‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 5 sur 109 · PERS: DUR · texte numérisé non relu

PERS: DUR

bourg, conseiller au Parlement de Metz, dont le fils, lieutenant aux Cent-Suisses, devint maréchal de camp. A son tour Nicole-Prudente épousa Charles Hallot, son cousin, écuyer, substitut du procureur du Roi, à Verdun. De ce mariage naquit un fils qui fut lieutenant-colonel de Monsieurinfanterie, et devint aussi maréchal de camp (1).

Nous aurons occasion de parler de ces deux parents du maréchal de camp Desandroüins, dans le cours de cette histoire.

Ainsi, dans cette noble famille, il y eut trois officiers généraux en même temps.

On le voit, la noblesse Verdunoise mariait sans peine l’hermine du magistrat à l'épée du soldat : elle donnait simultanément, à la justice des magistrats intègres, et à l'armée des officiers distingués.

Jean-Nicolas Desandroüins fut l'aîné d’un frère, Charles-Louis-Nicolas, qui entra aux gardes du corps de Louis XV et mourut sans postérité, en 1761 ; et de deux sœurs, Marguerite-Ursule et Marie-Barbe-Francoise.

Il y avait quelque chose de Spartiate dans la manière dont la noblesse de province, et même la haute bourgeoisie, élevait alors ses entants. On était très dur pour le corps, sévère et plein de précautions quant au cœur, prudent et en même temps exigeant quant à l'esprit.

(1) La fille du colonel de Monsieur, M°"° Nymphe Hallot, est, morte à Verdun en 1871.

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L'éducation du jeune Desandroüins se fit d'après ces principes. Aussi, elle donna, pour l'avenir, un homme robuste de corps, ferme de caractère , énergique de volonté, irréprochable dans sa conduite, honnête au possible et d'un esprit large et cultivé.

Tout en demeurant sous cette heureuse influence de la famille, il fit ses humanités au Collège de Verdun, dirigé par les Jésuites (1). On étudiait, ou plutôt on effleurait moins de choses, au Collège, alors qu'aujourd'hui; mais ce qu'on étudiait, on le savait beauconp mieux. La jeunesse y était instruite « ez lettres humaines, grecques et « latines, et bonnes mœurs. »

Parvenu à l’âge de dix-sept ans, Desandroüins embrassa la carrière des armes. Il prit une commission de lieutenant et entra au régiment de Beauce-infanterie, où il trouva encore vivant le souvenir de Chevert, qui y avait été major et qui devint un des plus solides généraux de l'armée française. Il est probable que Chevert recommanda son jeune compatriote à ses anciens camarades (2).

Le régiment de Beauce faisait alors campagne en Provence, où le jeune lieutenant rejoignit.

(1) Le Collège de Verdun fut fondé en 1570, par Nicolas Psaulme, évêque de Verdun, qui y appela des Jésuites. Expulsés en 1762, les Jésuites furent remplacés au Collège par des prêtres séculiers.

(2) Chevert était major de Beauce en 1738.

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On était en guerre avec l'Angleterre, l'Autriche et le Piémont (1).

Les Austro-Piémontais vénaient d’envahir la Provence. Le maréchal de Belle-Isle, à la tête de quelques milliers de soldats, parmi lesquels était le régiment de Ecauce, les força à repasser le Var, (2 février 1747). Mais ce n'était pas la fin de la guerre.

Au printemps, elle recommenca avec plus de furie, cette fois en pays ennemi. Desandroüins assista à la prise de Villefranche, dans le comté de Nice; puis alla rejoindre, avec son régiment, le corps du chevalier de Belle-Isle, frère du maréchal, qui, par les gorges les plus sauvages des Alpes, devait marcher de Briancon sur Turin.

Mais le chevalier de Belle-Isle fut arrêté par des retranchements qui lui barrèrent le passage, au col de l’Assiette. Ne pouvant ni tourner, ni dominer cette position, on l'attaqua avec une aveugle impétuosité. Pendant deux heures, les Francais se firent mitrailler et fusiller à bout portant par les Piémontais; et l'on fut obligé de reculer, laissant 5 000 morts sur le terrain. Beauce perdit beaucoup de monde, et Desandroüins fut l'un des plus braves, (19 juillet). Montcalm, le futur et héroïque vaincu du Canada, se trouvait aussi à l'affaire de l’Assiette. Il y fut blessé en menant à l’assaut son régiment, Auxerrois-infanterie.

(1) Cette guerre est appelée Guerre de la Succession d'Autriche.

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