RETOURNE EN ITALIE. - MORT DE LA VALETTE. U
Richelieu lui avait dépêché un médecin lyonnais, nommé Giiillemin, qui arriva à Rivoli le 25 septembre. Peu après, il lui envoya de Grenoble Renaudol, son second médecin. Fabert, informe de son côté que le cardinal était en danger de mort, avait demandé à retourner en Ralie; mais à la veille des conférences où allaient se traiter avec la régente de Savoie les conditions de l'assislauce qu'on était disposé à lui prêter, Richelieu crut devoir le retenir auprès de lui. 11 n'obtint l'autorisation de quitter Grenoble que le 28 septembre. Ce jour-là même mourait le cardinal de la Valette. Fabert apprit cette triste nouvelle le lendemain, en vue du fort Rarraux, par le courrier qui la portait au roi, et en fut profondément affecté. Il continua sa route vers Rivoli, passant par Aiguebelle, Saint-André, Suse, le col de Fenestrelle et Pignerol, où il sut que MM. de Thou et de Rinos, témoins des derniers moments du cardinal, rentraient en France par un autre chemin avec ses lettres et ses principaux papiers, destinés à être remis à Richelieu et aux secrétaires d'Etat. En arrivant à Rivoli, où il ne séjourna que vingt-quatre heures (du 5 au 6 octobre), il s'occupa d'assurer le payement des créanciers du cardinal, et la subsistance de son personnel domestique qui n'était pas encore congédié. Il régla ensuite tout ce qui concernait le transport des dépouilles mortelles du prélat jusqu'à Cadillac, en Guyenne. Son désintéressement, bien connu de ses
à Cliavigiiy, des 2, 6 et 11, et à de Noyers, du 2 sepleiubre. {Arcli. ail. étr., Turin, t. XXIX.)
150 REJOINT RICHELIEU A HEYRIEUX.
amis, lui aurait fait perdre une somme de sepl à huit mille écus que lui avait empruntée le cardinal à une époque déjà éloignée, si M. de Binos, dépositaire des titres du défunt, n'eût pris l'initiative de la lui remboursera Au moment où le roi s'apprêtait cà quitter Grenoble, après l'insuccès des tentatives réitérées de Richelieu pour amener la duchesse Christine à se mettre sans réserve à la merci de la France, Fabert y arrivait (9 octobre) de retour de Rivoli. Le 10, il se trouvait en compagnie de MM. de Chavigny et de Thou, à la Grande Chartreuse, où la cour était de passage, s'acheminant vers Lyon; il y reçut de Richelieu l'ordre de faire ses préparatifs pour revenir en Piémont. Le 11, il rétrograda sur Grenoble, d'où il repartit aussitôt pour Lyon. Le 13 au matin, ayant rejoint Richelieu à son lever, au village d'Heyrieux, il lui présenta des lettres de MM. de Roquepine et de Tréville -, qu'un exprès venant de Metz lui
1. Après avoir annoncé à Cliavigny la mort du cardinal, M. de Vignoles, gouverneur de Savigliano pour le roi de France, ajoutait : (( Il [le cardinal] a recommandé ses dettes et sesdomestiques, et, connaissant riionneur de M. Fabert, il devait prendre \sic] sepl à huit mille écus qu'il lui avait prêtés, il y a longtemps; je ne crois pas qu'il en parle, et si ses amis n'ont plus de soin de lui que lui-même en cette alTaire, je crains qu'il pourrait perdre cette dette qui est assez considérable. I) (Lettre aut. du 28 septembre, Arch. aff. élr., Turin, t. XXIX.)
i. Richelieu, toujours inquiet au sujet de ce qui se passait à Metz, avait envoyé M. de Tréville dans cette place, dès le 26 septembre, pour surveiller la conduite de M. de Roquepine. L'un et l'autre lui écrivaient, M. de Roquepine pour protester de son entière soumission aux ordres du roi, M. de Tréville pour témoigner des sentiments de fidélité qui animaient M. de Roquepine. (Lettres (aut.) de M. de Roquepine du 5, de MM. de Tréville et de Sus du 10 octobre, à Chavigny. Arch. aff. élr-, Lorraine, t. XXXI.)