DE LA MARFÉE, A LAQUELLE IL ASSISTE
— Hé bien, reprit Fabert, aujouid bui vous enverrez une. » A ces paroles, Châtillon parut secouer son indifférence. Après avoir vérifié de ses propres yeux que Tenncmi prenait position sur le plateau, entre le bois et le village de Cbaumont, il se bAta de disposer son armée en bataille, sur deux lignes d'infanterie appuyées aux ailes par de la cavalerie, le canon en avant de la première ligne. Les troupes de Lamboy et des princes se trouvant dérobées à la vue de l'armée royale par un pli de terrain, le marquis de Sourdis et Fabert allèrent les reconnaître et en découvrirent une grande partie dans une espèce de fond, en avant du bois, où elles étaient serrées confusément les unes contre les autres '.
Cbâtillon crut le moment propice pour entrer en action ; tandis que son artillerie ouvrait le feu, l'infanterie de l'aile droite attaqua avec succès les Impériaux. En même temps, le maréchal ayant été prévenu par Fabert que la cavalerie de l'aile gaucbe, aux ordres du marquis de Praslin, n'avait pas suivi l'infanterie dans son mouvement, il la fit avancer. L'affaire, bien engagée, paraissait devoir tourner à l'avantage des troupes du roi, lorsque la cavalerie légère de l'aile droite, plusieurs fois ramenée au feu
1. Dans une lettre (orig.) à Boutliilicr, datée de Roye, 10 juillet (Arch. aff. étr., France, t. XCVII), Richelieu évalue à 3000 ciicvaux et 9000 hommes de pied les forces de l'armée royale, et à 2500 chevaux et 7000 hommes de pied au maximum colles des alliés. La relation de la bataille de la Marfée, par Fabert, imprimée dans le recueil d'Aubery sous le lilve d'Extrait de lettre de M. de Fabert, fournit, pour l'effectif de l'armée de Chàtillon, les chiffres suivants : cavalerie, 2i00 ou "2500; infanterie, 8000.
in CONDUITE DE FABERT
par le marquisde Sourdis, tourna biide tout à coup. La plupart des régiments d'infanterie de la première ligne plièrent à leur tour, entraînant dans leur fuite ceux de la deuxième ligne, excepté le régiment du comte de Roussillon'. Un mouvement tournant du duc de Bouillon sur le flanc de la cavalerie de Taile gauche porta le désordre à son comble. Ce fut alors un sauve-qui-peut général indescriptible. Ghàtillon faillit tomber aux mains de l'ennemi". « La bataille était perdue, dit Fabert, dans une lettre adressée à Talon, lorsque les gendarmes de la reine et de Monsieur, au nombre de deux cent vinot maîtres, chargeant l'aile gauche des ennemis, la rompirent toute, et M. le comte [de Soissons], qui était derrière la cavalerie qui s'était couverte de l'infanterie, fut tué en cette charge, laquelle mit tout le reste des troupes en telle confusion et désordre, que si deux cents chevaux les eussent chargées sur la gauche, nous regagnions ce que nous avions perdu ^. » Le maréchal de Ghàtillon