‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 6 sur 109 · FAT · texte numérisé non relu

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in l’année 1748, Beauce campa sur les terres de la domination du roi de Sardaigne , jusqu'à la conclusion de la paix d’Aix-la-Chapelle, en octobre même année.

Mais, les gouts et les aptitudes du jeune lieutenant de Beauce le portaient vers les constructions militaires.

Au Collège, il rêvait de Vauban ; au régiment, il dirigea ses études vers l'art de fortifier et de prendre les places ; et en 1749, il demanda à entrer dans le corps des officiers ingénieurs du Roi.

Il fut regretté à son régiment. Son colonel, le comte de Lévis, lui en donna le témoignage le plus flatteur, « certifiant que pendant les deux « ans qu'il avoit servi en qualité de lieutenant au régiment de Beauce, il avoit montré tout le zèle, toute la volonté, tout le courage possible, et qu'on ne pouvoit rien ajouter à la satisfaction particulièrejqu'il avoit eu de sa conduite (1) ». Il entra à l’école de Mézières et échangea l’habit gris-blanc de Beauce, contre le brillant uniforme des ingénieurs : « habit en surtout; doublure, « veste et culotte écarlate, paremens bleux, « boutons de cuivre dorés et faconnés, manches « en bottes, bas rouges et chapeau bordé d'or. »

L'école de Mézières formait eæclusivement des ingénieurs ou officiers du génie. On appelai: les

(1) Papiers du général Désandroüins. — Certificat du colonel de Levis.

PERL us s de cours de l'école la gâche. Ils duraient deux ans, à la Les cours terminés, les jeunes ingénieurs entraient obre dans leur métier, ne faisant que celui-là et ne s'occupant qr'à bétir où à tracer. Ainsi on avait ute- ‘des constructeurs, des architectes d'ouvrages miliions taires et de fortifications.

« Le corps des officiers ingénieurs du Roy »

ent, était, en 1750, composé de 360 ingénieurs. Il n'y t de avait pas alors de troupes du génie.

a à Ces 360 ingénieurs obéissaient à un Directeur du général qui, souvent, était un maréchal de France. Dans chaque province était aussi un Directeur l, le particulier.

e le Dans chaque place de guerre, un Ingénieur en leux | chef et des Ingénieurs ordinaires, plus ou moins, ant | selon l'importance de la place. Enfin les Tngénieurs t le ordinaires, les débutants formaient de, brigades ble, de 8 officiers, sous les ordres d’un chef de brigade, tion et étaient disséminés dans les petites places de ) ». guerre de la province.

bit | Les Ingénieurs directeurs de province avaient me rang de colonel; les Ingénieurs en chef, rang de re , lieutenant-colonel ; et les Ingénieurs ordinaires, X , | rang de capitaine. | hes Desaudroüins passa deux a à l'école de 1 + Mézières ; s’y distingua par son travail et son 41 des application ; subit avec éclat son examen de sortie, Le ton qui embrassait les fortifications des places de ‘j d terre et de mer ; et fut envoyé à Dunkerque, place maritime. j

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Sa commission d'Ingénieur ordinaire lui fut expédiée, au nom du Roi, le 10 mars 1753. Il avait, à Dunkerque, pour Ingénieur de la province un sieur Delafon, et pour Ingénieur en chef un sieur de Fréville.

Dans l'intervalle, il avait eu la douleur de perdre sa mère; l'acte d'émancipation , de lui, de son frère et de ses deux sœurs, donné par le Roi, est daté du 3 juin 1753.

Desandroüins resta trois ans à Dunkerque, travaillant et s'accupant de son métier. Mais son esprit ne restait pas toujours attaché à ses pierres, ni même au sol de la vieille France.

Là-bas, bien loin au-delà des mers, il y avait une France nouvelle, autrefois riche, florissante et vaste trois fois comme l’ancienne, mais qui naguère avait été réduite de moitié par les

conquêtes de l'Angleterre (1), A l'heure présente, .

ce qui en restait, le Canada, achevait de nous échapper, abandonné par la coupable incurie du Gouvernement, ruiné par le désordre et les concussions de l’administration coloniale, et en but aux attaques incessantes des Anglais.

Plus d’une fois, le jeune ingénieur avait tourné, vers le Canada, ses pensées et ses regards. Son patriotisme souffrait de l'atteinte portée, en ces

(1) L’Acadie et l’île de Terre-Neuve, deux vastes pays voisins du Canada, étaient au pouvoir des Anglais, depuis 1723, Elles s'appellent aujourd’hui la Nouvelle-Ecosse.

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lointains pays, à l'honneur du nom Français. Et puis, il n'avait pu résister à l'espèce de fascination qu'exercent parfois, sur des hommes jeunes, forts, intelligents, l'amour des lointains voyages et des aventures, l'attrait du péril et de l'inconnu.

Il demanda donc à passer au Canada.

Mais le poste était dangereux; il y avait bee coup de concurrents ; et il ne fallait qu'un seul ingénieur.

« J'ay eu bien des sollicitations à faire, dit-il « lui-même, avant d'arriver à obtenir cette faveur. « Mais enfin le prince de Croy et M. de la Serre, « gouverneur des Invalides, m'ont accordé leur « protection avec chaleur » (1).

Le 9 février 1756, il recevait d'abord ordre de se rendre à Brest et « d'attendre là les ordres « de Sa Majesté. Je vous informeroi plus tard de « votre nouvelle destination », lui écrivait le marquis d’Argenson.

Enfin, le 14 mars, le même ministre l'informait que « l'intention du Roy étoit qu'il passait au « Canada. Soiés persuadé, ajoutait-il, que je feroi « connoiître au Roy les comptes favorables qui « seront rendus sur votre facon de servir » (2).

Quelques jours après, M. de Machault lui mandait

(1) Papiers du général Desandroüins. — Lettre à son cousin, € Monsieur de Walter Neurbourg, exempt des « Suisses de la Garde du Roy, en son château de Cattenom, « Par Thyonville à Cattenom. »

(2) Papiers du général Desandroüins. — Lettre du marquis d'Argenson.

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