DÉFAIT L'AVANT-GARDE DE FHAINCISCO DE MELOS
Quelques semaines s'écoulèrent après le retour de Fabert en Italie sans que la Valette reçût l'argent et les renforts promis'. Les armées des maréchaux de Gluitillon et de la Force absorbaient alors la plus grande partie des ressources. Les troupes espagnoles, passées provisoirement du commandement de Lleganez sous celui de don Francisco de Melos, étaient rentrées en campagne pendant ce temps-là, et se dirigeaient sur Pomaro, près du Pô (rive droite), un peu en amont de Valenza. Fabert, à la tête de quarante cavaliers, tomba à l'improviste sur l'avant-garde. Dans la lutte acharnée qui s'ensuivit, l'ennemi laissa plus de quarante cavaliers sur place ; une balle perça le chapeau de Fabert et son cheval fut tué sous lui. Don Francisco de Melos continuant sa marche après la prise de Pomaro, la Valette se porta vivement à sa rencontre ; mais le général espagnol franchit le Pô au milieu de la nuit et se déroba à son attaque. La saison était déjà avancée; quelques secoiu-s tardifs en hommes et en argent arrivèrent de France. La
I. « J'écris à MM. de Bullion et Boulhilier, pour les presser d'ettectuer diligemment ce qui a été promis pour l'Italie à Fabert Je vous prie agir en cela opportune et importuné. » (Lettre (orig.) de Richelieu à Chavigny , du 3 septembre, Arch. aff. étr., France, t. LXXXIX.)
i( Messieurs les surintendants venant aujourd'hui ici [Sainl-Gcrmain|, je leur parlerai des affaires d'Italie, afin qu'ils exécutent ce qui a été promis au sieur Fabert. » (Lettre orig. de Chavigny à Richelieu, du 6 septembre, même source.)
D'après la date à laquelle eurent lieu ces démarches de Richelieu et de Ghavi^^ny auprès des surintendants, on voit que ceux-ci ne s'étaient pas pressés de donner satisfaction à la Valette. Plus de six semiines s'étaient écoulées depuis que Fabert avait quitté Abbevillc.