U RICHELIEU ÉTEND LES POUVOIRS DE FABERT
que pendant l'hiver de 1637 à 1638, an milieu des circonstances les plus difficiles créées par l'état de guerre en permanence ; mais alors la gestion des intérêts civils ne rentrait pas dans les devoirs de sa charge, ou du moins ne s'y rapportait que d'une manière indirecte, et sa passion de servir l'État, inspirée par un amour profond de l'ordre et du bien public, dnt souffrir d'être enchaînée aux obligations étroites d'un commandement militaire subalterne et temporaire. Le gouvernement de Sedan, sous la seule autorité du roi, allait enfin lui permettre de donner carrière à ses talents administratifs, et d'exercer, sur une large échelle, son initiative et son dévouement personnels.
Comme il était facile de le prévoir, ses premiers actes furent entravés par la mauvaise volonté de la population et des fonctionnaires sedanais. Au lieu de répondre aux récalcitrants par des mesures répressives, il les encouragea avec douceur à la soumission, ce qui ne l'empêcha pas de demander à Richelieu d'élargir le cercle de ses attributions, et de lui fournir les moyens de mettre Sedan à l'abri d'une surprise à main armée. Le cardinal accéda à sa prière; il le prévint que trente mille livres seraient atïectées à la construction de nouvelles fortifications, et lui fit accorder le droit de nommer à toutes les charges militaires ainsi qu'aux offices de judicalure; de plus, il l'autorisÊ^ à introduire, de son propre chef, dans son gouvernement les innovations qu'il jugerait utiles au service du roi.