NOUVELLE AGITATION A SEDAN
Cepeûdant l'échange, convenu avec le duc de Bouillon, de la principauté de Sedan conlre d'autres domaines, n'était pas encore réglé ; le retard apporté à l'évaluation des revenus des Terres souveraines, sur laquelle reposait l'exécution de la promesse faite à Frédéric-Maurice, fut un nouveau prétexte dont se servirent quelques-uns de ses partisans pour insinuer à la majorité des Sedanais que leur souverain allait leur être rendu, et que des châtiments exemplaires attendaient les déserteurs de sa cause. Une fois les esprits impressionnés par celte sorte de menace, les réformés se laissèrent facilement persuader que les récentes dispositions arrêtées par le gouverneur portaient atteinte à leur liberté de conscience, bien plus, que l'on était résolu en haut lieu à effacer toute trace de leur religion. La malignité continuant son œuvre, le bruit se propagea dans Sedan que le roi avait ordonné un massacre général des protestants. Une femme avaitinvenlé cette odieuse nouvelle, de nature à affoler le peuple toujours crédule, et aie précipiter
précédèrent le Saint-Sacrement ; le maréchal lui-même crut que sa main, dans celte occasion, serait aussi honorée d'en porter un qwi lorsqu'elle était chargée de l'épée qui défendait la gloire de son roi. Tous les braves d'Israël, sur ses pas, grossirent le religieux cortège, et Jésus-Christ parut publiquement dans les rues de la ville, comme autrefois dans celles de Jérusalem, lorsqu'il allait visiter les malades et les guérir. »
La fête dont il s'agit ici fut célébrée, la première fois, le 24 février ITio, époque anniversaire de la manifestation organisée par Fabert, et donna lieu à un déploiement de pompe imposant. D'après Pcyran (Histoire de V ancienne principauté de Sedan, Sedan, 1S26), on s'était contenté jusque-là de solenniser par un simple service religieux le retour annuel de celte jourtiée.
LA CUllt; DE SEDAN CONCÉDÉE AUX LAZAHISTES. ±23
dans d'aftVoiix excès. P'abcrt la lil traduire à la barre du conseil souverain, qui la condamna à la peine dérisoire d'un an de bannissement . 11 ne put môme pas obtenir qu'on obligeât cette misérable à demander pardon au roi. En rapportant à Mazarin (23 avril) ce qui s'était passé ', il le prévint que, dans l'intérêt de la conservation de Sedan, il s'était vu dans la nécessité d'y retenir provisoirement les deux compagnies des gardes suisses, qu'il avait reçu l'ordre d'en faire sortir. Avant ces^raves événements, le roi, dans le but de rendre IVuctueuses les mesures prises par Fabert, avait ordonné (9 avril) le maintien à Sedan, dans l'exercice de leur saint ministère, des capucins irlandais qui étaient venus s'y établir en i0o9 à la prière du duc de Bouillon ". 11 avait également demande au fondateur et supérieur général de la congrégation de Saint-Lazare, le vénérable Vincent de Paul, d'envoyer dans les Terres souveraines quelques-uns de ses disciples. Guillaume Gallais, chef désigné de la nouvelle mission, arriva en effet à Sedan le 7 mai, avec quatre religieux, auxquels on en adjoignit bientôt trois autres de la même maison. Louis Xlll leur conféra, sous l'autorité de l'archevêque de Reims, Léonor d'Estampes ', et avec le consentement de l'abbé de Mouzon, la desserte de la cure de