‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 58 sur 109 · CRÉENT S · texte numérisé non relu

CRÉENT S

A 0 mt er

ER ans de h

< Ils ont convenu de nous avertir sur le champ « si la paix se signoit ; ils ont demandé que nous « en fissions autant, si nous étions les premiers « instruits. Ils souhaitent que les officiers des « deux armées se traitent mutuellement dans « une des isles du lac St-Sacrement, si tôt la « nouvelle reçue de la paix!

« Bougainville les a assurés qu'ils pouvoient « s'amuser à la pêche, toute la journée d’aujour- « d’hui (16 août), le long du lac St-Sacrement, et « qu’il n’y avoit point de partis à la guerre... »

Revenant sur la bataille du 8 Juillet, ils ont avoué y avoir perdu une foule de gens de distinction et des meilleurs officiers surtout dans le régiment de lord Howe qui sembla vouloir venger la mort de son colonel. « Le lieutenant-colonel, « le major, le capitaine de grenadiers et un « enseigne furent tués sur place. Un jeune officier « Ecossois, de la plus haute naissance, parent des « Stuarts, ayant été blessé dangereusement fut « abandonné, avec quatre grenadiers pour le « secourir. Vers la fin du combat, ayant fait « signe du chapeau de derrière une souche pour « qu’on vint le chercher, il fut pris sans doute « pour un homme qui vouloit rallier ses troupes, « et on luy tira un coup de fusil à travers la tête. « Les grenadiers emportèrent son corps qu'on « retrouva sous quelques feuillages et qu'on fit « enterrer. »

Desandroüins rappelle à ce propos qu'il vint au

champ e nous emiers rs des dans tôt la

avoient aujournent, et re... »

ils ont distincdans le venger colonel, et un officier rent des bent fut pour le ant fait he pour s doute roupes, la tête.

s qu'on u’on fit

vint au

camp Français, quelques jours après la bataille, un officier de grenadiers Ecossais, chargés de ramener deux officiers Français prisonniers, et qu'il demanda des nouvelles de ses camarades tués dans l'affaire du 8. « Il a paru, dit-il, touché

de leur disgrâce jusqu'aux larmes ; et n’a point

« voulu s'expliquer nettement sur le nombre de « leurs morts et de leurs blessés. Il avoit ordre « aussi de faire embaumer le corps de ce jeune

lord pour le transporter dans le tombeau de ses ancêtres; mais il étoit trop corrompu. Milord Howe fut embaumé dans la même intention ;

« mais les peuples vinrent audevant de son corps

et il fut enterré à Albany. »

Nous eûmes encore d’autres nouvelles des

Anglais, cette fois par un déserteur qui nous vint le 26 Août.

« Ce déserteur nous a rapporté que les ennemis étoient retranchés jusques aux dents; que leur armée étoit de 8 mille hommes de troupes réglées, plus les compagnies franches de Roger et 200 Morahigans ou Sauvages; qu’ils avoient gardé toutes leurs berges au nombre de 14 ou 1500; qu’il pouvoit y avoir 18 pièces de canon et une douzaine de mortiers ; qu’ils avoient un poste dans une isle du St-Sacrement ; qu’on leur construisoit une barque de 18 canons; que le colonel Bréadstreak étoit avec 5 mille hommes sur la rivière de Chouaguen ; que les milices étoient dégoûtées, et s’en iront si on ne marchoit

Re re 1e : Ten ; PA bu AR Age QD ne tt LT As cal ER AEE

de CR. de date lame à Die LES mind. 2 IR +de AD EE TEE ESP AT tz rc LS

« pas au mois de Septembre. Ils doivent venir nous « revoir dans le même temps...

« L'armée de Loüisbourg, quand elle se sera « emparée de la ville, doit remonter le fleuve et « entreprendre sur Québec. Le colonel Bréadstreak « doit diriger sa marche vers le fleuve St-Laurent, « et tomber sur Montréal. Il dit encore qu'il ne « croit pas que Loüisbourg soit pris. Il a cependant « entendu tirer le canon depuis son départ : ce « pourroit être pour la prise de cette place. »

Les dires de ce déserteur furent confirmés par un rapport de Marin. « Il avoit entendu, dans « une découverte le 28 Août, calfater des berges « au camp Anglois..…. Et la nouvelle de ce calfatage « des batteaux nous met la puce à l'oreille », dit Desandroüins.

Pourtant, il n’était pas bien éloigné le temps où nos officiers disaient aux Anglais, « queles François « étoient trop polis pour ne pas leur rendre la « visite qu'ils nous avoient faite le 8 Juillet! »

On se préoccupait donc au camp Français d’un retour offensif de l'ennemi autant que du siège de Loüisbourg.

Le 51 Août, Bougainville accompagné des volontaires et de quelques officiers Canadiens, fut chargé d'aller reconnaître, en face de Carillon, un lieu propre au débarquement, d’où, avec une colonne de troupes légères, on put tourner les Anglais et tomber sur les derrières du camp de la Chute, supposé qu'ils vinsent attaquer nos retranchements.

nous

sera ve et treak rent, il ne ndant L * cé . »

és par dans berges fatage », dit

aps où ançois dre la t! >

s d'un ège de

é des ns, fut on, un olonne lais et hute, ments.

I n’y avait pas de temps à perdre : « on dit « que l’ennemy reviendra avant huit jours. »

Aussi, on redouble au camp d'activité et de travail. Le 2 Septembre, tous les soldats des huit bataillons furent employés aux retranchements « excepté un homme par chambrée pour faire la « soupe. » Mais pour un si grand nombre de travailleurs, on n'avait pas d'outils. € On a pu « distribuer que 25 haches, 16 pelles, 16 pioches « et 23 cerpes par bataillon. On fournira demain « 125 pelles, 50 pioches, 50 langues de beuf (1). »

Nous l’avons déjà dit : chaque bataillon garait de son mieux le poste qu'il devait occuper pendant le combat, et y accumulait, d’après les instructions de l'ingénieur, défenses sur défenses.

« Le fossé a été commencé vis-à-vis Guyenne « et vis-à-vis Berry. Ce dernier régiment a si bien « travaillé qu'il l’a approfondi deplus de trois pieds, « dans certaines parties.

« Tous les soldats se portoient à ce travail avec « un zèle infatigable. Seulement, quelques officiers « ont cru que lesterres, dont on formoit le parapet, « offriroient une rampe plus douce et plus aisée que « les bois dont étoient faits les retranchemens. « Mais, jamais, on peut l’affirmer, l'ennemy ne « parviendra de vive force à profiter de cette « rampe. Ont-ils été, le 8 Juillet, jamais à moins

(1) Langue de bœuf, outil de maçon, en fer et en forme de cœur auquel s'adapte un manche en bois.

de 20 pas des /raises mises en avant (1). J'ose croire que s’ils fussent parvenus en bon ordre à les déranger, ils se fussent rendus maîtres de nos très mauvais parapets. Donc ils ne tenteront pas une seconde fois, avec une armée rebutée, de passer le fossé et de monter à l'assaut d'emblée. Ns y viendront pied-à-pied, avec des gros canons. Prenez donc des précautions en conséquence de ce raisonnement. »

Quant au siège de Louisbourg, le dénouement prévu s'était accompli. On n’avait pas su d’abord s'opposer au débarquement des Anglais, le 8 Juin; et l'ingénieur, brigadier Franquet, écrivait dès cette époque : « Triste et fatale journée pour « l'Etat! — On devoit s'attendre à autre chose, « dit Desandroüins. Division parmi les chefs : « Mauvais présage ! »

Cependant, on se défendit vaillamment, et l’espérance revint au cœur, à Carillon : nos soldats victorieux applaudissaient de loin à l’énergique défense de leurs camarades de Louisbourg. Le 3 Août, on avait des nouvelles du 7 Juillet. « L’ennemy « n’a pu encore ouvrir la tranchée... Nous nous « défendons avec science et valeur, et l’ennemy

RS "um

rater

a A en ue dt £ ZAR AR À À A

FRA AP DE rte déve EP

par 4

US 1e « a tee NÉ PA te cons À do LL Ve 0 SES 4

Lee

Hagen de

: de

ds

(1) La fraise, en terme de guerre, est une espèce de fortification faite de pieux pointus qu’on fiche en terre, pour empêcher l’approche du retranchement et l'escalade, On se sert particulièrement des fraises pour les ouvrages en terre. Les fraises se placent au-dessous du parapet du

rempart,

PTE nn à me ner En niet er

Dern

Te LE de FE APN

J'ose dre à es de eront e, de 1iblée.

gros *0nsé-

:ment abord Juin ; it dès | pour chose, nefs :

et l’esoldats gique Le 3 inemy s nous nemy

èce de terre, alade, ages en pet du

« attaque très mal; ce qui nous donne lieu de « bien augurer. »

Quelques jours après « M. de Drucourt écrivait « à M. de Vaudreuil, et luy mandoit qu'il seroit « aussi en sureté à Loüisbourg qu'à Montréal. « Avant qu'il soit quatre jours, il espère lui « apprendre la levée du siège, attendu que les « ennemis paraissent faire tous les mouvemens et « les dispositions pour se rembarquer. Il croit « pouvoir assurer que les ennemis ont au moins « quatre mille malades. Ainsi, de 17 mille hommes « qu’ils étoient débarqués, savoir 15 mille de « troupes de terre et deux mille Bostonois, reste « un bien petit nombre pour peu qu'ils en aient « perdu, depuis leur descente. »

Hélas ! la désillusion fut cruelle.

Le 3 Septembre, Bougainville, qui avait parié avec les officiers Anglais qu’ils n'auraient pas de sitôt la place, reçut d’un neveu du général Abercromby « une gazette rapportant la capitu- « lation de Loüisbourg, le 26 Juillet. »

Louisbourg avait en effet capitulé le 26 Juillet, « anéantie par la nombreuse artillerie de l’ennemy ; « et comme il étoit près de donner l'assaut, la « garnison, réduite, dit-on, à 1.500 hommes, a « capitulé et subi des conditions très dures. » |

D'une autre extrémité du Canada, arriva aussi lemême jour une mauvaise nouvelle : les malheurs ne marchent pas isolés. Frontenac avait été pris par les Anglais, le 27 Juillet.

nm Lime DT Ti Lee

VAT PT a

rrtttinttte aee L r 2 “eee =

re ang ménammgeenntr es D Lo

> s' Res 4 g À me ing e = 27 ai de sam Pape A = tance mr à

D. à " 2 2 22 as AR TPM PEN PER TT ie

pau FR Jugez cn » ds 2 PUÉN meR QE D Art et PRÉ MES ar PR A3

Fr n æ.

Le fort de Frontenac, on se le rappelle, commandait la source du Saint-Laurent, au sortir du lac Ontario et barrait aux ennemis l'entrée du fleuve ; comme Louisbourg, commandant son embouchure dans le golfe, leur en interdisait l'accès.

Les Anglais l'avaient attaqué avec 4.000 hommes. Outre que le fort par lui-même ne valait pas grand chose, malgré les travaux qui y avait exécutés deux années au paravant, le capitaine Desandroüins, on avait négligé d'y mettre une garnison : 75 à 80 hommes le défendaient !

« M. de Noyan s’est rendu au bout de deux

« jours et demi. La petite garnison a été bien traitée de la part de l’ennemy qui la renvoya sur parole, à condition qu'on renverroit pareil nombre de prisonniers Anglois.

« Deux barques armées se sont rendues ; mais après avoir été dématées et avoir coulé à fond cinq ou six berges ennemies. La garnison a perdu sept hommes. La faute impardonnable qu'a faite le commandant, est de n'avoir pas brûlé et razé le fort à la première nouvelle de l’arrivée de 4.000 Anglois, et de n'avoir pas pris le large avec les barques qu'il auroit pu armer, mettant le feu aux autres. L’ennemy, dit-on, a trouvé dans Frontenac plus de cent pièces d'artillerie, et douze barques dont une de 20 canons, avec 6 ou 7 mille quarts de farinne. » |

Page 1