‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 136 sur 334 · JUSTIFIE AUPRÈS DE RICHELIEU LA CONDUITE DE CHATILLON · texte numérisé non relu

JUSTIFIE AUPRÈS DE RICHELIEU LA CONDUITE DE CHATILLON

Richelieu put, avec quelque raison, reprocher à Ghtitillon (( sa léthargie habituelle», qui avait permis à l'ennemi de le devancer sur les hauteurs de la Marfée ; toutefois, le maréchal avait réparé en grande partie le tort d'un départ tardif et de quelques instants d'indécision par d'habiles dispositions tactiques. Au contraire, Lamboy et le duc de Bouillon n'avaient pas su mettre à profit les avantages résultant du choix de la position. Quant aux paroles que nous avons citées de Fabert au fds du marquis de Sourdis avant la bataille, elles s'expliquent tout naturellement par l'attitude d'insouciante incrédulité de Châtillon, dans la matinée du 6, à la nouvelle de l'approche des alliés ; elles avaient eu pour effet de réveiller le maréchal de cet état de dangereuse torpeur où il paraissait plongé ; le moment de l'action arrivé, il s'était montré plein de résolution pour entraîner les troupes au combat. Aussi Fabert s'efforca-t-il de justifier auprès du cardinal la conduite de son général. Selon lui, la lâcheté des soldats avait été la seule cause de la déroute ; il écrivit à de Noyers : « Les Français se sont défaits eux-mêmes ; » et à Talon : « L'exemple du général, le bon ordre, l'étonnement des ennemis, le mauvais champ de bataille qu'ils avaient pris et tous les avantages que l'on peut avoir dans le combat, n'ont servi qu'à notre honte*. »

Le premier moment de surprise passé, le roi et Richelieu quittèrent la Picardie pour se rendre à

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