CHAPITRE VI
Massacre des Anglais de la garnison du fort William-Henry, par les Sauvages.
Un terrible et fort regrettable évènement marqua, d’une tache sanglante, la capitulation et l'évacuation du fort William-Henry : je veux parler du massacre de la garnison anglaise par nos Sauvages.
Il nous faut en dire un mot ; d’autant plus que le capitaine Desandroüins, qui y a joué un rôle, a rédigé, à cette uccasion, un long rapport intituié : Notes sur le voyage de M. Jonathan Carver dans l'Amérique Septentrionanle, au sujet du massacre des Anglois, par les Sauvages, après la capitulation du fort William-Henry, en 1757 (1).
Ce Jonathan Carver avait écrit une relation de ce fatal évènement, où il semblait inculper les Français et Montcalm lui-même. « Outre cela, « je releveroi, dit Desandroïüins, quelques inexac- « titudes ; car le capitaine n’a pas toujours été
(1) Papiers du général Desandroüins. — Quinze pages grand in-8°, parfaitement écrites.
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« bien informé, où il l’a été à faux. Pourtant « sa bonne foi éclate généralement. »
Après Carver, divers auteurs Anglais et Américains ont aussi attribué la responsabilité de ce massacre aux Francais et à leur général. Les Notes de Desandroïüins me semblent répondre à tous, et à ses contemporains et à ceux qui depuis ont renouvelé leurs erreurs.
« Je vais rendre compie de ce massacre, dit-il, fidellement et selon ma conscience, avec la plus grande impartialité , après m'être informé avec soin, aux témoins oculaires, de ce qui s'étoit passé hors de ma vue. Ce seroit participer au crime que d’altérer la vérité, pour sauver l'honneur d'aucun coupable quel qu'il fût. Je serois bien plus porté à le livrer à l’indignation de tous les honnêtes gens ».
Or, on peut en croire le capitaine Desandroüins. Après avoir donné quelques détails sur la reddition du fort, sr” le séjour du capitaine Fesch, au camp francais, et sur la précaution que Montcalm prit de faire approuver la capitulation par les Sauvages, il continue ainsi :
« Dans l'après-midi du jour de la capitulation, « plusieurs d’entre nous allèrent faire visite, dans « le camp, aux officiers anglais qui, selon l'usage, « pendant les suspensions d'armes, se piquèrent « « «