 prisonniers anglais, après la capitulation du fort William- 22 À :| Henry, en 1757. 33

« et travailloient néantmoins avec une activité

qui n’a pas d'exemple.

« Les Canadiens et jes Sauvages n'en méritent pas moins, par la bonne contenance qu'ils ont tenue vis-à-vis de l’ennemy.

« Il est vray que, la présence de M. de Bourlamaque, colonel, commandant particulier des travaux du siège, qui, quoique blessé dès le second jour d'une balle à la tête, n’en discontinua pas d'un instant de porter ses soins par toute la tranchée ; la confiance que M. de Rigauld

inspira aux Canadiens et aux Sauvages ; et le

zèle infatiguable de M. le marquis de Montcalm qui, à travers les bonbes et ies boulets, arrivait d'heure en heure, au milieu des travaux les plus avancés, malgré les cris des soldats et les représentations de chaque officier ; il est vray, dis-je, que rien ne doit surprendre de la part

« de troupes conduites par de semblables géné- « raux (1) ».

Le modeste capitaine n'oublie que lui-même en

ses éloges. Et pourtant, il était resté seul, après la mort de M. de Combles, pour exécuter les travaux du siège, calme et intrépide sous le feu de l'ennemi.

Heureusement, ses chefs, qui l'avaient vu à la

besogne , se souvinrent de sa belle conduite. Montcalm, dans son rapport au ministre de la

(1) Papiers du général Desandroüins. — Description et

Journal du siège des forts de Chouaguen.

Lctivité

éritent ‘ils ont

Bourlaier des dès le ontinua toute la Rigauld + et le ontcalm arrivait les plus et les st vraY, la part s géné-

ôme en près la l'AVAUX nnemi.

u à la

guerre, le désigna spécialement ; et M. de Paulmy lui écrivit, au mois de mars 1757 — les communications n'étaient point rapides alors :

Page 1