‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 132 sur 334 · PRÉDIT LA DÉFAITE · texte numérisé non relu

PRÉDIT LA DÉFAITE

au point du jour. Malheureusement, une pluie torrentielle survint pendant la nuit, et malgré les pressantes sollicitations que lui adressèrent Fabert et les autres officiers pour décamper à l'heure indiquée, Châtillon, toujours irrésolu, retarda le départ de quelques heures. Pendant ce temps-là, les Impériaux , après avoir traversé la Meuse en amont de Sedan, se portaient de grand matin (6 juillet), avec les soldats du duc de Bouillon et du comte de Soissons, sur les hauteurs explorées la veille par Châtillon et Fabert.

Il était huit heures du matin quand les troupes royales quittèrent Remilly ; elles se dirigèrent pendant quelque temps, en suivant les hauteurs, à travers des terrains détrempés par la pluie, sur Bulson, d'où elles redescendirent dans le vallon de Thélonne, pour gravir ensuite, entre deux bouquets de bois, le flanc sud-est du petit plateau situé sur la rive droite de la Bar, vers Cheveuge et Chehéry, et où s'étend, vers le nord, le bois de la Marfée. Fabert constata presque aussitôt la présence de l'armée confédérée dans le voisinage du bois, et s'empressa d'en informer Châtillon. « Ce n'est rien, répondit le maréchal sans s'émouvoir, c'est un parti qui vient nous observer. — Parbleu, répliqua vivement Fabert, on ne vient pas reconnaître avec de l'infanterie; j'ai vu les piques, j'ai vu l'armée entière. » Puis, se tournant vers le fds du marquis de Sourdis, il lui demanda s'il avait jamais été témoin d'une défaite. « Non, répondit le jeune seigneur.

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