‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 109 sur 334 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

(Mars 1639-13 janvier 1G42.)

Riclielicu coii*uUe Fabcit sur la clirection à donner, au delà des Alpes, à la politique et à la guerre (lG31)j. — Fabert en Italie, comme sergent de bataille, sous la Valette; organise la défense de Turin. — Au siège de Chivasso. — Est blessé grièvement à l'attaque de Turin. — Envoyé auprès de Louis XIII, à Lyon et à Grenoble, pour exposer les besoins de l'armée, et défendre son général contre les soupçons d'infidélité que Richelieu faisait peser sur lui. — La Valette meurt avant le retour de Fabert en Italie. — Richelieu offre à Fabert, en échange du dévouement qu'il sollicite de lui, son amitié et sa protection. — Fabert capitaine au régiment des gardes françaises. — Revient servir en Italie sous le comte d'Harcourt ; sa brillante conduite au combat de la Rota. — Seconde Richelieu dans la préparation de la campagne sur la frontière du Nord, au commencement de 16i0. — Le siège d'Arras est décidé d'après son avis ; il se rend à plusieurs reprises, au péril de sa vie, d'Amiens à l'armée de siège ; le roi reconnaît qu'on lui doit la prise de la place. — Conduit sous escorte, à Nancy, le chef de partisans Jean de Werth, prisonnier de guerre (1C41). — Envoyé à l'armée de Champagne, pour presser le maréchal de Chàlillon d'agir; prédit la défaite de la Marfée, à laquelle il assiste. — Exécute plusieurs voyages entre Reims et Rélhel. — Dirige une attaque aux sièges de Donchery et de Bapaume; brave le préjugé d'après lequel les fonctions d'ingénieur sont indignes de sa charge. — Est victime, dans une hôtellerie de Clermont-en-Beauvoisis, d'une folle équipée de deux 'jeunes officiers, qui le blessent dangereusement ; sa conduite généreuse. — A la nouvelle qu'une accusation d'attentat contre la personne du roi et celle de Richelieu pèse sur le duc d'Épcrnon, il offre de se porter caution pour lui ; sur ses sollicitations, le de-

inS RICHELIEU S'ÉCLAIRE DES AVIS DE FABERT.

nonciateur est mis en prison. — Assiste le duc à ses derniers moments (1612).

La défiance de Richelieu ne tarda pas à se raviver par les appréhensions qui l'avaient déjà excitée. Fabert fut rappelé à. la cour en mars 1639. Parti de Metz le 21, il arriva le 27 à Paris, d'où il se rendit à P«ueil. Le ministre, en l'invitant à rejoindre sans délai le cardinal de la Valette en Piémont, le consulta sur la direction à donner au delà des Alpes tant à la politique qu'à la guerre.

C'était le temps où les Espagnols se préparaient à rouvrir les hostilités avec des forces imposantes, et où la duchesse Christine, qui avait consenti à disgracier le P. Monod, son confesseur et l'ami du P. Caussin, afin de satisfaire le ressentiment de Richelieu, attendait impatiemment le secours qu'on lui avait promis pour prix de ce sacrifice; elle se sentait impuissante, sans la proteclion du roi, à prévenir l'éclat imminent d'une révolution intérieure fomentée par les princes de Savoie, de connivence avec l'Espagne. En homme parfaitement au courant delà situation, Fabert répondit à Richelieu que de tous les devoirs qui s'imposaient au gouvernement pour relever en Italie les armes et le crédit de la France, le plus pressant lui semblait être de rétablir les troupes sur un pied respectable; qu'ensuite il serait à propos de laisser au cardinal l'initiative nécessaire à la bonne conduite des opérations, et de l'aider, parla confiance qu'on lui témoignerait, à s'affranchir de la crainte de déplaire à la cour. La justesse de cet avis parut

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