DÉFEND LA VALETTE SOUPÇONNÉ D'INFIDÉLITÉ
minelles préparées coDlre Metz, il comptait peut-être arriver à vaincre, grâce à cette communication, sans que son frère, déjà dégradé par une condamnation à mort, en fût plus compromis, la défiance persistante dont il était lui-même Tobjet. Peut-être encore espéraitil mériter par là quelque adoucissement aux rigueurs qui avaient frappé son père, le vieux duc d'Epernon, Fabert était porteur de cette pièce de conviction ; il devait en accompagner la remise au ministre de tuus les éclaircissements qu'il croirait utiles pour mettre son général hors d'inculpation \ Le jour même de son arrivée à Lyon, il s'était acquitté de ce devoir. Le surlendemain, d'après l'avis de Richelieu, il avait envoyé à M. de Roquepine des instructions en rapport avec les circonstances qu'il venait de réxéler. Là-dessus, un courrier d'Italie avait apporté la nouvelle que la Valette était tombé malade au château de Rivoli, près de Turin. Le chagrin que causait au cardinal le spectacle de sa famille inj\istemenl persécutée, avait engendré une fièvre lente qui minait ses forces. Quand, à bout de protestations de dévouement, il n'avait plus vu d'autre moyen de regagner la confiance de Richelieu que de faire servir les confidences de son frère à sa })ropre justification, une douloureuse émotion s'était emparée de lui et avait déterminé les premières atteintes d'un mal des plus graves (H septembre).
Au premier avis de l'état alarmant du cardinal,
1. Lettre (aiit.) de la Valette à Richelieu, du 2 septembre (Arch. a/f. étr., Piémont-Mont ferrât, t. XXVII) ; lettres (aut.) de la Valette