A LA MARFÉE
nous apprend de son côté que cette charge héroïque fut conduite par Fabert*, « qui n'avait épargné sa personne, selon son courage accoutumé ; » il nous le montre tentant, dans un suprême effort, de rallier les fuyards, et après que tout espoir de ressaisir la victoire s'est évanoui, venantle rejoindre et lui rappeler, dans ces cruels moments, les mesures que commandent le salut de l'armée et le service du roi. Quoique la bataille eût duré une heure À peine, elle coûta aux troupes royales environ trois cents hommes tués, dont deux maréchaux de camp, trois à quatre mille hommes faits prisonniers, dont près de trois cents ofliciers, et les étendards, les canons et les bagages tombés, avec la caisse militaire, au pouvoir de l'ennemi. Mais, si grand que fût le désastre, les suites les plus redoutables en étaient conjurées par la mort du comte de Soissons, sur lequel reposaient toutes les espérances des princes et de leurs alliés "'.
logique de Vhisloire de la ville de Mouzon, avec ses dépendances et paijs circonvoisins, par le P. Fiilgence, de Mouzon, capucin, iVs. m-4, de la Bibliollièque de Sedan.)
1. Le même fait est rapi)orlc en ces termes dans les préambules (projet), cités précédemment, des lettres d'érection en marquisat de la terre de Larrcy, en IGôO :
(( A la bataille de Sedan, ne restant plus sur le champ de bataille que les deux escadrons de gendarmes de la reine et de Monsieur, s'étant mis à la tète de l'un, il |Faberl| chargea si vigoureusement le régiment d'infanterie de Melternicli, qu'il le défit incontinent, et ensuite les dragons qui étaient derrière, la cavalerie qui les suivait, en sorte que s'il eût été secondé, la bataille qui était perdue se regagnait infailliblement. »
2. Nous avons eu entre les mains plusieurs plans de la bataille de la Marfée. Celui qui fait partie de la collection des cartes annexées à Vllisloire (Ms.) des (juervcs de France, déjà citée, du général de la Rozière, est le plus complet, et aussi, croyons-nous, le plus exact.