RICHELIEU LUI OFFRE SON AMITIE ET SA PROTECTION
avait apportées la veille à Artas. Le même jour, Richelieu annonça à Fabert son intention de lui faire donner une compagnie dans le régiment des gardes françaises. Cette promesse venait à la suite d'un entretien de Fabert avec le ministre, entretien qui est, sans contredit,un des fails marquants de sa vie, si l'on considère l'innuence qu'il eut sur sa fortune miblaire. C'était au lendemain de son retour de Ilivoli en France *, la crainte d'être à l'avenir exposé à la rancune de Richelieu le préoccupait vivement. Persuadé que le plus sûr moyen d'éviter une disgrâce ou des persécutions était de renoncer h la profession militaire, il alla trouver le ministre afin d'en obtenir l'autorisation nécessaire poui' mettre à exécution son projet de retraite. Sans lui laisser le temps de s'expliquer sur ce sujet, Richelieu se hâta de prendre la parole pour déplorer dans des termes touchants, qui décelaient une affliction sincère, la perte de leur ami commun; il olYrit ensuite à son interlocuteur surpris et ému, en échange du dévouement qu'il sollicitait de lui, son amitié et sa protection. Heureuse inspiration! Ce dévouement lui était désormais acquis tout entier. Il n'en voulut d'autre garant que la parole même de Fabert, Chacun des contractants de ce pacte devait d'ailleurs y rester tidèle; aussi ne saurait-on dire lequel en remplit le mieux les obligations, du ministre
1. Le p. Barre, qui a emprunti; la relation détaillée de cet entretien à Saint-Jory, n'indique pas l'époque à laquelle il eut lieu. Il peut se iilacer, au plus tôt, le 9 octobre, date du retour de Fabert de Rivoli à Grenoble; en tout cas, il n'est pas postérieur au 13.