‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 91 sur 109 · Il lonel du ue avec l'armée de cette · texte numérisé non relu

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chargé d'améliorer et de complèter, d’après les nouveaux systèmes, les fortifications démodées du fort Lavalette.

Nous eussions même toujours ignoré son séjour dans l’île des Chevaliers, s'il n'était indiqué à la fin d'un Z'{at de services qui lui fut délivré en 1762, lors de son retour, par M. de Pont-le-Roy, et certifié par le chevalier de Lévis, deux héros de la guerre du Canada.

Déjà, à cette époque, il comptait : 22 années de services tant dans l'infanterie que dans le génie : 23 tranchées : 6 campagnes dans le génie, et 3 dans l'infanterie.

M. de Lévis ajoutait :

« Je certifie le présent Etat de services du sieur « Desandroüins conforme à l’exacte vérité ; que « cet officier a servi au Canada, tant sous les « ordres de M. le marquis de Montcalm que sous « les miens, avec le plus grand zèle et le plus « grand courage; que ce général, ainsi que moi, « avons fait usage très utilement de ses talents « dans plusieurs occasions ; et que par la distinc- « tion de ses services, il est très susceptible des « grâces du Roy qu'il plaira à M. le duc de « Choiseul de vouloir bien lui procurer. — Signé : « le marquis de Lévis. »

Desandroüins était revenu à Verdun lorsque lui fut délivré ce témoignage flatteur du marquis, autrefois chevalier de Lévis.

Mais son séjour à Verdun ne fut pas long. Le

28 avril 1762, le duc de Choiseul lui écrivait « qu'il « était nommé pour être employé à Strasbourg, « pendant l'année présente, comme ingénieur « ordinaire. »

Il resta à Strasbourg jusqu'à l'hiver 1763, époque à laquelle il dût solliciter un nouveau congé de six mois qu'il vint encore passer à Verdun.

A l'expiration de ce congé, avril 1764, il fut envoyé au Neuf-Brisack : du Neuf-Brisack, à Thionville ; et de Thionville, à Saint-Omer où il se rendit au mois d'avril 1767.

Mais à peine y était-il arrivé, que le duc de Choiseul lui écrivit que « le Roy l'avait nommé « pour être employé aux travaux qui seront faits « cette année pour la continuation du canal de « jonction de la Lys à l'Aa. » Ces travaux durèrent deux ans, après quoi il alla à Bapaume en remplacement de l'ingénieur parti pour les Indes : mars 1769.

En 1773, il fut nommé Zrgénieur en chef, et envoyé en cette qualité à Nancy. Cet avancement lui valait le grade de lieutenant-colonel. Cependant ce ne fut que l’année suivante, au mois de septembre, « à la suite d'un travail concernant le « corps du génie, » qu’il obtint du Roi la corinission de ce grade (1).

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(1) Le Roi était alors Louis XVI. Le triste Louis XV était mort en avril 1774.

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Desandroüins n'avait aucun ingénieur sous ses ordres, ni aucune place forte dans son ressort, si ce n’est Saint-Dizier dont les fortifications devaient être bientôt démantelées. Aussi, dès son arrivée, fut-il chargé de l'agrandissement de l'hôpital militaire de Bourbonne-les-Bains que l’on mit à même de recevoir 600 malades. Pendant ce travail, le Directeur de la Province des Trois- Evéchés et de la Lorraine « détacha à Nancy « un Ingénieur en état de le remplacer. »

De Nancy, il fut envoyé, le 13 mars 1776, à Sarrelouis où il avait deux ingénieurs sous ses ordres. Là, il fut chargé de la construction d’un pont, à propos duquel le prince de Montbarey, ministre de Louis XVI, lui écrivit le 28 octobre de l’année suivante :

« Je suis informé, Monsieur, que le pont de « Sarrelouis est au moment d’être fini, ce aui « prouve que le travail à été poussé avec la plus « grande vivacité pendant l'été. Et comme vous y « avés contribué le plus, je suis bien aise de vous « marquer que le Roy est très satisfait de tous « les soins que vous vous êtes donnés pour un « ouvrage qui en exigeait beaucoup de votre «€ part. »

Les longs et bons services de Desandroüins dans les divers postes qu'il avait occupés méritaient de l'avancement. Le Roi le nomma, au mois de mars 1779, « sous brigadier de la brigade de Lille, et lui accorda la commission de colonel. »

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Ce fut avec ce nouveau grade qu'il passa en Amérique.

L'Angleterre, autant par la politique que par les armes, s'était créé, dans l'Amérique du Nord, depuis un siècle, un empire grand comme la moitié de l'Europe. Un peuple nouveau, à l'origine bizarre mélange de colons anglais, d'aventuriers de diverses nations et de naturels du pays, avait grandi à son aise sur ce vaste sol américain. Il conservait la religion, les mœurs, le caractère de la mère-patrie ; mais le souvenir des liens qui l'unissaient à elle s'était affaibli.

Quant au Canada, conquis depuis quinze ans à peine, il restait Français : malgré cela l'Angleterre le ménageait. Ce fut peut-être la raison pour laquelle il ne suivit point le reste de l'Amérique dans sa rébellion. Pourtant, il en fut la cause indirecte.

Cette guerre du Canada, autant que la guerre de Sept-Ans, avait épuisé l'Angleterre. Elle voulut en faire supporter une partie des frais à ses colonies américaines. L'Amérique protesta : l’Angleterre ne tint compte de cette protestation. Et, 1e 6 juillet 1776, les treize Provinces ou Etats, qui formaient la Colonie anglaise dans l'Amérique du Nord, se déclarèrent indépendants sous le nom d'ETaATs-UNis.

Les Américains avaient été faconnés à la guerre contre les Français au Canada. Leur premier général fut Washington qui y avait servi comme

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