OPPOSITION DU CONSEIL SOUVERAIN
Des pouvoirs aussi étendus soulevèrent une vive opposition parmi la grande majorité des habitants ; le conseil souveiain en refusa l'enregistrement, et une députation de notables, ayant à leur tête Daniel de Ciuillon, sieur de Real, fut envoyée au roi pour solliciter la continuation des privilèges et immunités dont Sedan avait joui jusque-là. Louis XII 1 ayant répondu favorablement à leur requête S Fabert se plaignit à Richelieu des graves embarras qu'allait lui susciter cette concession prématurée. Encouragé par le cardinal, il résolut de faire respecter son autorité, et se prépara à réprimer toute manifestation séditieuse. Le conseil et les fonctionnaires municipaux s'élant réunis sur son injonction, il leur remontra avec force les suites funestes que leur désobéissance, en se prolongeant, entraînerait inévitablement pour les libertés qui leur restaient. Cependant, comme il croyait pouvoir encore, sans paraître faiblir, user d'indulgence à l'égard de ceux qui lui tenaient tête, il leur promit, s'ils se montraient plus dociles, de défendre lui-même auprès du roi et du premier ministre leurs anciennes et chères franchises. Mais la défiance des Sedanais à l'égard du nouveau régime les rendit sourds à la voix de leur gouverneur ; dans leur exaltation, ils allèrent jusqu'à vouloir que leur protestation contre ses pouvoirs fut consignée dans les registres du conseil souverain.
1. Lettre (orig.) du 13 novembre, adressée aux officiers et habitants de la ville de Sedan. (Arclt. de la mairie de Sedan.)